Efficacité du préservatif pour réduire la transmission hétérosexuelle du VIH

Analyse documentaire Cochrane par Weller SC, Davis-Beaty K

Ce rapport doit être cité comme suit : Weller SC, Davis-Beaty K. Condom effectiveness in reducing heterosexual HIV transmission. Base de Données des Analyses Documentaires Systématiques Cochrane 2007, 4ème Édition. Art. No.: CD003255. DOI: 10.1002/14651858.CD003255.

RÉSUMÉ

Titre

Efficacité du préservatif pour réduire la transmission hétérosexuelle du VIH

Contexte

L'étendue de la protection que procurent les préservatifs contre le VIH et d'autres infections sexuellement transmissibles reste inconnue. Les études de cohortes portant sur des couples sérodiscordants au VIH et sexuellement actifs, avec un suivi du partenaire séronégatif, fournissent une situation dans laquelle il existe une exposition connue à la maladie pour le partenaire séronégatif, et où l'incidence de la maladie peut être estimée. Lorsque certains individus utilisent des préservatifs et d'autres non, à savoir que certains les utilisent toujours (100 %) et d'autres jamais (0 %), l'efficacité des préservatifs peut être estimée en comparant les deux taux d'incidence. L'efficacité des préservatifs est la réduction proportionnelle de la maladie due à l'utilisation de ceux-ci.

Objectifs

L'objectif de la présente analyse est d'estimer l'efficacité des préservatifs dans la réduction de la transmission hétérosexuelle du VIH.

Stratégie de recherche

Notre analyse a porté sur des études identifiées à partir des bases de données électroniques (AIDSLINE, CINAHL, EMBASE et MEDLINE) et d'une recherche manuelle des listes bibliographiques.

Critères de sélection

Les critères d'inclusion des études étaient : (1) des données concernant des couples hétérosexuels sérodiscordants au VIH et sexuellement actifs, (2) un protocole d'étude longitudinale, (3) la détermination sérologique du statut VIH et (4) l'inclusion des informations sur l'utilisation du préservatif dans des cohortes de patients utilisant toujours (100 %) des préservatifs ou n'en n'utilisant jamais (0 %).

Collecte et analyse des données

Les études identifiées selon la stratégie de recherche mentionnée ci-dessus et qui remplissaient les critères d'inclusion ont été revues pour inclusion dans cette analyse. La taille des échantillons, le nombre de séroconversions et le nombre d'années-personnes d'exposition sans infection par le virus ont été enregistrés pour chaque cohorte. Lorsque ces données étaient disponibles, le sens de la transmission dans la cohorte (homme-femme ou femme-homme), la date de recrutement dans l'étude, la source de l'infection dans le cas index et la présence d'autres IST ont été enregistrés. Les doublons sur une même cohorte ou les études comprenant des informations incomplètes ou non spécifiques ont été exclus. L'incidence du VIH a été estimée à partir des cohortes de personnes utilisant « toujours » des préservatifs et n'en utilisant « jamais » L'efficacité a été estimée à partir des estimations de ces deux incidences.

Principaux résultats

Sur les 4 709 références identifiées au départ, 14 ont été incluses dans l'analyse finale. 13 cohortes de personnes utilisant « toujours » des préservatifs ont rapporté une estimation homogène de l'incidence du VIH s'élevant à 1,14 [intervalle de confiance (IC) 95 : 0,56-2,04] pour 100 années-personnes. 10 cohortes de personnes n'utilisant « jamais » de préservatifs se sont avérées hétérogènes. Les études dont la durée de suivi était la plus longue, pour la plupart des études de partenaires de patients hémophiles ou transfusés, ont rapporté une estimation de l'incidence du VIH s'élevant à 5,75 [IC95 : 3,16-9,66] pour 100 années-personnes. L'efficacité globale, à savoir la réduction proportionnelle de la séroconversion au VIH en cas d'utilisation du préservatif, s'élève à environ 80 %.

Conclusions des auteurs

La présente analyse indique que l'utilisation systématique de préservatifs entraîne une réduction de 80 % de l'incidence du VIH. L'utilisation systématique est définie comme l'utilisation d'un préservatif pour tous les rapports avec pénétration vaginale. Dans la mesure où les études incluses dans cette analyse n'ont pas mentionné la « conformité » de l'utilisation, à savoir si les préservatifs ont été utilisés correctement et parfaitement pour chaque rapport, c'est l'efficacité réelle qui est estimée, et non l'efficacité potentielle. En outre, puisque la majorité des études ne spécifiaient pas le type de préservatif utilisé, cette estimation fait généralement référence au préservatif masculin et pas spécifiquement au préservatif en latex. Ainsi, l'efficacité du préservatif est similaire, bien qu'inférieure, à celle du préservatif à but contraceptif.

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