Quel doit être le rôle de l’Etat dans le financement de la consommation de médicaments? S’il est vrai que le financement de toute la consommation par l’Etat n’est pas possible ni souhaitable, l’Etat doit-il pour autant être dégagé de toute responsabilité? Il revient aux pouvoirs publics de financer les dépenses de santé pour la population la plus pauvre au nom de la solidarité nationale et pour les soins individuels qui ont le plus d’effets sur la santé de l’ensemble de la population.
Par ailleurs, si l’on veut instaurer un système de paiement des médicaments, il faut identifier qui va assurer le financement initial des fonds de roulement. Ce peut être l’aide extérieure ou des organismes nationaux comme les coopératives, mais ce financement peut relever aussi de l’Etat. Dans ce cas, le désengagement de l’Etat du financement de la consommation ne le libère donc pas automatiquement de devoir acheter des médicaments pour constituer les dotations initiales de stocks.
Le financement de la consommation des médicaments doit-il être organisé de la même façon ou de façon différente du financement des soins? Vendre les médicaments est plus facile que de faire payer les soins: en effet, les médicaments sont des biens plus clairement identifiés par tout le monde, pour lesquels il y a une demande en général plus forte, et qui souvent coûtent moins que les soins, en particulier les soins hospitaliers. Le point important est que le système de financement de la consommation pharmaceutique soit cohérent avec le système de financement des soins: il ne sert à rien que les soins soient gratuits et les médicaments payants si cela aboutit à des prescriptions qui ne sont pas honorées; il ne faut pas non plus que le système aboutisse à l’hospitalisation des patients uniquement parce qu’ils ne peuvent pas payer les médicaments.