Antibioprophylaxie en cas de pose d'un dispositif contraceptif intra-utérin

Analyse documentaire Cochrane par Grimes DA, Schulz FK

Ce rapport doit être cité comme suit : Grimes DA, Schulz FK. Antibiotic prophylaxis for intrauterine contraceptive device insertion. Cochrane Database of Systematic Reviews 2007, Issue 4. Art. No.: CD001327. DOI: 10.1002/14651858.CD001327.

 

 


RÉSUMÉ

Titre

Antibioprophylaxie en cas de pose d'un dispositif contraceptif intra-utérin

Contexte

L'inquiétude relative au risque d'infection du tractus génital supérieur (maladie inflammatoire pelvienne (MIP)) limite souvent le recours au dispositif intra-utérin (DIU), un contraceptif très efficace. L'antibioprophylaxie administrée lors d'un avortement provoqué réduit significativement les risques d'endométrite postopératoire (Sawya 1996). Dans la mesure où le risque d'infection liée au DIU est présent quelques semaines à quelques mois après la pose (Lee 1983, Farley 1992), c'est la contamination de la cavité utérine au moment de la pose (Mishell 1966) qui semble déclencher le mécanisme, plutôt que le DIU ou le fil lui-même. Ainsi, l'administration d'antibiotiques avant l'insertion du DIU pourrait réduire le risque d'infection du tractus génital supérieur inhérent à l'introduction passive de bactéries lors de l'insertion.

Objectifs

Évaluer l'efficacité de l'administration prophylactique d'antibiotiques avant l'insertion d'un DIU sur la diminution des complications liées au DIU (maladie inflammatoire pelvienne, plaintes entraînant une consultation non prévue) et des retraits de DIU dans les trois mois suivant l'insertion.

Stratégie de recherche

Nous avons utilisé les moteurs de recherche informatique de MEDLINE, POPLINE et EMBASE. Nous avons également passé en revue les listes bibliographiques de recherches originales et d'articles d'analyse. Nous avons écrit à des experts de différents continents afin d'identifier les essais non publiés.

Critères de sélection

Nous avons inclus les essais comparatifs randomisés entre un antibiotique quelconque et un placebo.

Collecte et analyse des données

Deux auteurs indépendants ont extrait les données. Nous avons contacté les chercheurs par téléphone pour obtenir des informations supplémentaires. Nous avons évalué la validité de chaque étude en utilisant les méthodes recommandées par le Cochrane Handbook. Nous avons généré des tableaux 2x2 pour les principaux résultats. La méthode de Mantel-Haenszel modifiée par Peto a été utilisée pour calculer les odds ratios et évaluer l'hétérogénéité statistique entre les études.

Principaux résultats

L'odds ratio (OR) pour la maladie inflammatoire pelvienne était de 0,89 [Intervalle de confiance à 95 % (IC95) : 0,53-1,51] lors de l'usage prophylactique de doxycycline ou d'azithromycine comparé à un placebo ou à l'absence de traitement. L'administration d'une prophylaxie était associée à une légère diminution du nombre de consultations non prévues chez le prestataire de soins de santé (OR= 0,82 [IC95 : 0,70-0,98]). La prise de doxycycline ou d'azithromycine a eu un léger effet sur le risque de retrait du DIU dans les 90 jours suivant la pose (OR= 1,05 [IC95 : 0,68-1,63). Aucune hétérogénéité statistique significative n'a été observée entre les résultats des études.

Conclusions des auteurs

L'administration de 200 mg de doxycycline ou de 500 mg d'azithromycine par voie orale avant l'insertion d'un DIU apporte de légers effets bénéfiques. Bien que la diminution des consultations non prévues chez le prestataire de soins soit légèrement significative, le rapport coût efficacité d'une prophylaxie systématique reste discutable. Le faible risque d'infection associée au DIU, avec ou sans administration d'une prophylaxie antibiotique, est l'un des résultats constants de ces essais.

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