Le premier texte législatif d'ensemble date de 1916. Il porte sur la réglementation de l'exercice des professions de médecin, de pharmacien, de chirurgien-dentiste, d'herboriste et de sage-femme. Il a été modifié par une série de réglementations d'ordre général, ou particulier. Après l'indépendance, le dahir du 19 février 1960 a défini la politique nationale de santé avec la réglementation du secteur pharmaceutique (conditions d'ouverture d'un laboratoire, conditions de vente des médicaments par les médecins et les pharmaciens...).
Cette réglementation constitue toujours la base et le support de toute activité pharmaceutique, malgré les amendements introduits depuis lors. En 1994, un arrêté du Ministre de la Santé publique fixait le mode de calcul des prix des spécialités pharmaceutiques d'origine étrangère admises à l'importation et destinées à l'usage de la médecine humaine et vétérinaire et déterminait le mode de déclaration des prix ainsi que le stock de sécurité devant être constitué par les importateurs. L'article premier du dahir de janvier 1994 a introduit des modifications dans le calcul du prix public Maroc, en tenant compte de trois coefficients (au lieu d'un seul précédemment) liés à des droits de douane différents. Cet arrêté a permis la publication, à la fin du premier trimestre de cette année, d'une liste d'environ 600 médicaments dont les prix ont été revus à la baisse.
Pour l’essentiel, on peut retenir les points suivants:
1. Il existe un Ordre des Pharmaciens depuis longtemps déjà: les professionnels sont associés à l'élaboration et à la mise en oeuvre de la politique pharmaceutique. Le Conseil national de l'Ordre des Pharmaciens est l'émanation de quatre conseils régionaux et catégoriels dont les membres sont élus.
2. Seuls les professionnels peuvent exercer des activités pharmaceutiques. Le capital des sociétés pharmaceutiques doit appartenir pour 51% à un ou plusieurs pharmaciens. Il en résulte que les investisseurs non-pharmaciens ont une place relativement secondaire dans ces activités.
3. L’autorité étatique dans le domaine est partagée entre le Secrétariat général du gouvernement pour l’ouverture d’établissement pharmaceutique, la division du médicament du Ministère de la Santé publique pour les autorisations de commercialiser les médicaments et les prix, et le laboratoire national de contrôle pour la qualité des médicaments. La réglementation est relativement complète et elle est assez bien appliquée: il n’y a ni commerce clandestin de médicaments (sauf cas exceptionnels), ni commercialisation de médicaments non autorisés; et la réglementation des prix est complètement appliquée: les prix sont les mêmes dans tout le royaume. L’application de la réglementation est surveillée davantage par les professionnels très organisés (ordre, syndicat des pharmaciens, association des industriels) que par les inspections de la division du médicament du Ministère de la Santé publique ou du laboratoire national qui sont très épisodiques.