Le secteur pharmaceutique privé commercial au Sénégal - Dynamique de développement et effets sur l'accès aux médicaments essentiels - Série de recherche, No. 23
(1997; 51 pages) Voir le document au format PDF
Table des matières
Afficher le documentRésumé
Afficher le documentIntroduction
Fermer ce répertoireContexte économique et sanitaire et place du secteur pharmaceutique
Afficher le document1. Présentation générale du pays
Afficher le document2. Le système de santé
Afficher le document3. Le secteur pharmaceutique
Ouvrir ce répertoire et afficher son contenuAccessibilité, disponibilité et usage des médicaments essentiels dans le secteur pharmaceutique privé
Afficher le documentConclusion
Afficher le documentBibliographie
Afficher le documentAnnexe
Afficher le documentCouverture arrière
 

3. Le secteur pharmaceutique

Le secteur pharmaceutique dominant est le secteur privé commercial. Il est en constante évolution et joue un rôle de plus en plus important dans la disponibilité et la distribution du médicament, dans un environnement marqué par de fortes contraintes financières pour l’Etat et pour les populations. Aussi, semble-t-il opportun d’examiner successivement le cadre réglementaire dans lequel il se développe, la taille du marché pharmaceutique et sa place, et les circuits de distribution des produits.

3.1 Réglementation

Le secteur pharmaceutique privé commercial est réglementé. Il connaît, à partir de 1994, une phase de mutation dominée par la nécessité de recourir aux médicaments essentiels et génériques, afin de s’adapter au pouvoir d’achat du pays et des populations.

La réglementation concerne de nombreux aspects et notamment l’enregistrement des médicaments, qu’ils soient fabriqués localement ou importés. Ces médicaments sont importés, fabriqués et distribués au Sénégal lorsqu'ils ont obtenu un visa accordé par le Ministre de la Santé de la santé, sur proposition de la Commission des visas.

Cette Commission, formée d'experts nommés par le Ministre de la Santé, donne son avis après étude des dossiers fournis par les laboratoires demandeurs. Une demande de visa doit être accompagnée d'un dossier défini et du paiement d'un droit de 50.000 FCFA, par forme et par dosage. Le visa est renouvelable tous les 5 ans. Selon la loi 65-33 du 19 mai 1965, le visa ne peut être accordé que si le fabricant justifie avoir vérifié l'innocuité du produit et son intérêt thérapeutique. Un critère économique est, depuis quelques années, également pris en compte. Un des critères fondamentaux de la Commission des visas est qu'aucun médicament ne peut être vendu au Sénégal s'il n'est pas accepté ou mis sur le marché dans son pays d'origine.

Les spécialités fabriquées au Sénégal sont soumises, avant leur mise sur le marché, à une deuxième autorisation, dite "autorisation de débit", accordée après vérification de la conformité au dossier de visa des conditions de fabrication et de contrôle.

En 1994, 3000 présentations de spécialités sont sur les listes des grossistes; 2000 seulement font partie des ventes courantes. Pour les génériques utilisés dans le secteur public, l'importation sans visa semble tolérée par le Ministère de la Santé.

Malgré l’existence d’une réglementation nationale assez importante, les services d’inspection pharmaceutique sont dotés de moyens humains (un seul pharmacien), logistiques et techniques très insuffisants.

3.2 Le marché pharmaceutique

Le marché pharmaceutique sénégalais est formé par l’importation et la production locale des médicaments.

Selon diverses sources1, le marché pharmaceutique total, public et privé, représenterait, en 1995, un montant de 28 milliards de FCFA, dont 75% pour le seul secteur pharmaceutique privé.

1 Monjanel F. Le Secteur pharmaceutique au Sénégal. Direction des relations économiques extérieures, poste régional d’expansion économique de Dakar, avril 1996; 17 p.

3.2.1 Production locale

La production locale représente une fraction évaluée à 10% du marché pharmaceutique sénégalais, elle est inégalement répartie entre 3 fabricants: SIPOA, Parke Davis, Valdafrique.

