Comprimés à 5 mg
Poudre pour usage parentéral à 10 mg, 25 mg (sous forme de phosphate ou de succinate de sodium), en flacon
Généralités
La prednisolone est un glucocorticoïde de synthèse ayant également une faible activité minéralocorticoïde. Son action thérapeutique s'explique par l'inhibition de l'accumulation des macrophages, la diminution de la perméabilité des capillaires et la réduction de la prolifération des fibroblastes et du dépôt de collagène. Bien absorbée par la muqueuse digestive, elle se fixe massivement aux protéines et a une demi-vie plasmatique d'environ 8 heures.
Données cliniques
Indications
• Pemphigoïde bulleuse et pemphigus.
• Dermatite exfoliatrice.
• Dermite de contact et dermatite atopique sévères.
• Lichen plan sévère.
Posologie et administration
Toutes les doses indiquées conviennent pour l'adulte et pour l'enfant. Il faut utiliser les plus faibles doses assurant une réponse thérapeutique acceptable. La posologie dépend de la nature et de la gravité de la maladie et de l'efficacité du traitement. L'administration d'une dose quotidienne unique, tôt le matin, permet de réduire les effets secondaires.
Pemphigoïde bulleuse et pemphigus:
Le traitement d'attaque est de 1-2 mg/kg/j. En l'absence d'un effet rapide, augmenter progressivement la posologie jusqu'à 5 mg/kg. Une fois la stabilisation obtenue, il faut réduire peu à peu les doses pour les ramener au plus faible niveau assurant une rémission durable.
Dermatite exfoliatrice, lichen plan sévère, dermite de contact et dermatite atopique sévères:
Une dose quotidienne de 10-30 mg suffit habituellement. Pour la dermite de contact, on peut administrer la prednisolone par voie orale à doses filées, sur une durée de 2 semaines.
En cas de traitement prolongé, il faut parfois augmenter les doses temporairement pendant les périodes de stress ou d'excerbation aiguë de la maladie.
Le sevrage médicamenteux doit être progressif de façon à éviter une insuffisance surrénale. Après un traitement prolongé, la diminution de la dose doit parfois être limitée à 1 mg par mois seulement.
Contre-indications
• Antécédents d'hypersensibilité aux corticoïdes.
• Sauf si le pronostic vital est mis en cause, ne pas utiliser la prednisolone chez un sujet atteint d'infection bactérienne, virale ou fongique en évolution.
Précautions d'emploi
Le patient doit comprendre l'importance qu'il y a à respecter strictement la prescription.
En cas de traitement au long cours, une surveillance médicale rigoureuse s'impose. Il faut contrôler régulièrement le poids corporel, la tension artérielle, l'équilibre hydroélectrolitique et la glycémie. Des douleurs osseuses, plus particulièrement des dorsalgies, peuvent être un signe d'ostéoporose.
La réponse de l'axe hypophyse-surrénal au stress est affaiblie et peut le rester de longs mois après l'arrêt du traitement médicamenteux. La survenue d'une infection au cours de cette période peut nécessiter le rétablissement temporaire du traitement par la prednisolone.
Devant une d'urgence chirurgicale et en cas de traitement de longue durée, en cours ou récent, par la prednisolone, il faut administrer de l'hydrocortisone par voie parentérale, selon le schéma suivant:
• 200 mg i.m. avec la prémédication;
• 100 mg en perfusion i.v. dans 500 ml de soluté physiologique au cours de l'intervention;
• 100 mg i.m. toutes les 6 heures pendant 72 heures.
Pour une intervention chirurgicale mineure, on administrera 100 mg d'hydrocortisone i.m. juste avant, puis après l'intervention.
Les corticoïdes généraux sont à réserver strictement aux formes graves chez des patients atteints de diabète, tuberculose, ulcère gastroduodenal, hypertension, glaucome, épilepsie, troubles mentaux ou psoriasis antérieurs. En cas de tuberculose ancienne, la corticothérapie au long cours se fera sous couverture antibiotique.
Les enfants mis sous corticoïdes doivent recevoir des gammaglobulines s'ils sont exposés à une infection virale de l'enfance vis-à-vis de laquelle ils ne sont pas encore immunisés. Les vaccins à virus vivants sont à exclure. Quand le traitement se prolonge au-delà de 6 mois chez un enfant, il faut utiliser un schéma intermittent afin de réduire le risque d'un retard de croissance.
Grossesse
Les corticoïdes généraux sont à proscrire chez la femme enceinte sauf si l'intérêt de celle-ci l'emporte sur le risque de lésions fœtales. Le développement surrénalien peut être perturbé, et l'on a décrit des cas d'anomalies fœtales, notamment de fente palatine, particulièrement avec les composés fluorés. Les doses doivent être maintenues au plus faible niveau possible.
Effets indésirables
Les effets indésirables sont fonction de la posologie et de la durée du traitement.
Les doses supérieures à 20 mg/j ont un effet immunodépresseur. Les infections chez un sujet sous corticoïdes comportent un risque d'évolution fatale en l'absence d'un traitement efficace. Une tuberculose quiescente peut être réactivée.
Un traitement au long cours à des doses supérieures aux besoins physiologiques normaux (environ 10 mg par jour) comporte de très nombreux risques:
• retard de croissance chez l'enfant, qui peut être évité par l'administration de corticotrophine et l'adoption d'un schéma alterné, 1 jour sur 2;
• manifestations d'hypercorticisme: faciès lunaire, acné, ecchymoses, vergetures abdominales, obésité tronculaire, fonte musculaire, hypertension et, chez la femme, aménorrhée et hirsutisme;
• ostéoporose du rachis et tassements vertébraux qui peuvent être freinés par l'administration de suppléments de calcium et de petites doses de vitamine D;
• ostéonécrose aseptique, particulièrement des têtes fémorales;
• cataracte sous-capsulaire et glaucome;
• développement ou aggravation d'un ulcère digestif;
• diabète sucré;
• dépression et psychose, comportant un risque de suicide;
• hypertension intracrânienne et convulsions, particulièrement chez l'enfant;
• hypercoagulabilité;
• retard de la cicatrisation;
• myopathie, caractérisée par la faiblesse de la musculature proximale des membres supérieurs et inférieurs.
Un psoriasis peut être gravement exacerbé en cas de sevrage brutal au terme d'une corticothérapie par voie générale.
Interactions médicamenteuses
Des inducteurs des enzymes hépatiques comme le phénobarbital, la phénytoïne et la rifampicine, peuvent accélérer le métabolisme de la prednisolone.
La réponse aux anticoagulants oraux peut être modifiée. Si l'inhibition constitue la règle, on a rapporté des cas isolés de potentialisation.
L'administration concomitante d'acide acétylsalicylique ou d'anti-inflammatoires non stéroïdiens peut accroître l'incidence des ulcérations gastro-intestinales.
Le risque d'hypokaliémie est majoré par l'administration simultanée de diurétiques qui inhibent la réabsorption du potassium.
Surdosage
Il est peu probable que l'administration d'une dose massive unique puisse entraîner des séquelles graves.
La prise en charge symptomatique des effets indésirables d'un traitement prolongé est indispensable.
Conditions de conservation
Conserver les comprimés dans des récipients bien fermés. Les flacons doivent être protégés de la lumière et mis à l'abri du gel.