Le secteur pharmaceutique privé commercial au Maroc - Dynamique de développement et effets sur l'accessibilité des médicaments - Série de recherche, No. 21
(1997; 56 pages) Voir le document au format PDF
Table des matières
Afficher le documentRésumé
Afficher le documentIntroduction
Ouvrir ce répertoire et afficher son contenuPremière partie: Contexte socio-économique et situation sanitaire
Ouvrir ce répertoire et afficher son contenuDeuxième partie: Organisation générale et évolution du secteur pharmaceutique privé
Fermer ce répertoireTroisième partie: Apports du secteur privé: disponibilité des médicaments et accessibilité financière
Afficher le document1. L'accessibilité géographique
Afficher le document2. La disponibilité des médicaments
Afficher le document3. La consommation globale et les médicaments les plus vendus
Afficher le document4. L'accessibilité financière aux médicaments essentiels
Afficher le document5. Le conseil en pharmacie
Afficher le documentConclusion générale
Afficher le documentBibliographie
Afficher le documentCouverture Arrière
 

3. La consommation globale et les médicaments les plus vendus

Exprimé en prix publics, le marché pharmaceutique marocain est évalué à 4 428 millions de dirhams en 1995. La consommation par tête d'habitant est estimée en 1992 à 147 dirhams et environ 160 dirhams en 1995.

3.1 La consommation globale

Depuis trente ans, la consommation pharmaceutique a considérablement augmenté. L'évolution du marché pharmaceutique privé a été la suivante:

• 1980-1984: stagnation du marché, avec une baisse de 1982 à 1984;
• 1985-1988: croissance du marché très forte (plus de 10% par an);
• 1989-1991: croissance un peu ralentie (moins de 10% par an en volume);
• 1992-1994: croissance supérieure à 10% en volume.

Au total, les ventes en volume ont à peu près doublé de 1980 à 1994 et la consommation par habitant a augmenté de moitié environ, ce qui correspond à peu près à l'augmentation du nombre de pharmacies.

Tableau 13: Evolution du marché et de la consommation pharmaceutique en prix courants

 

Consommation globale
(en millions de DH)

Consommation par habitant
(en DH)

1988

2 461,0

105,2

1990

3 030,0

123,8

1992

3 758,0

147,0

1995

4 428,2

170,0


Graphique n°5: Evolution du marché et de la consommation pharmaceutique en prix courants, 1988-1995

Source: Ministère de la Santé publique. Etude de faisabilité de l'assurance maladie-maternité, 1993; Espérance médicale, op. cit.

La croissance de la consommation n'est pas exclusivement liée à l'évolution des revenus. En effet, on peut noter que le pouvoir d'achat du salaire minimum s'est accru de 13,2% de 1989 à 1993, alors qu'au cours de la même période, les ventes de médicaments ont progressé de 36,5% en volume (nombre de boîtes).

Il n'y a pas de données détaillées disponibles sur l'évolution de la consommation permettant de mesurer si l'accroissement de la consommation a été entraîné par des augmentations de revenu de la population (en particulier dans les catégories à revenu moyen ou faible) ou bien par l'amélioration de l'accessibilité géographique (aux médicaments et aux prescripteurs), ou encore par l'offre de nouveaux médicaments. Néanmoins, d'après les informations disponibles, il est raisonnable de penser que l'amélioration de l'accessibilité géographique a eu le rôle le plus important dans la croissance de la consommation.

3.2 La consommation par classes thérapeutiques

Les principales classes thérapeutiques consommées au Maroc correspondent aux pathologies rencontrées dans le pays: maladies infectieuses et troubles digestifs. Elles sont aussi liées au fait que la population est très jeune.

Tableau 14: Répartition du marché par classes thérapeutiques (1991)

   

Volume

Valeur

*

Classe thérapeutique

1 000 unités

(%)

1 000 DH

(%)

 

Total

137 560

100,0

3 447 736

100,0

16

App. digestif Métabolisme

30 468

22,1

786 256

22,8

8

Antiinfectieux V. générale

20 598

15,0

715 108

20,7

7

Système nerveux central

18 184

13,2

331 002

9,6

7

Appareil respiratoire

17 193

12,5

318 834

9,2

11

Dermatologie

13 499

9,8

244 692

7,1

4

App. génit-urin.horm. sex

8 376

6,1

242 797

7,0

6

Appareil loco moteur

7 892

5,7

226 000

6,6

3

Organes des sens

6 783

4,9

165 966

4,8

6

Divers

5 318

3,9

134 920

3,9

9

App. cardiovasculaire

3 705

2,7

109 807

3,2

4

Hormones

2 598

1,9

82 769

2,4

1

Antiparasitaires

1 314

1,0

38 434

1,1

5

Sang. organes hématopoietiques

1 242

0,9

22 324

0,6

3

Solutions pour hôpitaux

330

0,2

19 602

0,6

1

Cytostatiques

60

0,0

9 225

0,3

* Nombre de spécialités parmi les 50 les plus vendues

Source: IMS

L’analyse des premiers produits vendus montre:

• la présence d'orexigènes et de multivitamines parmi les dix premiers médicaments vendus;

• la place dominante des antibiotiques parmi les dix premiers produits en volume et en valeur;

• la part importante des molécules essentielles (en l'absence d'informations sur la forme et le dosage).

Tableau 15: Les dix premiers produits vendus en officine (1994)

 

En volume

En valeur

 

Produits

Unités
(millions)

Produits

Valeur
(millions de DH)

1

Doliprane®, Paracétamol

3,4

Amoxil®, Amoxicilline

39,0

2

Rifoderm®, Rifampicine

2,5

Floxapen®, Oxacilline

35,8

 

Prednisolone, pommade

     

3

Aspégic®, Aspirine

2,1

Aspégic®, Aspirine

32,2

4

Pulmofluide®, Antitussif

1,7

Supradyne®, Multivitamines

27,3

5

Amoxil®, Amoxicilline

1,6

Augmentin®, Amoxicilline/

26,1

     

Acide clavulanique

 

6

Antinorex®, Orexigène

1,5

Doliprane®, Paracétamol

25,1

7

Supradyne®, Multivitamines

1,4

Rovamycine®, Spiramycine

24,5

8

Floxapen®, Oxacilline

1,3

Voltarène®, Diclofenac

23,8

9

Adépal®, Lévonagestrel/éthinylestradiol

1,2

Feldène®,Piroxicam

21,4

10

Rifocine®, Rifampicine

1,0

Rifoderm®, Rifampicine
Prednisolone, pommade

21,0

Source: IMS

Une étude sur la prescription et l'utilisation des médicaments montre qu'il y a des produits injectables (vaccins non compris) dans 17,3% des ordonnances (sur un échantillon de 600 ordonnances), sans différence significative entre les prescripteurs des secteurs public et privé. "Il faut cependant savoir qu'un grand nombre de patients avait reçu une injection au centre de santé; le traitement acheté en officine étant complémentaire de celui donné dans le centre de santé. Les médecins généralistes semblent plus concernés par ce problème puisque 22,3% de leurs ordonnances contiennent un injectable contre 11,4% pour les spécialistes. Par contre, le milieu rural ne semble pas être plus grand consommateur d'injectables que le milieu urbain".

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