La SIPOA (Société Industrielle Pharmaceutique de l'Ouest Africain), créée en 1983, est contrôlée depuis 1993 par le groupe Rhône Poulenc Rorer (RPR) qui en détient 55% du capital. Cette entreprise fabrique des spécialités génériques SIPOA en conditionnement vente au public et hospitalier, ainsi que des spécialités RPR, Pfizer et Cooper. Elle réalise 75% de son chiffre d'affaires sur le marché national et 25% à l'exportation (sous région, Côte d’Ivoire, Maroc). Son chiffre d’affaires a été de 3,7 milliards de FCFA en 1995 contre 2,7 en 1994. La société fabrique (sous licence RPR, Pfizer, Bristol, Meyers, Cooper, Synthélabo) une quarantaine de spécialités pharmaceutiques et environ 90 produits génériques (antipaludéens, analgésiques, antituberculeux, vitamines,..). Les spécialités représentent 40% des ventes locales et les génériques 60% en 1994-1995.

L’usine Parke-Davis de l’Afrique de l’Ouest est la filiale du groupe américain Warner Lambert. Elle produit une trentaine de spécialités et réalise 20% de son chiffre d’affaires sur le marché national et 80% à l’exportation (sous région). Elle fabrique une trentaine de spécialités, principalement des comprimés et des poudres.

La société Valdafrique a réalisé un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de FCFA en 1995 dont 25% à l’exportation (Côte d’Ivoire et sous-région). Cette firme fabrique quelques médicaments et produits parapharmaceutiques ainsi que des insecticides et bactéricides domestiques qui représentent respectivement 15%, 25%, et 60% du chiffre d’affaires réalisé sur le marché local.

3.2.2 Importations

Il est difficile d'obtenir des chiffres très fiables sur les importations de médicaments au Sénégal, compte tenu de l'existence de nombreux circuits parallèles. Suivant les statistiques officielles, les importations ont doublé en valeur entre 1980 et 1987, passant de 5,2 milliards de FCFA à 10,4 milliards de FCFA. Depuis, elles sont restées au-dessus de la barre des 10 milliards par an jusqu'en 1992. Néanmoins, de 1991 à 1993, la valeur CAF des importations de médicaments a régulièrement baissé. En 1994, 17,4 milliards de FCFA étaient importés de France, qui fournit 94% des médicaments importés (source SNIP). Il faut noter qu’en termes réels, la valeur des importations a baissé du fait de la dévaluation opérée en janvier 1994. En 1995, les importations totales sont estimées à 17,1 milliards de FCFA dont 84% de France.

Les importations de médicaments ont été exonérées de droits de douane au Sénégal dans les années 70. Mais, depuis 1991, un droit de timbre est perçu sur la valeur CAF des produits, au taux de 3% (6% en 1993) pour les médicaments et de 6% pour les vaccins (12% en 1993).


Sénégal: Importations de médicaments (valeur CAF), 1993-1995 (en milliards de FCFA)

On distingue deux types de structures chargées de l’importation des médicaments: la Pharmacie nationale d’Approvisionnement (PNA) pour le public et les grossistes-importateurs privés.


SENEGAL: REPARTITION DES IMPORTATIONS

• La Pharmacie nationale d'Approvisionnement (PNA), créée en 1979, est la structure nationale d'importation, de stockage et de distribution. C'est le principal fournisseur des Formations sanitaires publiques (FSP) au Sénégal. Les hôpitaux publics ayant obligation de s'approvisionner à hauteur de 75% de leurs besoins, et les autres structures publiques à 100%, la PNA a ainsi le quasi-monopole de la distribution des produits pharmaceutiques dans le secteur public. Les FSP peuvent également recevoir des dons de médicaments de sources diverses. Il faut toutefois noter l’exception que constitue l’hôpital principal qui importe pour son propre compte (543 millions de FCFA de produits pharmaceutiques en 1995, soit 3% du total des importations).

La PNA est constituée d'une structure centrale à laquelle sont rattachées directement 5 pharmacies régionales (PRA) situées à Dakar, Saint-Louis, Tambacounda, Kaolack et Ziguinchor. La structure centrale est formée de 3 divisions (achat, magasin et clientèle) et d'un bureau de gestion.

C'est en 1993 que la PNA a lancé son premier appel d'offres international, grâce à un financement de la Banque mondiale. En 1995, la PNA a importé pour 2,21 milliards de FCFA dont 80% en provenance d’une centrale d’achat hollandaise: IDA International. 90% de ses importations sont des génériques et 10% des spécialités.

