Fiches modèles OMS d'information à l'usage des prescripteurs: Médicaments utilisés dans les mycobactérioses
(1993; 48 pages) [English] [Spanish] Voir le document au format PDF
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Rifampicine

Groupe: antimycobactérien
Gélule ou comprimé à 150 et 300 mg


Généralités

Antibiotique macrocyclique complexe semi-synthétique dérivé de la rifamycine, liposoluble, la rifampicine inhibe la synthèse des acides nucléiques chez un large éventail de germes pathogènes. Administrée par voie orale, elle est rapidement absorbée et diffusée dans les tissus et les liquides organiques; en cas d'inflammation méningée elle pénètre en quantité importante dans le liquide céphalorachidien. Une dose unique de 600 mg provoque un pic de concentration sérique d'environ 10 microgrammes/ml au bout de 2 à 4 heures; sa demi-vie d'élimination est de 2 à 3 heures. La rifampicine est en grande partie recyclée dans la circulation entéro-hépatique et les métabolites formés dans le foie par désacétylation sont excrétés dans les selles.

Comme la résistance se développe facilement, la rifampicine doit toujours être associée à d'autres antimycobactériens efficaces.

Données cliniques

Indications

En association avec l'éthambutol et l'isoniazide pour le traitement des infections à M. kansasii, M. malmoense, M. xenopi et, chez les hôtes immunocompétents, pour celui des infections dues au complexe M. avium-intracellulare.

Posologie et administration

Etant donné que la présence d'aliments gêne l'absorption de la rifampicine, celle-ci doit être prise de préférence au moins 30 minutes avant les repas.

Adultes et enfants: 10 mg/kg (maximum 600 mg) par jour ou deux ou trois fois par semaine pendant 2 ans. Il semble qu'un traitement d'un an suffise pour les infections à M. kansasii.

Contre-indications

• Hypersensibilité connue aux rifamycines.
• Dysfonctionnement hépatique.


Précautions d'emploi

On a enregistré des réactions immunologiques graves, entraînant insuffisance rénale, hémolyse ou thrombopénie chez des patients ayant recommencé à prendre de la rifampicine après un arrêt prolongé. Dans les rares cas où une telle réaction se produirait, le traitement doit être interrompu immédiatement et définitivement.

On surveillera attentivement la fonction hépatique chez les personnes âgées et chez les sujets présentant une dépendance alcoolique ou une maladie hépatique.

Les malades doivent être informés de ce que le médicament peut donner une coloration rougeâtre aux urines, aux larmes, à la salive et aux expectorations; les lentilles de contact peuvent être irrémédiablement teintées.

Grossesse

Le traitement ne doit pas être interrompu ni différé pendant la grossesse.

On administrera systématiquement de la vitamine K au nouveau-né dès sa naissance en raison d'un risque d'hémorragie postnatale.

Effets indésirables

Aux doses actuellement recommandées, la rifampicine est bien tolérée par la plupart des malades, mais une intolérance digestive grave oblige parfois à interrompre le traitement. Les autres effets indésirables (rash cutané, fièvre, syndrome grippal et thrombopénie) se produisent surtout lorsque l'administration est intermittente. On a également rapporté des cas d'oligurie, de dyspnée et d'anémie hémolytique passagères. Ces réactions disparaissent lorsque l'on passe à une administration quotidienne.

L'élévation modérée de la bilirubine et des transaminases sériques, fréquente au début du traitement, est souvent transitoire et sans signification clinique. Toutefois, une hépatite liée à la dose et potentiellement mortelle peut se produire. Il est donc important de ne pas dépasser la dose maximale recommandée qui est de 10 mg/kg (600 mg).

Interactions médicamenteuses

La rifampicine est un inducteur des enzymes hépatiques, ce qui peut obliger à augmenter les doses d'autres médicaments métabolisés dans le foie. C'est le cas notamment des corticoïdes, des contraceptifs stéroidiens, des hypoglycémiants et des anticoagulants oraux, de la phénytoïne, de la cimétidine, de la quinidine, de la ciclosporine et des glucosides digitaliques.

On conseillera donc aux femmes en âge de procréer d'employer une méthode de contraception non hormonale pendant tout le traitement et pendant au moins un mois à la suite de celui-ci.

L'excrétion biliaire des produits de contraste et de la bromesulfonephtaléine sodique peut être réduite; les dosages microbiologiques de l'acide folique et de la vitamine B12 peuvent être faussés.

Surdosage

Un lavage gastrique peut être utile s'il est pratiqué dans les heures qui suivent l'ingestion. De très fortes doses peuvent provoquer une dépression du système nerveux central. Il n'y a pas d'antidote spécifique et le traitement est symptomatique.

Conservation

Les gélules et les comprimés doivent être conservés dans des récipients étanches, à l'abri de la lumière.

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