Le secteur pharmaceutique commercial marocain présente trois grandes caractéristiques:
• L’essentiel de la consommation de médicaments est directement financé par les usagers. La population couverte par une assurance maladie, et qui bénéficie du remboursement d'une partie de la dépense en médicaments, est de l'ordre de 15% en 1995. Même les dépenses pharmaceutiques dans le secteur hospitalier sont, pour une bonne part, à la charge des ménages. Selon la Direction de la Planification du Ministère de la Santé publique, la dépense moyenne en médicaments est estimée à 45,34 DH1 dans les hôpitaux; la part des ménages dans cette dépense, est, en moyenne, de 21,58 DH; celle des médicaments distribués gratuitement dans les dispensaires (antituberculeux...) représenterait moins de 3,5% de la consommation totale de médicaments.
• La production locale satisfait 80% de la consommation globale, au début des années 90. C’est là un résultat de la politique pharmaceutique, entamée dans les années 60, privilégiant la production par substitution aux importations.
• Enfin, le secteur pharmaceutique est entièrement contrôlé par le secteur privé, aux différents stades, de l'importation à la distribution de détail, en passant par la production et la distribution de gros. Il existe un service d'approvisionnement des établissements de soins publics (Pharmacie centrale) mais son impact sur l'évolution générale du secteur est faible.
1 Cours du dirham en 1995: 8,65 pour 1 US$.
Cette seconde partie sera d'abord consacrée au rappel du cadre juridique, à l'examen de la production, puis aux fonctions d'importation et de distribution de gros, avec comme perspective l'évaluation de l'efficacité de ces activités. Le dernier point sera consacré à la distribution de détail, en mettant l'accent sur l'impact de son développement sur l'accessibilité géographique des médicaments.