Le plan de restructuration du système pharmaceutique public a été défini depuis 1990. Il est en voie d'exécution avec l'appui technique et financier de plusieurs partenaires (Union européenne, Coopération française, Banque mondiale, ...). Cet appui s’est accentué suite à la dévaluation du FCFA en janvier 1994 et au profit de la réorganisation de la PNA. Compte tenu de l'élargissement du financement communautaire, ce plan devrait constituer le démarrage d'une politique de médicaments essentiels dans le secteur public sénégalais.

• Les grossistes-importateurs chargés de l’approvisionnement du secteur pharmaceutique privé commercial sont: Laborex, Sodipharm et Cophase.

En 1995 comme en 1988, les laboratoires établis en France fournissent environ 90% des importations. L'appartenance du Sénégal à la zone franc est un facteur favorisant de tels flux. L'achat de produits sur le territoire français élimine les risques liés au change lors des règlements, grâce à la parité fixe (nouvelle parité depuis la dévaluation de janvier 1994) entre le franc français et le franc CFA.

Les importations de médicaments représentaient au début des années 90 3% du total des importations du Sénégal (coefficient assez proche de celui du riz pour la même période 3,6%).

3.2.3 Structuration et place du secteur pharmaceutique privé commercial

Le secteur pharmaceutique privé commercial du Sénégal est constitué de deux pôles principaux: celui des producteurs locaux (SIPOA, PARKE-DAVIS, VALDAFRIQUE) et celui des importateurs grossistes-répartiteurs (LABOREX, SODIPHARM, COPHASE).

Importateurs - grossistes privés

L'approvisionnement du secteur privé est assuré par 3 sociétés: Laborex, Sodipharm et Cophase.


Chiffre d'affaires des grossistes en milliards de FCFA - Sénégal 1994-1995

Source: PREE, Dakar, 1996


Part de marché des grossistes privés au Sénégal en 1994

LABOREX: Importateur et grossiste-répartiteur depuis 1949 à Dakar, filiale autonome de Continental Pharmaceutique France, est solidement implanté sur le marché sénégalais en raison de son expérience et de la qualité de sa gestion. Il est leader sur le marché pharmaceutique privé au Sénégal avec 60-70% du chiffre d’affaires total réalisé.

Son stock de produits couvre une période d’environ 3,5 mois de vente et était évalué à 5 milliards de FCFA environ en 1994. Ce stock est constitué de 3500 références de spécialités, parmi lesquelles 700 à 800 sont des produits très courants, représentant environ 80% du chiffre d'affaires. En d'autres termes, 23% seulement de références de spécialités sont très demandées et représentent 80% du chiffre d'affaires, tandis que les 77% des références restantes équivalent à 20% du chiffre d'affaires.


Chiffre d'affaires de Laborex-Sénégal en millions FCFA (1988-1995)

La distribution est assurée à Dakar par deux magasins (centre ville et banlieue) et dans les régions par quatre agences à Kaolack, Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor. Les ventes sont réalisées à 60% dans la région de Dakar et à 40% dans les agences régionales.

Pour les livraisons, de Dakar aux agences et des agences aux clients, Laborex utilise son propre parc automobile. Lors des installations de nouvelles pharmacies, Laborex accorde des facilités de paiement pour la constitution du stock initial. Les achats effectués à Laborex par les structures publiques (hôpitaux) sont marginaux. Une seule clinique privée possède l'autorisation officielle de s'approvisionner chez les grossistes.

La concurrence pour la conquête des parts de marché avec les deux autres grossistes répartiteurs est vive.

En effet, SODIPHARM, crée en 1986, a vu sa part de marché baisser au moins de moitié (5 à 10% en 1994 contre 15 à 50% en 1992) après la création de Cophase en 1993, qui couvrirait, en 1994, 25 à 28% du marché privé. Son chiffre d’affaires est estimé à 1,35 milliards de FCFA en 1995 (contre 1,2 en 1994).

COPHASE est une société de création récente (1986), née de la volonté de quelques pharmaciens et destinée à promouvoir la vente de génériques. Elle a un stock correspondant à 3 mois de distribution, constitué de 2000 références de spécialités. Jusqu'à fin 1994, Cophase n'avait pas importé de génériques, contrairement à son projet initial. La distribution est assurée uniquement à partir de Dakar, les ventes étant réalisées à 60% dans la région de Dakar. Son chiffre d’affaires serait de 6,3 milliards de FCFA en 1995 (contre 4,6 milliards en 1994).

