Prise en charge de la trichomonase

Aspects pratiques de la BSG par Schmid G

NIVEAU PREMIER CONTACT (SOINS PRIMAIRES)

Les patientes symptomatiques ou asymptomatiques présentant une infection à T. Vaginalis peuvent être identifiées par l'examen microscopique des sécrétions vaginales (examen direct ou culture sur milieux spécifiques). Selon les compétences de l'observateur, cette méthode détectera entre 50 et 70 % des infections. Alors que les femmes infectées asymptomatiques représentent probablement la majorité des femmes infectées, si aucun microscope n’est disponible, seules les femmes infectées consultant pour un symptôme de pertes vaginales peuvent être traitées. Ce traitement sera déterminé par l’algorithme clinique de la prise en charge des pertes vaginales (en utilisant ce qu'on appelle la « prise en charge syndromique »). Dans la mesure où l’infection à T. vaginalis est très fréquente chez les femmes présentant des pertes vaginales dans de nombreuses régions défavorisées, ces algorithmes incluent presque toujours son dépistage (si un microscope est disponible) ou son traitement (en l’absence de microscope). Les partenaires devraient également être traités en prévention d’une réinfection et de la transmission à d’autres personnes. Un traitement en dose unique par les médicaments de la famille des nitroimidazolés (2 g de métronidazole par voie orale, par exemple) de la femme et de son partenaire permettra d’obtenir une guérison en première intention dans plus de 90 % des cas.

NIVEAU HÔPITAL CENTRAL (SOINS SECONDAIRES)

Dans la mesure où le traitement court ou long de la trichomonase est très efficace, seul un faible nombre de femmes a besoin d'être dirigé vers un centre de santé du niveau de soins secondaires. Il convient toutefois, en premier lieu, de réaliser un examen microscopique ou un autre examen biologique de dépistage de la trichomonase, si celui-ci n’a pas été effectué lors de la prise en charge initiale de la patiente, car les pertes vaginales peuvent être dues à de nombreuses autres causes ; cet examen peut devoir être pratiqué à l’hôpital central. Une fois l’infection confirmée, et toute réinfection exclue, le traitement par métronidazole à raison d’une administration de 500 mg deux fois par jour pendant sept jours, ou de 2 g une fois par jour pendant trois à cinq jours, permettra de guérir la plupart des femmes (les partenaires de ces dernières devraient suivre le même schéma thérapeutique). Les femmes qui ne parviennent pas à obtenir de guérison en suivant ce traitement doivent consulter un spécialiste. En cas d’échec de la prise en charge de routine des pertes vaginales au niveau des soins primaires et si la trichomonase ne constitue que l’une des causes suspectées de ces pertes, les efforts devraient alors être dirigés vers l’identification de leur cause.

À DOMICILE OU EN COMMUNAUTÉ

Dans la mesure où la trichomonase est une infection sexuellement transmissible, des messages éducatifs en matière de santé visant à promouvoir les rapports sexuels sans risque participeront à sa prévention. Pour les femmes infectées, les comportements de préservation de la santé peuvent être améliorés par le biais d’interventions menées au niveau communautaire, et la disponibilité ainsi que la capacité des services de soins de santé primaires à prendre en charge les cas de trichomonase peuvent être renforcées par l’apport de ressources et de formations.


Ce document doit être cité comme suit : Schmid G. Managing trichomoniasis : Aspects pratiques de la BSG (dernière mise à jour : 28 juillet 2003). Bibliothèque de Santé Génésique de l'OMS; Genève : Organisation mondiale de la Santé.

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