EN août 2001, la ville de Chengdu, dans l’ouest de la Chine, a accueilli le premier séminaire national sur l’enseignement de la pharmacothérapie centré sur les problèmes destiné aux étudiants en médecine. Environ 25 professeurs de l’université de médecine de Chengdu et plus de 20 enseignants d’autres écoles de médecine ont participé à ce séminaire avec enthousiasme. ChinaCLEN, l’antenne nationale du Réseau international d’épidémiologie clinique (INCLEN) s’était chargée de l’organisation du séminaire, avec l’appui de l’OMS.
Une première journée bien remplie fut consacrée à des présentations d’ordre général sur les concepts des médicaments essentiels et de l’usage rationnel des médicaments. Des chercheurs chinois exposèrent les résultats d’études réalisées sur l’usage des médicaments dans leur pays, la plupart révélant diverses habitudes d’utilisation irrationnelles. Parmi les problèmes rencontrés, l’utilisation largement répandue d’antibiotiques récents coûteux, souvent administrés par injection intraveineuse. La seconde journée fut consacrée à des exposés et démonstrations de pharmacothérapie centrée sur les problèmes puis les participants, répartis en petits groupes s’entraînèrent à la nouvelle méthode d’enseignement. En clôture, des jeux de rôles furent organisés sur différents sujets comme rédiger une ordonnance et communiquer des informations, des instructions et des mises en garde aux patients.
De la théorie à la pratique
Avant la fin du séminaire, les participants discutèrent des mesures pouvant être prises pour promouvoir l’usage rationnel des médicaments en Chine et envisagèrent ce qu’impliquerait, dans la pratique, l’introduction de l’enseignement centré sur les problèmes dans les programmes traditionnels. Pour conserver l’effet stimulant du séminaire, des plans d’action furent créés pour chacune des universités représentées. Ce séminaire fut une formidable occasion de promouvoir l’intérêt croissant pour l’enseignement de la pharmacothérapie centré sur les problèmes - occasion que les participants comptent bien exploiter dans leurs propres fonctions.
Une étude américaine démontre la capacité des génériques à faire baisser les coûts
UN meilleur usage des médicaments génériques, particulièrement dans le traitement des ulcères et de l’arthrite, pourrait faire baisser de plus de 16 % le montant remboursé par l’assurance maladie pour les médicaments délivrés sur ordonnance, selon une étude rendue publique aux États-Unis en janvier 20021. Medicare est le plus important programme d’assurance maladie du pays, couvrant plus de 39 millions d’américains.
Des chercheurs du Schneider Institute for Health Policy de l’université de Brandeis ont exploité les données fournies par la plus grosse Société américaine de gestion des prestations pharmaceutiques, pour calculer le pourcentage de génériques parmi les médicaments utilisés par les personnes bénéficiant de Medicare. Les gestionnaires des prestations pharmaceutiques ont pris un engagement auprès des caisses d’assurance pour que le système de délivrance des médicaments sur ordonnance soit conçu et appliqué de façon à en contrôler les coûts. Ils ont constaté que si l’on augmentait d’environ 50 % l’usage des génériques, les dépenses de médicaments par personne diminueraient de 1 647 $ à 1 377 $, ce qui représenterait une économie totale de 250 milliards de dollars entre 2003 et 2012.
Les auteurs concluent que près de la moitié des économies pourrait provenir d’un usage accru de génériques dans le traitement des ulcères et de l’arthrite - deux maladies pour lesquelles les médicaments vendus sous marque font l’objet actuellement d’une campagne publicitaire agressive. Selon ces chercheurs, les programmes sanitaires qui utilisent une plus grande proportion de génériques prévoient non seulement une participation financière progressive du consommateur, qui l’incitera à utiliser des médicaments moins chers mais également des programmes éducatifs approfondis destinés aux médecins. Des «contre-argumentaires» sont utilisés dans le cadre de ces programmes afin de démontrer aux médecins que les nouveaux médicaments, s’ils sont plus chers, ne sont pas toujours plus appropriés.
Bibliographie
1. Wallack S, Ritter G, Thomas C. Greater use of generics: a prescription for drug cost savings. Waltham, Mass: Brandeis University; 2002. Sur l’internet, à l’adresse: http://www.gphaonline.org/pdf/brandeis-text.pdf