Distribution de détail, officines et dépôts

a. Officines

Le nombre d’officines privées est passé de 159 en 1988 à 246 en 1995. Un arrêté du Ministère de la Santé fixe le nombre d'officines pouvant être créées chaque année. Le nombre d'habitants requis pour une officine est de 15 000 pour la région de Dakar et de 30.000 pour les autres régions. Toutefois, chaque chef lieu de région, chaque département, chaque commune devrait disposer au moins d'une officine de pharmacie, et ce quel que soit le nombre de ses habitants. Ces critères de populations sont révisables tous les 5 ans. Le décret impose également des distances minimales entre les officines: 500 mètres pour la zone Dakar-plateau et 1000 mètres pour les autres régions.

Tableau 5: Evolution du nombre d'officines au Sénégal, par région, de 1986 à 1994

Régions

1986

1988

1992

1994

Dakar

72

87

107

116

Diourbel

4

7

13

-

Fatick

1

4

5

-

Kaolack

7

11

14

-

Kolda

2

4

5

-

Louga

2

5

7

-

Saint-Louis

5

14

18

-

Tambacounda

2

4

5

-

Thiès

10

17

29

-

Ziguinchor

4

6

11

-

Total

109

159

214

240

Source: Ministère de la Santé, (-) = information non disponible

Cette évolution s’est poursuivie en 1994 puisque sur un total de 240 pharmacies dans l’ensemble du pays, 116 sont situées à Dakar.

• La forte évolution démographique (fécondité et immigration): la population de la région de Dakar représente près du quart de la population totale du Sénégal; la densité y est supérieure à 2700 habitants/km2, et le taux d'accroissement moyen annuel estimé y est de 3,9%.

• Les potentialités économiques bien plus importantes que celles des autres régions du Sénégal: la région de Dakar compte en effet 80% environ des installations industrielles du Sénégal, 75% de l'effectif de ce même secteur et produit 73% de la valeur ajoutée du pays.

Outre la forte concentration des officines privées dans la région de Dakar et dans Dakar ville, il existe également de fortes disparités de couverture entre différentes régions.

En ce qui concerne la répartition des officines selon les 45 districts sanitaires, on en relève une par district, sauf dans deux districts.

Au total, la distribution des officines pharmaceutiques privées suit l’offre de santé (formations sanitaires, personnel médical et autres, ...) et la demande solvable.

b. Les dépôts

Des dépôts de médicaments peuvent être créés dans les localités dépourvues d'officines de pharmacie. La création et la gérance de tels dépôts sont réglementées par le décret n° 61-218 du 31 mai 1961 émanant du Ministère de la Santé. Toute demande d'ouverture d'un dépôt de médicaments doit être accompagnée d'une attestation du pharmacien d'officine consentant à approvisionner le dépôt. Les prix de vente dans les dépôts sont les mêmes que les prix de vente au public dans les officines. Le décret prévoit l'inspection inopinée des dépôts, aussi souvent que nécessaire, et au moins une fois l'an. Les médicaments autorisés à la vente dans les dépôts sont limités à la nomenclature élaborée par le Ministère de la Santé, soit 44 médicaments dans la dernière liste en vigueur.

Le nombre de dépôts est en chute libre, il serait passé de 877 en 1989 à 180 en 1994. La baisse est en fait plus importante: lors de l'enquête menée sur le terrain, il est apparu que plusieurs des dépôts tirés au sort étaient fermés ou en quasi-faillite. Une des principales raisons invoquées était la disponibilité des médicaments dans les structures publiques, et à des prix abordables, défiant ceux pratiqués par les dépôts.

Prix des médicaments

Avant 1994, les prix des médicaments au Sénégal étaient déterminés par le Ministère des Finances après négociation avec le Syndicat des Pharmaciens. La structure des prix de vente était fixée par arrêté ministériel en fonction des distributeurs et des catégories des médicaments, comme l’indique le tableau ci-dessous.

Tableau 6: Taux de marge bénéficiaire des distributeurs applicables aux différentes spécialités

Distributeurs

Spécialités sociales

Autres spécialités

Grossistes

9,00%

22,00%

Pharmaciens

9,95%

48,55%

Les honoraires de responsabilité pour les spécialités soumises au régime des substances vénéneuses s'élevaient à 15 FCFA pour chaque produit des tableaux A, B et C.

