Ce document de quelque 190 pages explique le lien entre les accords de l’OMC
et les divers aspects des politiques de santé. Il a pour objectif de permettre
aux responsables de mieux comprendre les questions fondamentales quand ils
travaillent sur les questions politiques en relation avec le commerce et la
santé, quand ils communiquent entre eux et quand ils en débattent. L’étude
aborde différents domaines: médicaments et propriété intellectuelle, sécurité
sanitaire des produits alimentaires, lutte antitabac et de nombreux autres
sujets qui ont fait l’objet de débats passionnés. Dans ce travail conjoint sans
précédent, l’OMS et l’OMC ont tenté d’exposer les faits.
Dans leur préface, le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de
l'OMS, et Mike Moore, Directeur général de l’OMC, confirment “qu’il existe bien
des points communs entre commerce et santé”. Mais ils font passer un autre
message important : “les responsables de la santé et du commerce peuvent tirer
parti d’une collaboration plus étroite pour assurer la cohérence entre leurs
différents domaines de responsabilité”.
L’étude explique que les pays ont le droit de prendre des mesures
restreignant les importations ou les exportations des produits si elles
s’imposent pour protéger la santé des hommes, des animaux ou des plantes.
Lorsqu’ils libéralisent les services, ils gardent le droit de les réglementer
afin d’atteindre les objectifs de la politique nationale dans des domaines comme
celui de la santé. L’étude traite de huit questions spécifiques de santé : lutte
contre les maladies infectieuses, sécurité sanitaire des produits alimentaires,
lutte antitabac, environnement, accès aux médicaments et aux vaccins, services
de santé, sécurité alimentaire, ainsi que quelques nouvelles questions, comme
les biotechnologies. Elle donne dans chaque cas des exemples des difficultés à
surmonter et des opportunités pour mettre en œuvre des politiques cohérentes de
commerce et de santé.
“Les accords de l’OMC sont influencés par les questions de santé. En fait,
les préoccupations en matière de santé prennent le pas sur les questions
commerciales. Le cas échéant, les gouvernements peuvent mettre de côté les
accords de l’OMC afin de protéger la vie de l’homme. D’ailleurs, la
jurisprudence de l’OMC a reconnu que la santé “était importante au plus haut
point”, conclut Miguel Rodríguez Mendoza, Directeur général adjoint et
coordinateur principal à l’OMC.
“Il faut asseoir les politiques publiques sur des faits solides, ajoute le Dr
Andrew Cassels, de l’Unité Stratégie à l’OMS. Cette étude souligne les domaines
dans lesquels il est nécessaire d’analyser plus soigneusement le lien entre le
commerce et la santé. Elle met également en lumière les avantages d’une
collaboration étroite entre les responsables du commerce et de la santé”.