Schémas d’antibiothérapie dans la prise en charge de l’infection amniotique

Il semble prudent de débuter les antibiotiques chez la femme présentant une infection amniotique clinique car les conséquences de l'absence d'antibiothérapie peuvent s'avérer potentiellement dangereuses.

Commentaire de la BSG par Yusuf L

1. RÉSUMÉ DES PREUVES

Deux essais ont été inclus dans l'analyse. Un essai a comparé un schéma thérapeutique d’ampicilline et de gentamicine administré au cours de l’accouchement pour la réduction de l’infection du post-partum au même schéma thérapeutique administré après l’accouchement (1). Le traitement immédiat per-partum a semblé plus efficace en matière de réduction de l’infection néonatale (risque relatif (RR) = 0,08 [intervalle de confiance à 95 % (IC95) : 0,00-1,44]) et de pneumonie néonatale (RR = 0,15 [IC95 : 0,01-2,92]). Le second essai a comparé un schéma thérapeutique par ampicilline et gentamicine à un traitement associant ampicilline, gentamicine et clindamycine. Les deux schémas thérapeutiques ont été associés à un nombre similaire de complications néonatales et à une réduction du nombre d’endométrites du post-partum. Néanmoins, étant donné que seuls deux essais portant sur 181 femmes remplissaient les critères d'inclusion, les intervalles de confiance sont larges et l'ensemble des preuves est relativement faible.

Cette analyse semble avoir été menée de façon satisfaisante.

2. PERTINENCE DANS LES MILIEUX DÉFAVORISÉS

2.1. Étendue du problème

L'infection amniotique est une complication grave de la grossesse. Elle peut entraîner une endométrite du post-partum et une infection systémique. Les infections cliniques et infracliniques contribuent à une proportion assez considérable des cas de travail prématuré. Dans une série de patientes hospitalisées pour travail prématuré, 10 % d’entre elles ont présenté une culture bactériologique positive (2). Chez les patientes à terme, le taux de prévalence de l'infection infraclinique était estimé aux environs de 1 à 5 % (3).

2.2 Applicabilité des résultats

Les deux essais inclus dans l'analyse ont été menés aux États-Unis, où l'accès aux analyses biologiques et aux traitements antimicrobiens appropriés a de fortes chances d'être meilleur que dans les pays à faibles ou moyens revenus. Néanmoins, la question de l'applicabilité des résultats de l'analyse est moins pertinente en raison du manque de données suffisantes.

2.3. Mise en œuvre de l'intervention

Alors que l'ensemble des preuves n'est pas solide, il serait prudent de débuter les antibiotiques chez la femme présentant une infection amniotique clinique car les conséquences de l'absence d'antibiothérapie peuvent s'avérer potentiellement dangereuses. Dans la mesure où la plupart des infections semblent être polymicrobiennes, un schéma thérapeutique combiné contre les germes Gram positifs et Gram négatifs en fonction de la flore et des profils de résistance locaux est recommandé.

3. Recherche

La réalisation dans les pays à faibles revenus d’essais comparatifs randomisés visant à évaluer les schémas d’antibiothérapie optimaux est nécessaire.

Références

  • Gibbs RS, Duff P. Progress in pathogenesis and management of clinical intraamniotic infection.. American journal of obstetrics and gynecology 1991;164:1317-1326.
  • Yoon BH, Romero R, Moon JB, Shim S-S, Kim M, Kim G, Jun JK. Clinical significance of intra-amniotic inflammation in patients with preterm labor and intact membranes. American journal of obstetrics and gynecology 2001;5:1130-1136.
  • Sweet RL, Gibbs RS. Intraamniotic infections (intrauterine infection in late pregnancy). Infectious Diseases of the Female Genital Tract. Baltimore: Williams and Wilkins 1985 .

Ce document doit être cité comme suit : Yusuf L. Antibiotic regimens for management of intra-amniotic infection: Commentaire de la BSG (dernière révision : 31 août 2004). Bibliothèque de Santé Génésique de l'OMS; Genève : Organisation mondiale de la Santé.

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