Le coefficient multiplicateur utilisé pour obtenir le prix de vente en FCFA, à partir du prix grossiste hors taxes (PGHT), en francs français (FF), est de 102,62 en 1988, de 105,60 en 1991 et de 108,63 en 1993. Cette augmentation a résulté de l'augmentation du PGHT (toujours inférieure à 3% par an suite à des négociations auxquelles participait la DPH) et de l'instauration du droit de timbre, fixé à 3% du prix CAF en 1991 et passé à 6% en 1993. Depuis 1994, les produits pharmaceutiques sont totalement exonérés de droits et taxes douaniers à l’importation. Seule une taxe de 0,2%, applicable à la valeur CAF des produits, est due au Conseil sénégalais des Chargeurs (Cosec), en cas d’acheminement des produits par voie maritime.

Après la dévaluation de 1994, le niveau des marges a été réduit pour limiter les effets de la dévaluation sur l'accessibilité, mais sans compromettre la viabilité ni l'existence des établissements privés. Suite aux négociations engagées entre tous les partenaires, un arrêté interministériel (Economie et Finances, Santé, Commerce) a fixé, en juin 1994, un nouveau mode de calcul des prix pour les médicaments importés. Le prix de vente au public, dans les pharmacies et dépôts est obtenu en ajoutant au PGHT, les frais de mise à CAF (10%), les frais de transit local (1.5% de la valeur CAF) et les marges des grossistes et des officines (différenciées selon les produits).

Tableau 7: Marges de distribution suivant l'arrêté de juin 1994

Type de produits

Marge grossistes (% sur le prix de cession aux officines)

Marge officines (% sur prix de vente au public)

Liste sociale

9,00

9,00

Liste normale

15,50

28,91

Médicaments en vrac

18,00

36,00

Aux prix de vente, sont ajoutés des honoraires de responsabilité pour les médicaments soumis au régime des substances vénéneuses: tableau B 50 FCFA, tableau A 40 FCFA, tableau C 30 FCFA.

Jusqu'à fin décembre 1994, la hausse des prix était limitée à 49% par l'effet conjugué de:

• la réduction de 10% du PGHT, consentie par les fabricants;
• la suppression du droit de timbre;
• la subvention versée aux grossistes.

Pour un PGHT égal à 1 FF, le prix public avant la dévaluation était égal à 108,63 FCFA et 72,43 FCFA en 1993, respectivement pour les produits de la liste normale et ceux de la liste sociale. Et pour le même PGHT, à compter de la date de la dévaluation du franc CFA jusqu'au 31.12.94, le prix public correspondant était égal à 161,86 FCFA et 107,92 FCFA, respectivement pour les produits de la liste normale et ceux de la liste sociale.

Afin de réduire davantage les prix de vente dans le contexte de la dévaluation, les autorités sénégalaises ont opté pour le déconditionnement en blisters des spécialités et des génériques en emballage hospitalier. Cela s’est traduit par une baisse sensible, de 10 à 40% selon les produits. Cependant, ces prix restent supérieurs à ceux des médicaments correspondants, vendus dans les formations sanitaires publiques.

Suite à la dévaluation, les produits SIPOA sont devenus plus compétitifs alors que le coût de la main d'oeuvre restait à un niveau relativement stable. Le marché des conditionnements hospitaliers en blisters devrait se développer dans le secteur privé.

Circuits parallèles

Un important réseau de vente illégale de médicaments existe au Sénégal. Les produits concernés par cette vente illicite se présentent généralement sous forme de comprimés (analgésiques, antibiotiques, antipaludiques....) ou de crèmes dermiques (en particulier les dermocorticoïdes, utilisés pour éclaircir la peau).

Le dynamisme de cette vente illégale de médicaments s'explique par certains aspects liés à la demande et à l'offre, tels, par exemple:

• des prix plus abordables que ceux pratiqués dans les officines;

• de très nombreuses possibilités d'achat au détail (à l'unité) offertes à des populations à faible pouvoir d'achat;

• la non-application des textes législatifs (article 591 du Code de la Santé publique) interdisant ce type de commerce, pratiqué au vu et au su de tous;

• le contrôle du marché parallèle par des milieux politiques et économiques occultes.

 

vers la section précédente
vers la section suivante
 
 
Le Portail d'information - Médicaments essentiels et produits de santé a été conçu et est maintenu par l'ONG Human Info. Dernière mise à jour: le 7 octobre 2014