Progestatifs dans la prévention de fausse couche

Analyse documentaire Cochrane par Haas DM, Ramsey PS

Ce rapport doit être cité comme suit : Haas DM, Ramsey PS. Progestogen for preventing miscarriage. Cochrane Database of Systematic Reviews 2008, Issue 2. Art. No.: CD003511. DOI: 10.1002/14651858.CD003511.pub2.

RÉSUMÉ

Titre

Progestatifs dans la prévention de fausse couche

Contexte

La progestérone, une hormone sexuelle féminine, est connue pour produire, au niveau de la paroi de l'utérus, des changements de sécrétion essentiels pour l'implantation réussie de l'œuf après fécondation. Il a été suggéré qu'un facteur causal en jeu dans de nombreux cas de fausses couches pourrait être une sécrétion inadéquate de progestérone. Par conséquent, des progestatifs ont été utilisés, dès le premier trimestre de la grossesse, dans le but de prévenir une fausse couche spontanée.

Objectifs

Déterminer l'efficacité et l'innocuité des progestatifs en tant que traitement préventif contre une fausse couche.

Stratégie de recherche

Notre analyse a porté sur le registre des essais du Cochrane Pregnancy and Childbirth Group (janvier 2008), CENTRAL (The Cochrane Library 2006, Issue 4), MEDLINE (de 1966 à juin 2006), EMBASE (de 1980 à juin 2006), CINAHL (de 1982 à juin 2006), le registre des essais cliniques du NHMRC (juin 2006) et Meta-Register (juin 2006). Notre recherche a porté sur les listes bibliographiques des articles pertinents. Nous avons également contacté les auteurs lorsque cela était nécessaire et des experts dans le domaine pour des travaux non publiés.

Critères de sélection

Essais comparatifs randomisés ou quasi-randomisés comparant les progestatifs à un placebo ou à l'absence de traitement administré en vue de prévenir une fausse couche.

Collecte et analyse des données

Deux auteurs ont évalué la qualité des essais et extrait les données.

Principaux résultats

Quinze essais (portant sur 2 118 femmes) ont été inclus. La méta-analyse de toutes les femmes, indépendamment de la gestité et du nombre de fausses couches précédentes, n'a montré aucune différence statistiquement significative du risque de fausse couche entre les groupes à qui on a administré un progestatif, ou un placebo, ou aucun traitement (odds ratio de Peto (OR de Peto) : 0,98 [intervalle de confiance à 95 % (IC95) : 0,78-1,24]) et n'a montré aucune différence statistiquement significative dans l'incidence d'effets indésirables chez la mère ou le nouveau-né. Dans une analyse de sous-groupe de trois essais portant sur des femmes qui ont eu des fausses couches répétées (trois fausses couches consécutives ou plus), un traitement progestatif a montré une réduction statistiquement significative du taux de fausses couches comparé au placebo ou à l'absence de traitement (OR de Peto : 0,38 [IC95 : 0,20-0,70]). Aucune différence statistiquement significative n'a été observée entre les modes d'administration du progestatif (voies orale, intramusculaire, vaginale) contre placebo ou absence de traitement. Dans une analyse de sous-groupe de trois essais portant sur des femmes qui ont eu des fausses couches répétées (trois fausses couches consécutives ou plus), un traitement progestatif a montré une réduction statistiquement significative du taux de fausses couches comparé au placebo ou à l'absence de traitement (OR de Peto : 0,38 [IC95 : 0,20-0,70]). Aucune différence statistiquement significative n'a été observée entre les modes d'administration du progestatif (voies orale, intramusculaire, vaginale) contre placebo ou absence de traitement.

Conclusions des auteurs

Il n'y pas de preuve étayant l'utilisation systématique de progestatifs dans la prévention de fausse couche dans la première moitié de la grossesse. Il semble toutefois y avoir des preuves d'effet bénéfique chez les femmes ayant des antécédents de fausses couches répétées. Le traitement de ces femmes pourrait être justifié étant donné les taux plus faibles de fausses couches observés dans le groupe de traitement et l'absence de différence statistiquement significative entre le groupe de traitement et de groupe témoins concernant le taux d'effets indésirables chez la mère ou le nouveau-né d'après les preuves disponibles. Des essais à plus grande échelle sont en cours pour déterminer le traitement opportun chez ce groupe de femmes.

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