• Beaucoup de choses ont été écrites sur les systèmes de financement des médicaments, beaucoup de réflexions sous-tendent ce point majeur d’une distribution équitable. La résolution sur «la stratégie pharmaceutique» adoptée par consensus le 22 mai 1999 lors de la cinquante-deuxième Assemblée mondiale démontre la volonté de l’OMS de surveiller et d’analyser les conséquences des accords commerciaux sur le secteur pharmaceutique et la santé publique privilégiant ainsi la santé sur l’économie (Résolution WHA52.19). Beaucoup d’expériences sont menées pour tenter de mettre en place des solutions alternatives; il faudrait le plus rapidement possible y intégrer les femmes. Par ailleurs, il serait souhaitable de conceptualiser avec la collaboration des femmes du terrain quelques unes des solutions qu’elles pourraient suggérer, solutions alternatives ou d’adaptation de ce qui est déjà en place. Etant les principales acheteuses de médicaments pour elles et leurs enfants (les hommes semblant s’occuper seuls d’eux mêmes), il ne fait pas de doute qu’elles puissent faire des propositions réalistes. Il est vrai qu’elles n’ont pas ou très peu d’argent, il est également vrai qu’elles veulent passionnément soigner leurs enfants, il est encore vrai qu’elles savent innover devant les difficultés et il est prouvé qu’elles remboursent leurs dettes mieux que les hommes. Le système, si répandu en Afrique, des «tontines» pourrait être étudié de ce point de vue, ou encore celui des coopératives de femmes.
• L’usage rationnel des médicaments dépend principalement d’une bonne information. De nombreuses expériences montrent que, pour les populations défavorisées, souvent analphabètes, ce sont les messages radio et les affiches simples qui sont les plus efficaces. Il serait judicieux de promouvoir des campagnes d’information destinées plus spécialement au public féminin qui passe de longues heures dans les centres de santé lesquels, malheureusement, n’offrent que très rarement quelque chose à entendre ou à voir. Cependant, ces messages devraient être composés avec soin car «le récepteur ne reçoit pas passivement le sens, il le reconstruit en fonction de contextes, de contraintes et de stratégies multiples. Autour d’un message s’opèrent des interactions et des négociations incessantes. L’acteur social ‘de base’ si démuni ou dominé soit-il, n’est jamais un récipiendaire qui n’aurait le choix qu’entre soumission et révolte» (de Sardan, 1990). Si les femmes sont les premières utilisatrices de médicaments, si les femmes sont pauvres mais savent, par obligation, gérer leur budget, elles seraient certainement intéressées à entendre des informations bien faites sur les avantages médicaux ainsi que financiers, des médicaments essentiels et à s’efforcer d’en tirer profit. Sur un autre plan, les femmes forment souvent des groupes ou des associations qui pourraient constituer des groupes cibles et, pourquoi pas, des groupes de pression. Savoir inclure les femmes dans la réflexion, l’élaboration des projets, ne peut déboucher que sur une efficacité accrue. Il serait donc très important d’élaborer, avec des groupes de femmes, quelques campagnes d’information/sensibilisation, de les expérimenter et d’en comparer les résultats avec celles qui sont conçues sans elles.