L’instauration du contrôle a priori de la publicité pour les médicaments auprès des professionnels de santé est-elle efficace pour réduire les risques de mésusage et les prescriptions hors AMM ?
(2013; 94 pages) [English]

Abrégé

Les utilisations hors AMM d’un médicament ont toujours existé : entre 15 et 20 % de la totalité des prescriptions selon la littérature, bien d’avantage dans certains domaines comme la pédiatrie, la gérontologie ou la cancérologie, jusqu’à 78% selon une récente enquête. Si elles sont parfois justifiées, les derniers incidents ont montré des défaillances de la chaine du médicament dans son ensemble mettant en jeu différents acteurs, depuis l’industriel qui commercialise son médicament aux Autorités qui octroient l’AMM et le remboursement, en passant par le prescripteur et le pharmacien dispensateur au patient plus ou moins informé, qui sollicite et exige des résultats.

Par ailleurs, des études révèlent que les médicaments seraient impliqués dans plus de 40% des effets indésirables graves évitables, la définition d’ « évitable » étant : « ne serait pas survenu si les soins avaient été conformes à la prise en charge considérée comme satisfaisante » ou « situation qui s’écarte de procédures ou de résultats escomptés dans une situation habituelle et qui est ou qui serait potentiellement source de dommage ». Si les erreurs médicamenteuses sont le plus souvent à l’origine de ces effets indésirables, les utilisations hors AMM y contribuent également. Les chiffres soulèvent néanmoins la question essentielle de la sécurité des utilisations du médicament mal encadrées.

Parmi l’ensemble des dispositifs qui concernent l’encadrement des prescriptions pour un bon usage du médicament, figure une disposition concernant la publicité pour les médicaments auprès des professionnels de santé. En effet, sachant que les dépenses consacrées aux activités de commercialisation et de promotion représente environ 23% du chiffre d’affaires des laboratoires pharmaceutiques, que le rendement moyen en ventes supplémentaires, par dollar investi dans la promotion pharmaceutique s'élevait en 2004 à 8,34 USD, il a été établi que leurs efforts de promotions (publicité, visite médicale, congrès, presse médicale..) pouvaient avoir une influence néfaste sur les prescriptions médicales allant à l’encontre des exigences sanitaires comme cela a été le cas dans l’affaire Médiator; c’est ainsi que le contrôle a priori de la publicité a été rétabli.

Nous étudierons le bien-fondé de cette mesure sur les prescriptions hors AMM et hors Bon usage.

 
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