EN Russie, toute publicité de médicaments qui omet des informations essentielles et peut ainsi tromper le consommateur est illégale. Pourtant, la loi est souvent bafouée; c’est ce que démontre clairement une étude réalisée récemment1 sur la justesse des informations communiquées dans des publicités pour des médicaments parues dans des revues médicales.
Cinq des principales revues médicales russes couvrant divers domaines de la médecine et différents types de publication ont été sélectionnées pour cette étude. Toutes les publicités parues dans tous les numéros de l’année 1998 ont été passées en revue. Les investigateurs ont compté le nombre de fois où étaient indiqués un nom de marque, de molécule ou de générique, les indications et les contre-indications, la classe pharmacologique, les mises en garde et les références. Sur 397 insertions de 207 encarts publicitaires distincts, seulement 154 insertions (40 %) mentionnaient le nom générique, 177 (45 %) précisaient une indication quelconque, 42 (11 %) précisaient des mises en garde et des contre-indications, 21 (5 %) mettaient en garde contre des interactions médicamenteuses et 8 seulement (2 %) fournissaient des références. Les six laboratoires à l’origine de la plupart des encarts publicitaires, fournissaient, en moyenne, moins d’informations que les autres.

M. van Vilet
Dans leur analyse des résultats, les auteurs rappellent que le contrôle effectif de la publicité est une nécessité universelle. Des études réalisées en Europe occidentale et en Amérique du nord ont montré que même lorsqu’il est relativement facile de connaître les sources objectives des informations, les médecins restent sensibles aux messages publicitaires. Dans des pays comme la Russie où il est particulièrement difficile d’accéder à des informations scientifiques, même dans les bibliothèques universitaires et hospitalières, la situation est d’autant plus dangereuse. Même les critères éthiques de l’OMS applicables à la promotion des médicaments et le code de bonnes pratiques de commercialisation pharmaceutique défini par l’Association internationale des fabricants de médicaments sont rarement suivis en Russie. Et très souvent, les directives internes des compagnies multinationales ne sont pas appliquées. L’Association pharmaceutique russe a bien un code d’éthique mais aucune disposition ne se rapporte au contenu des publicités pour des médicaments.
Des mécanismes de réglementation efficaces sont impératifs
Selon les conclusions de l’étude, rares sont les publicités de médicaments en Russie qui donnent un minimum d’informations sur le mode de prescription approprié et les laboratoires pharmaceutiques ne fournissent les informations requises sur le bon usage de leurs produits que s’ils sont forcés de le faire. Pour les auteurs, il est évident que les lois seules ne suffisent pas. Il faut mettre en place des mécanismes de réglementation efficaces. Ils accusent certains laboratoires d’exploiter l’absence de protection réglementaire de la Russie pour réaliser des bénéfices à court terme au mépris des soins de santé.
Bibliographie
1. Vlassov V, Mansfield P, Lexchin J, Vlassova A. Do drug advertisements in Russian medical journals provide essential information for safe prescribing? West J Med 2001;174:391 - 394.
