Interventions en matière de contraception d’urgence

Analyse documentaire Cochrane par Cheng L, Gülmezoglu AM, Piaggio G, Ezcurra E, Van Look PFA

Ce rapport doit être cité comme suit : Cheng L, Gülmezoglu AM, Piaggio G, Ezcurra E, Van Look PFA. Interventions for emergency contraception. Cochrane Database of Systematic Reviews 2008, Issue 2. Art. No.: CD001324. DOI: 10.1002/14651858.CD001324.pub3.

RÉSUMÉ

Titre

Interventions for emergency contraception.

Contexte

La contraception d'urgence consiste à utiliser un médicament ou un dispositif intra-utérin au cuivre (DIU-Cu) pour éviter une grossesse non désirée dans la période suivant immédiatement un rapport sexuel non protégé. Plusieurs interventions sont disponibles en matière de contraception d'urgence. Les informations comparatives en matière d'efficacité, d'innocuité et de commodité de ces méthodes sont cruciales pour les prestataires de soins de santé génésique et les femmes qu'ils prennent en charge.

Objectifs

Déterminer quelle est la méthode de contraception d'urgence la plus efficace, la plus commode et présentant le moins de danger, à la suite d'un rapport non protégé, afin d'éviter une grossesse non désirée.

Stratégie de recherche

Notre analyse a porté sur le Cochrane Controlled Trials Register, Popline, MEDLINE, PubMed, Biosis/Embase, les bases de données biomédicales chinoises et la base de données sur la contraception d'urgence du Programme de Santé génésique (Programme on Human Reproduction) PNUD/FNUAP/OMS/Banque mondiale (décembre 2006). Nous avons également contacté des experts dans ce domaine et des entreprises pharmaceutiques.

Critères de sélection

Étaient admissibles les essais comparatifs randomisés et essais cliniques contrôlés portant sur des femmes consultant les services de santé pour obtenir une contraception d'urgence à la suite d'un rapport unique non protégé.

Collecte et analyse des données

Une double extraction des données relatives aux résultats et aux caractéristiques des essais a été réalisée indépendamment par deux auteurs. Deux auteurs ont également évalué indépendamment la qualité des essais. Les résultats de la méta-analyse sont exprimés en termes de risque relatif (RR) au moyen d'un modèle à effets fixes avec un intervalle de confiance à 95 % (IC95). Un modèle à effets randomisés a été appliqué en cas d'hétérogénéité statistiquement significative.

Principaux résultats

Quatre-vingt-un essais portant sur 45 842 femmes ont été inclus. La plupart des essais ont été menés en Chine (70/81). Un nombre plus important de grossesses a été observé en cas d'administration de lévonorgestrel qu'en cas de traitement par mifépristone à dose moyenne (25-50 mg) (15 essais, RR = 2,01 [IC95 : 1,27-3,17] ou à faible dose (< 25 mg) (neuf essais, RR = 1,43 [IC95 : 1,02-2,01]). La mifépristone à faible dose s'est avérée moins efficace que la mifépristone à dose moyenne (20 essais, RR = 0,67 [IC95 : 0,49-0,92]), mais cet effet n'était plus statistiquement significatif en ne prenant en considération que les essais de très bonne qualité (six essais, RR = 0,75 [IC95 : 0,50-1,10]). L'efficacité semblait similaire en cas d'administration d'une dose unique (1,5 mg) ou des deux doses habituelles à douze heures d'intervalle (deux fois 0,75 mg) de lévonorgestrel (deux essais essais portant sur 3 830 femmes ; RR = 0,77 [IC95 : 0,45-1,30]). Le lévonorgestrel a été plus efficace que la méthode de Yuzpe dans la prévention de la grossesse (deux essais, RR = 0,51 [IC95 : 0,31-0,83]). Le CDB-2914 (un modulateur du récepteur de la progestérone de deuxième génération) pourrait être aussi efficace que le lévonorgestrel (un essai portant sur 1 549 femmes ; RR = 1,89 [IC95 : 0,75-4,64]), mais l'intervalle de confiance est large et le résultat compatible avec une efficacité plus ou moins importante.

Le principal effet indésirable de la mifépristone était la survenue tardive des menstruations suivantes qui semblait liée à la dose administrée.

Conclusions des auteurs

La mifépristone à dose moyenne (25-50 mg) a été supérieure aux autres schémas thérapeutiques hormonaux. La mifépristone à faible dose (< 25 mg) pourrait être plus efficace que le lévonorgestrel 0,75 mg (deux doses), mais cette observation n'était pas concluante. Le lévonorgestrel s'est avéré plus efficace que la méthode de Yuzpe. Le DIU au cuivre constituait une autre contraception d'urgence efficace pouvant apporter une contraception continue.

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