Il existe actuellement un certain nombre de thérapies antirétrovirales utilisables pour le traitement au long cours des adultes porteurs du virus (Tableau 4).
Tableau 4. Antirétroviraux existants
Inhibiteurs de la transcriptase inverse |
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Inhibiteurs de protéase |
Inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) |
Inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) |
Zidovudine (AZT, ZDV) |
Névirapine (NVP) |
Saquinavir (SQV) |
Didanosine (ddI) |
Efavirenz (EFV) |
Ritonavir (RTV) |
Zalcitabine (ddC) |
Delavirdine (DLV) |
Indinavir (IDV) |
Stavudine (d4T) |
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Nelfinavir (NFV) |
Lamivudine (3TC) |
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Amprenavir (APV) |
Abacavir (ABC) |
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Lopinavir/ritonavir |
Pour le traitement au long cours de l’infection à VIH chez l’adulte et l’enfant, on ne doit utiliser la névirapine qu’en association avec d’autres antirétroviraux efficaces. Chez les patients pour lesquels une thérapie antirétrovirale est instaurée pour la première fois, l’association de névirapine avec deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) constitue un schéma thérapeutique efficace. Pour les schémas thérapeutiques initiaux à base de névirapine, on peut envisager les associations suivantes:
• névirapine/zidovudine/lamivudine;
• névirapine/stavudine/didanosine;
• névirapine/stavudine/lamivudine.
On peut également utiliser la névirapine dans un certain nombre d’associations thérapeutiques de seconde intention. Ces associations de seconde intention sont utilisées lorsque le schéma thérapeutique initial basé sur des produits appartenant aux deux autres classes de médicament se révèle inefficace ou qu’il est mal toléré.25
Les malades sous thérapie antirétrovirale comprenant la névirapine doivent faire l’objet d’une surveillance attentive à la recherche d’effets indésirables éventuels. L’effet indésirable le plus fréquent provoqué par la névirapine consiste en une éruption cutanée qui se produit chez 16% des sujets qui entament un traitement au long cours. Ce risque d’éruption secondaire au traitement par la névirapine est maximal au cours des six premières semaines de traitement et diminue par la suite. Dans la plupart des cas, l’éruption est bénigne à modérée et elle est soit spontanément résolutive, soit traitable sans interruption de la thérapie antirétrovirale.26 Les praticiens doivent se familiariser avec les fiches d’information destinées aux prescripteurs et apprendre à évaluer la gravité de l’éruption cutanée.
On a établi l’existence d’un lien entre l’administration de névirapine et d’INTI (comme la zidovudine, la didanosine et la stavudine) et certains effets toxiques sur le foie. L’anomalie la plus souvent révélée par les examens de laboratoire au cours d’une thérapie par la névirapine consiste dans une augmentation des transaminases hépatiques. Un certain nombre de cas d’hépatite patente, parfois mortelle, ont également été attribués à la thérapie par la névirapine et les INTI. D’après les résultats d’essais cliniques comparatifs portant sur divers schémas prophylactiques antirétroviraux, l’incidence des hépatites dues à la prise de névirapine est de 1%. La plupart de ces cas d’hépatite se sont produits au cours des huit premières semaines de traitement.
Tous les schémas thérapeutiques antirétroviraux sont susceptibles de sélectionner des populations virales pharmacorésistantes déjà présentes chez le malade ou d’entraîner de nouvelles mutations du virus. Toutefois, cette sélection sera vraisemblablement plus rapide dans le cas des médicaments pour lesquels la pharmacorésistance est liée à une mutation unique; il s’agit notamment de la névirapine et de la lamivudine, en particulier lorsqu’on les utilise en monothérapie. La névirapine sélectionne des mutations de pharmacorésistance d’un type analogue à celles qu’induisent les INNTI, mais qui se distinguent de celles qu’entraînent les INTI et les inhibiteurs de protéase.