Antibioprophylaxie en cas de pose d'un dispositif contraceptif intra-utérin
L'antibioprophylaxie dans la réduction du risque d'infection du tractus génital supérieur après la pose d'un DIU ne présente aucun effet bénéfique sur le taux de maladie inflammatoire pelvienne ou de maintien du DIU.
Commentaire de la BSG par Faúndes A
1. RÉSUMÉ DES PREUVES
Cette analyse bibliographique conclut qu'à l'heure actuelle, aucun fondement scientifique ne permet de recommander une antibioprophylaxie systématique afin de réduire le risque d'infection du tractus génital supérieur après la pose d'un dispositif intra-utérin (DIU).
La méthodologie semble appropriée.
2. PERTINENCE DANS LES MILIEUX DÉFAVORISÉS
2.1. Étendue du problème
Les maladies inflammatoires pelviennes (MIP) chez les utilisatrices de DIU ne sont pas fréquentes au Brésil. Le taux cumulé des retraits de DIU à la suite d'une infection est inférieur à 1 % après un an d'utilisation dans un environnement dans lequel la prévalence de l'infection à Neisseria gonorrhoea et de l'infection à Chlamydia sont respectivement faible et modérée (1, 2). Les données provenant d'autres pays latino-américains sont similaires.
2.2. Faisabilité de l'intervention
L'antibiothérapie prophylactique systématique dans les centres de planification familiale ferait plus que doubler le coût des produits consommables en cas d'utilisation d'azithromycine. Dans la mesure où les autres coûts liés à la pose d'un DIU sont faibles dans les pays en voie de développement, le fait d'imposer l'utilisation d'antibiotiques pourrait avoir un impact significatif sur la disponibilité de cette méthode. Plus important encore, si les organisations internationales en charge de la contraception recommandaient une antibiothérapie prophylactique avant chaque pose de DIU, celle-ci serait interprétée comme la confirmation d'une forte association entre DIU et MIP, un concept erroné qu’il a été difficile de dissiper.
2.3. Applicabilité des résultats de la Cochrane Review
Dans la mesure où la Cochrane Review inclut des pays dont les taux de prévalence de l'infection pelvienne sont supérieurs et inférieurs à ceux d'Amérique latine, les résultats devraient être applicables à cette zone géographique.
2.4. Mise en œuvre de l'intervention
L'antibioprophylaxie lors de la pose de DIU ne devrait pas être mise en oeuvre dans notre région pour les raisons précitées (2.2), mais également parce que l'administration d'antibiotiques pourrait donner un faux sentiment de protection contre les infections, qui pourrait à son tour entraîner un relâchement des précautions nécessaires avant et au moment de la pose. Les preuves présentées dans la Cochrane Review faciliteront la prévention de possibles initiatives visant à introduire ce type d'intervention et l'arrêt de certaines pratiques actuelles où le recours à une antibioprophylaxie est systématique lors de la pose d'un DIU.
2.5. RECHERCHE
Les études incluses dans la présente analyse bibliographique indiquent que moins de 20 % des femmes présentant du Chlamydia trachomatis ou du Neisseria gonorrhoea dans le col de l'utérus développent une MIP après la pose d'un DIU. Toutefois, l'observation de cas de MIP chez les femmes ne présentant pas de colonisation antérieure à la pose n'a pas été clairement déterminée. Une étude récente a montré deux cas de MIP à la suite de la pose d'un DIU parmi 19 femmes porteuses de Chlamydia dans le col de l'utérus mais aucun cas chez 308 femmes ne présentant pas ces germes pathogènes chez qui un DIU a été posé à la même période dans le même centre (3). Des recherches visant à comprendre les raisons du développement d'infections pelviennes chez certaines femmes et non chez d'autres permettront d'élaborer de nouvelles stratégies afin de réduire le risque de MIP à la suite de la pose d'un DIU. Des recherches devraient être menées sur les méthodes de détection d'une contamination cervicale antérieure à la pose et de prévention du développement de l'infection chez ces femmes après la pose d'un DIU.
Références
- Díaz J, Díaz MM, Pastene L, Araki R, Faúndes Al. Randomized clinical study of the T-Cu 380A and the Lippes Loop C, in Campinas, Brazil. Contraception 1982;26:221-228.
- Shaffer N et al. UNDP/UNFPA/WHO/World Bank Special Programme of Research, Development and Research Training in Human Reproduction IUD Research Group. The Tcu 380A IUD and the frameless IUD "the FlexiGard": interim three-year data from an international multicenter trial. Contraception 1995;52:77-83.
- Faúndes A, Telles E, Cristofoletti ML, Faúndes D, Castro S, Hardy E. The risk of inadvertent intrauterine insertion in women carriers of endocervical Chlamydia trachomatis. Contraception 1998;56:105-109.
Ce document doit être cité comme suit : Faúndes A. Antibioprophylaxie en cas de pose d'un dispositif contraceptif intra-utérin : Commentaire de la BSG (dernière révision : 1er décembre 2001. Bibliothèque de Santé Génésique de l'OMS; Genève : Organisation mondiale de la Santé.