Progestatifs dans la prise en charge d'une menace d'avortement spontané

Analyse documentaire Cochrane par Wahabi HA, Abed Althagafi NF, Elawad M

Wahabi HA, Abed Althagafi NF, Elawad M. Progestogen for treating threatened miscarriage. Cochrane Database of Systematic Reviews 2007, Issue 3. Art. No.: CD005943. DOI: 10.1002/14651858.CD005943.pub2.

RÉSUMÉ

Titre

Progestatifs dans la prise en charge d'une menace d'avortement spontané

Contexte

L'avortement spontané est une complication fréquente de la grossesse. Le rôle de la progestérone dans la préparation de l'utérus à l'implantation de l'embryon et dans le maintien de la grossesse est connu depuis longtemps. Une sécrétion inadéquate de progestérone au début de la grossesse a été associée à l'étiologie de l'avortement spontané, et la supplémentation en progestérone a été utilisée dans la prise en charge de la menace d'avortement spontané afin de prévenir la perte de grossesse.

Objectifs

Déterminer l'efficacité et l'innocuité des progestatifs dans la prise en charge d'une menace d'avortement spontané.

Stratégie de recherche

Notre recherche a porté sur le registre des essais du Cochrane Pregnancy and Childbirth Group (décembre 2006), le Cochrane Central Register of Controlled Trials (The Cochrane Library 2006, Issue 1), MEDLINE (de janvier 1966 à avril 2006), EMBASE (de 1980 à avril 2006) et CINAHL (de 1982 à avril 2006). Nous avons passé en revue les listes bibliographiques de tous les articles répertoriés afin de trouver les articles non identifiés jusque-là.

Critères de sélection

Essais comparatifs randomisés ou quasi-randomisés comparant un progestatif à un placebo, à l'absence de traitement ou à un autre traitement administré dans la prise en charge d'une menace d'avortement spontané.

Collecte et analyse des données

Au moins deux auteurs ont évalué si les essais remplissaient les critères d'inclusion dans l'analyse et ont extrait les données.

Principaux résultats

Deux études (portant sur 84 participantes) ont été incluses dans la méta-analyse. Dans l'une d'elle, toutes les participantes remplissaient les critères d'inclusion ; pour la seconde, seul le sous-groupe de participantes qui remplissaient les critères d'inclusion a été inclus dans la méta-analyse. Aucune preuve de l'efficacité de l'administration de progestérone par voie vaginale pour réduire le risque d'avortement spontané, comparée à un placebo, n'a été mise en évidence (risque relatif RR = 0,47 [intervalle de confiance à 95 % (IC95) : 0,17-1,30]).

Conclusions des auteurs

D'après les données limitées fournies par deux essais de qualité méthodologique médiocre, aucune preuve n'est en faveur de l'utilisation systématique de progestatifs dans la prise en charge de la menace d'avortement spontané. Les informations concernant les effets nocifs potentiels chez la mère ou l'enfant, ou les deux, en cas d'utilisation de progestatifs sont insuffisantes. De plus amples essais comparatifs randomisés, à grande échelle, sur l'effet des progestatifs dans la prise en charge de la menace d'avortement spontané, étudiant aussi bien ses effets nocifs potentiels que ses effets bénéfiques, sont nécessaires.

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