• Prendre les mesures nécessaires, à l’échelle internationale et nationale pour qu’un certain nombre de statistiques ayant trait à la santé et aux médicaments soient désagrégées par sexe; ce type de données est absolument nécessaire pour valider les connaissances que ce soit par pays ou que ce soit dans une optique comparative. Ces données ne peuvent non plus être ignorées d’un point de vue scientifique ou dans le contexte de mondialisation actuel.
• S’efforcer d’obtenir des partenaires avec lesquels l’OMS entretient des relations de travail - qu’ils soient internationaux, régionaux, nationaux, non gouvernementaux, que ce soit dans le cadre de structures fixes ou non, comme par exemple lors d’ateliers - qu’ils veillent à ce que les femmes soient représentées dans les différentes instances selon le principe de la parité; ce principe ayant été réaffirmé par le nouveau Directeur-général de l’OMS. Cette nécessité de la parité doit être également respectée dans les différentes structures de terrain, comme les comités de commune par exemple. Il faut en effet que les femmes puissent participer en exprimant leurs points de vue et leurs besoins à tous les niveaux de l’élaboration et de la mise en place des politiques de réformes de santé et des politiques de médicaments essentiels; cela implique par ailleurs de prévoir des mécanismes permettant à l’information de circuler entre la base et le sommet. La situation actuelle où les femmes agissent à l’échelon local sans qu’on entende leur voix à l’échelle locale ou macro-économique doit cesser si l’on veut réellement que la prééminence et le pouvoir masculins soient partagés de façon plus juste. De plus, et cette condition est importante, les femmes doivent être non seulement présentes dans les instances de réflexion, mais elles doivent y être en nombre suffisant pour que les hommes puissent abandonner la «surdité culturelle» avec laquelle ils protègent leur pouvoir.
• Le mauvais état de santé des femmes et des hommes n’est pas seulement dû à des causes cliniques, il faut y ajouter tous les problèmes liés à l’accès aux médicaments, les conditions de vie désastreuses et une pauvreté endémique. On a donné quelques exemples de l’interrelation des facteurs qui rendent compte, dans certains cas, des problèmes spécifiques des femmes et de leurs relations aux médicaments. Même si vouloir remédier à cette situation représente une gageure, il faut essayer. Avant de faire quelques propositions, soulignons que nombreux sont ceux et celles qui critiquent vivement le manque de coordination et de collaboration, sur le terrain, entre donateurs internationaux, mais aussi entre ces derniers et les décideurs nationaux. Il n’est pas lieu ici d’analyser les raisons de ces cloisonnements, préjudiciables en premier lieu aux populations; on doit seulement noter que le fonctionnement par projet, dont tout le monde se plaint également, renforce gravement ces dysfonctionnements, permet les malversations et les phénomènes de corruption.
Ce qui est écrit ne représente évidemment qu’une ébauche de la coordination des actions à mettre en œuvre.