Apport d'eau restreint ou à volonté en prévention de la morbidité et de la mortalité chez le nouveau-né prématuré

Analyse documentaire Cochrane par Bell EF, Acarregui MJ

Ce document doit être cité comme suit: Bell EF, Acarregui MJ. Restricted versus liberal water intake for preventing morbidity and mortality in preterm infants. Cochrane Database of Systematic Reviews 2008, Issue 1. Art. No.: CD000503. DOI: 10.1002/14651858.CD000503.pub2.

RÉSUMÉ

Titre

Apport d'eau restreint ou à volonté en prévention de la morbidité et de la mortalité chez le nouveau-né prématuré

Contexte

La maturité physiologique de la plupart des nouveau-nés prématurés est insuffisante pour leur permettre d'ingérer par voie orale la totalité de la quantité d'eau et de nutriments dont ils ont besoin. Ils dépendent donc de leurs prestataires de soins pour réguler leur apport en eau. Par conséquent, le personnel soignant doit déterminer la quantité d'eau à donner chaque jour à ces nouveau-nés.

Objectifs

L'objectif de la présente analyse est d'examiner les effets de l'apport en eau sur la perte de poids postnatale et sur les risques de déshydratation, de persistance du canal artériel, d'entérocolite nécrosante, de dysplasie bronchopulmonaire, d'hémorragie intracrânienne et de décès chez les nouveau-nés prématurés.

Stratégie de recherche

Les essais comparatifs randomisés identifiés dans les précédentes versions de cette analyse documentaire ont été réexaminés et tous ont été retenus. Les auteurs ont cherché à identifier des essais supplémentaires comparant les résultats intéressants dans des groupes de nouveau-nés prématurés recevant un apport en eau en différentes quantités définies dans un protocole expérimental. La recherche de ces essais a porté sur une liste d'essais fournie par le Cochrane Neonatal Review Group, à l'aide d'une recherche dans PubMed, et sur les fichiers personnels des auteurs.

Critères de sélection

Seuls les essais cliniques randomisés portant sur différents apports en eau chez les nouveau-nés prématurés ont été inclus. L'analyse documentaire a été limitée aux essais portant sur les nouveau-nés chez qui l'eau était administrée en majeure partie ou en totalité par perfusion intravasculaire. Les études incluses signalaient au moins un des résultats suivants: la perte de poids postnatale, la déshydratation, la persistance du canal artériel, l'entérocolite nécrosante, la dysplasie bronchopulmonaire, l'hémorragie intracrânienne et le décès.

Collecte et analyse des données

Les méthodes standard de la Cochrane Collaboration ont été suivies. Les études à inclure ont été sélectionnées par deux auteurs qui ont également chacun évalué la qualité méthodologique de chaque essai. Les auteurs, qui s'étaient mis d'accord sur les points clés, ont extrait les données indépendamment. Ces dernières ont ensuite été saisies dans des tableaux au moyen du logiciel RevMan 4.3.1. Les taux d'effets indésirables pour chaque résultat dichotomique ont été calculés pour les groupes bénéficiant d'un apport en eau restreint ou à volonté, tout comme le risque relatif et la différence de risque. Par ailleurs, les résultats de perte de poids maximale ont été enregistrés, et la différence moyenne pondérée (DMP) correspondante a été calculée. Les analyses, y compris le calcul du risque relatif, de la différence de risque et de la différence moyenne pondérée, et les tests d'hétérogénéité ont été réalisés en utilisant le logiciel RevMan 4.3.1.

Principaux résultats

L'analyse combinée des cinq études indique qu'un apport restreint en eau est associé à une augmentation significative de la perte de poids postnatale et à une diminution significative des risques de persistance du canal artériel et d'entérocolite nécrosante. En cas d'apport restreint en eau, des tendances vers un risque accru de déshydratation et un risque plus faible de dysplasie bronchopulmonaire, d'hémorragie intracrânienne et de décès ont été observées, mais elles ne sont pas statistiquement significatives.

Conclusions des auteurs

D'après les résultats de cette analyse, la conduite la plus raisonnable à adopter en matière d'apport en eau chez les nouveau-nés prématurés semble être une restriction prudente de cet apport de façon à répondre aux besoins physiologiques du nouveau-né et à éviter toute déshydratation significative. Cette pratique pourrait permettre de réduire les risques de persistance du canal artériel et d'entérocolite nécrosante sans entraîner d'augmentation significative du risque d'effets indésirables.

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