Lors de conflits ou de catastrophes naturelles, les pays sinistrés reçoivent souvent dans le cadre de l’assistance humanitaire des dons importants en produits pharmaceutiques. Dans beaucoup de cas, ces produits aident à sauver des vies et à atténuer les souffrances de la population, mais parfois ces dons, surtout s’ils proviennent de donateurs bien intentionnés mais mal informés, peuvent soulever des problèmes, qui peuvent être de nature diverse: les produits pharmaceutiques donnés peuvent être proches de leur date de péremption ou l’avoir dépassée, ils peuvent être inadaptés aux besoins, ils peuvent être non identifiables parce qu’ils sont étiquetés dans une langue étrangère, ou ils peuvent être envoyés en quantité non appropriée. D’autres problèmes peuvent résulter de pratiques de gestion incorrectes pour les médicaments à longue durée de conservation, particulièrement dans les situations confuses qui accompagnent et qui suivent un conflit armé ou une catastrophe naturelle. Dans ces cas il y a souvent pénurie de personnel ou d’espace de stockage et désorganisation du système de gestion des médicaments. Des problèmes du même genre peuvent se poser lorsqu’il s’agit de dons de médicaments dans le cadre d’un programme d’assistance au développement. Des stocks plus limités de médicaments en excédent peuvent aussi s’accumuler en période normale, par suite d’une gestion inefficace des stocks et de la distribution et de l’absence d’une procédure formelle d’élimination. Quant à l’élimination sans risque de ces médicaments non utilisés ou périmés, elle pose souvent un problème majeur.
Les présents principes directeurs se fondent sur le contenu d’un rapport sur les mesures prises pour éliminer sans risque des médicaments inutilisés et inutilisables à Mostar, où les stocks s’étaient accumulés pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine. Evaluer de manière précise les quantités de médicaments excédentaires éliminées peut être difficile. Dans un rapport par exemple, il est dit que 50 à 60% des 27 800 à 34 800 t de produits médicaux fournis par les donateurs à la Bosnie-Herzégovine entre 1992 et le milieu de 1996 étaient considérés comme impropres à l’utilisation et que vers le milieu de l’année 1996, on évaluait à environ 17 000 t le stock de médicaments inutilisables dans les entrepôts et les centres de soins dans tout le pays1. Ces chiffres considérables sont contestés par d’autres: ceux-ci estiment comme plus raisonnable un tonnage de 1000 t. Un chiffre récemment publié, de 2000 t de produits pharmaceutiques non utilisés en Croatie, est considéré comme réaliste. Quoi qu’il en soit, il est clair que la grande quantité de médicaments inutilisables reçus a perturbé le fonctionnement des pharmacies dans de nombreux Etats de l’Ex-Yougoslavie et posé un problème sérieux en matière d’élimination.