Interventions dans le traitement des douleurs pelviennes chroniques chez la femme

Analyse documentaire Cochrane par Stones W, Cheong YC, Howard FM

Ce rapport doit être cité comme suit : Stones W, Cheong YC, Howard FM. Interventions for treating chronic pelvic pain in women. Base de Données des Analyses Documentaires Systématiques Cochrane 2007, 4ème Édition. Art. No.: CD000387. DOI: 10.1002/14651858.CD000387.

RÉSUMÉ

Titre

Interventions dans le traitement des douleurs pelviennes chroniques chez la femme

Contexte

Les douleurs pelviennes chroniques sont fréquentes chez les femmes en âge de procréer ou plus âgées, et provoquent un handicap et une souffrance. Souvent, l’examen laparoscopique ne révèle aucune cause évidente de douleur. Dans la mesure où la physiopathologie des douleurs pelviennes chroniques est mal comprise, leur traitement est souvent insatisfaisant et ne se limite qu’au soulagement des symptômes. Actuellement, les principales approches de traitement incluent l'assistance socio-psychologique ou la psychothérapie, la laparoscopie pour exclure toute pathologie grave et tenter ainsi de rassurer la patiente, le traitement par un progestatif comme l’acétate de médroxyprogestérone, et la chirurgie pour interrompre les voies nerveuses.

Objectifs

Notre objectif était d’identifier et d’analyser les traitements des douleurs pelviennes chroniques chez la femme. Les études portant sur les patientes chez qui un syndrome de congestion pelvienne ou des adhérences pelviennes ont été diagnostiqués ont été incluses dans la présente analyse, mais les études portant sur des douleurs dues à i) une endométriose, ii) une dysménorrhée primaire (douleurs menstruelles), iii) une maladie pelvienne inflammatoire chronique active, ou iv) un syndrome du côlon irritable ont été exclues.

Stratégie de recherche

Notre analyse a porté sur le registre spécialisé des essais du Cochrane Menstrual Disorders and Subfertility Group (recherche effectuée le 20 janvier 2005), le Cochrane Central Register of Controlled Trials (CENTRAL) (The Cochrane Library Issue 1, 2005), et les listes bibliographiques des articles.

Critères de sélection

Essais comparatifs randomisés (ECR) portant sur des femmes présentant des douleurs pelviennes chroniques. Les auteurs de l’analyse étaient prêts à évaluer des études portant sur tout type d’interventions, y compris les traitements portant sur le mode de vie, les traitements physiques, médicaux, chirurgicaux ou psychologiques. Les résultats étaient mesurés en fonction des échelles d'évaluation de la douleur, des mesures de la qualité de vie, des analyses économiques et des effets indésirables.

Collecte et analyse des données

Pour chaque essai inclus, des informations ont été collectées comprenant la méthode de randomisation, le secret de l'attribution et l'aveugle. Les données ont été extraites indépendamment par deux auteurs, au moyen de formulaires conçus dans le respect des lignes directrices Cochrane.

Principaux résultats

Dix-neuf études ont été identifiées parmi lesquelles quatorze avaient une qualité méthodologique satisfaisante. Cinq études ont été exclues. Un progestatif (l'acétate de médroxyprogestérone) a été associé à une réduction de la douleur pendant le traitement alors que la goséréline a été bénéfique à plus longue durée. L'assistance socio-psychologique complétée par un examen échographique a été associée à une réduction des douleurs et à une amélioration de l'humeur. L’approche pluridisciplinaire a eu des effets bénéfiques sur quelques mesures de résultats. Aucun bénéfice n'a été démontré pour l'adhésiolyse (sauf dans les cas où les adhérences étaient sévères), la section des nerfs de l'utérus, la sertraline ou le renforcement photographique après laparoscopie. La thérapie de l'écriture et la magnétothérapie ont montré quelques preuves de b��néfices à court terme.

Conclusions des auteurs

La gamme des interventions efficaces pour les douleurs pelviennes chroniques reste limitée et les recommandations sont largement basées sur des études uniques. Etant donné la prévalence et les coûts des soins associés aux douleurs pelviennes chroniques chez la femme, des essais comparatifs randomisés sur d'autres interventions médicales, chirurgicales et psychologiques sont urgemment nécessaires. Les douleurs pelviennes chroniques sont fréquentes chez les femmes en âge de procréer ou plus âgées et provoquent un handicap et une souffrance qui se traduisent pas des coûts significatifs pour les services de santé. La pathogénie des douleurs pelviennes chroniques est mal comprise à l’heure actuelle. Souvent, l’examen laparoscopique ne révèle aucune cause évidente de douleur. Plusieurs explications sont possibles pour les douleurs pelviennes chroniques, comprenant le syndrome du colon irritable non diagnostiqué, et la sensibilisation centrale du système nerveux. Une hypothèse vasculaire propose que les douleurs proviennent de la dilatation des veines pelviennes dans lesquelles le flux sanguin est remarquablement réduit. Dans la mesure où la physiopathologie des douleurs pelviennes chroniques est mal comprise, leur traitement est souvent insatisfaisant et ne se limite qu’au soulagement des symptômes. Actuellement, les principales approches de traitement incluent l'assistance socio-psychologique ou la psychothérapie, la laparoscopie pour exclure toute pathologie grave et rassurer ainsi la patiente, le traitement par un progestatif comme l’acétate de médroxyprogestérone, et la chirurgie pour interrompre les voies nerveuses.

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