Stratégies de notification du partenaire en cas d'infections sexuellement transmissibles

Analyse documentaire Cochrane par Mathews C, Coetzee N, Zwarenstein M, Lombard C, Guttmacher S, Oxman A, Schmid G

Ce rapport doit être cité comme suit : Mathews C, Coetzee N, Zwarenstein M, Lombard C, Guttmacher S, Oxman A, Schmid G. Strategies for partner notification for sexually transmitted diseases. Base de Données des Analyses Documentaires Systématiques Cochrane 2007, 4ème Édition. Art. No.: CD002843. DOI: 10.1002/14651858.CD002843.

RÉSUMÉ

Titre

Stratégies de notification du partenaire en cas d'infections sexuellement transmissibles

Contexte

La notification des partenaires est pratiquée depuis des décennies et des moyens considérables sont déployés à cet effet, alors que peu de preuves ont indiqué si elle a un impact de santé publique en matière de transmission des maladies. La plupart des études n'étaient pas des essais comparatifs randomisés et ont été menées aux Etats-Unis avant l'épidémie du VIH/SIDA. Certains éléments remettent en question l'applicabilité au VIH des résultats de la notification du partenaire en cas d'infection à Gonorrhoea et Chlamydia. L'applicabilité des interventions mises en œuvre dans les pays développés aux pays en voie de développement est également sujette à controverse.

Objectifs

L'objectif de la présente analyse est de comparer les effets de différentes stratégies de notification du partenaire en cas de maladie sexuellement transmissible (MST), y compris la notification par le prestataire de soins, directement ou par courrier, et celle effectuée par le patient, et différentes stratégies de notification du partenaire par le patient. Outre la mise à jour des analyses précédentes, elle porte sur la notification du partenaire dans les pays en voie de développement et développés, avec un intérêt particulier pour le VIH/SIDA. Elle tente d'aborder certaines limitations méthodologiques d'analyses antérieures.

Stratégie de recherche

Notre stratégie de recherche a porté sur MEDLINE, EMBASE, Psychological Abstracts, Sociological Abstracts, le Cochrane Controlled Trials Register, les actes des Conférences internationales sur le Sida et des réunions de la Société internationale pour la Recherche sur les MST.

Critères de sélection

La présente analyse inclut des essais comparatifs randomisés (ECR) publiés ou non publiés comparant au minimum deux stratégies de notification du partenaire ou plus chez les personnes présentant une ou plusieurs MST diagnostiquées.

Collecte et analyse des données

Pour chaque comparaison au sein de chacune des études, la différence du taux de partenaires identifiés, notifiés, ayant subi un examen médical, infectés, etc, ainsi que l'intervalle de confiance (IC) à 95 % et le nombre de sujets à traiter (NST), s'il est significatif, ont été calculés.

Principaux résultats

Nous avons identifié 11 ECR portant sur 8 014 participants. Seuls deux essais ont été menés dans les pays en voie de développement et deux essais seulement ont été menés auprès de patients séropositifs au VIH. Certains risques de biais ont été observés dans tous les essais inclus. L'analyse a établi des preuves modérément évidentes du fait que : 1. la notification par le prestataire de soins seul, ou par le patient ou le prestataire, augmente la proportion de partenaires qui se présentent pour un examen médical, par rapport à une notification du partenaire par le patient présentant une MST ou séropositif au VIH ; 2. la notification par courrier augmente le nombre de partenaires qui se présentent pour un examen médical, par rapport à la notification du partenaire par le patient présentant une infection à Gonorrhoea ; 3. l'éducation sanitaire verbale réalisée par une infirmière complétée par une assistance socio-psychologique dispensée par des travailleurs non médicaux entraîne une faible augmentation du taux de traitement des partenaires, par rapport aux soins habituels chez les patients présentant une MST.

Conclusions des auteurs

Des évaluations d'interventions associant la formation des prestataires de soins et l'éducation des patients ainsi que des études menées dans des pays en voie de développement sont nécessaires. Toutes les évaluations de la notification du partenaire, et tout particulièrement celles menées parmi les patients séropositifs au VIH, doivent mesurer les effets nocifs potentiels comme la violence conjugale, afin de garantir que la notification du partenaire soit plus bénéfique que dangereuse.

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