Les abeilles, les guêpes, les frelons et les fourmis appartiennent à l'ordre des hyménoptères. Leur piqûre détermine souvent une réaction locale intense et douloureuse. Chez les sujets précédemment sensibilisés, il existe un risque d'anaphylaxie de sévérité variable, allant d'un prurit et d'une urticaire modérés à un choc anaphylactique engageant le pronostic vital qui associe une forte hypotension à une fuite du liquide intravasculaire, à une broncho-constriction et à un angio-œdème du larynx.
Prise en charge
Quand le dard est resté planté dans la peau, il faut le retirer soigneusement avec une aiguille ou une lame de couteau. L'application locale d'une lotion de calamine peut entraîner une amélioration symptomatique. En cas de réactions locales intenses, un certain soulagement est obtenu par le refroidissement de la zone atteinte. On peut administrer des antihistaminiques et des analgésiques généraux pour calmer le prurit ou la douleur. L'intérêt des antihistaminiques locaux n'est pas démontré. Les corticostéroïdes par voie générale peuvent convenir en présence d'effets secondaires graves. Le risque de réactions générales est particulièrement important en cas de piqûres multiples simultanées; le patient doit alors, dans toute la mesure du possible, être vu et gardé en observation dans un hôpital ou une antenne médicale.
Devant une personne qui s'évanouit ou se plaint d'étourdissements, d'anxiété ou de faiblesse extrême et qui présente un prurit généralisé ou éprouve une sensation de constriction thoracique une heure environ après avoir été piquée par un insecte, il faut admettre qu'il s'agit d'un choc anaphylactique et instaurer le traitement correspondant. Dans tous ces cas, on administrera immédiatement 0,5-1,0 ml d'épinéphrine (adrénaline) en solution à 1:1000 par voie intramusculaire. Ce traitement favorise la bronchodilatation et la vasoconstriction et exerce un effet stimulant sur le cœur. Il peut également réduire la libération d'histamine et d'autres substances vaso-actives dans la circulation, en stabilisant la membrane extérieure des mastocytes. A noter qu'il existe un fort risque de troubles du rythme cardiaque et d'hypertension si l'on administre plus de 2 ml d'épinéphrine en 5 minutes. Quand la réaction à l'épinéphrine est transitoire, il faut envisager l'utilisation d'un liquide de remplissage vasculaire. L'administration i.v. de corticoïdes est à exclure au départ, mais elle est possible après l'utilisation d'épinéphrine pour obtenir la stabilisation initiale. Il n'est pas vraiment prouvé que les antihistaminiques présentent un intérêt thérapeutique quand le choc anaphylactique est installé. Dans l'éventualité d'un arrêt cardiaque ou pulmonaire, il faut mettre en route la réanimation cardio-pulmonaire classique.