Il est souvent difficile d’obtenir des données sur le nombre de points de distribution privés dans les pays. D’après les données et, à défaut, d’après les renseignements partiels dont on dispose, la majeure partie de la vente au détail, dans les pays à faible revenu notamment, serait assurée par le secteur privé: c’est lui qui a le plus gros volume de ventes et le plus grand nombre de points de distribution.
En 1994, on estimait à 290 et à 150 respectivement le nombre de pharmacies privées au Kenya et en Zambie [15,16]. Cependant, ces chiffres ne prennent en compte que les vendeurs agréés de médicaments délivrés sur ordonnance. Les «drogueries», les magasins qui vendent des médicaments et les vendeurs de rues sont en fait bien plus nombreux et vendent souvent des médicaments délivrés sur ordonnance, mais ils échappent complètement aux systèmes d’information du Ministère de la Santé.
On trouvera dans l’encadré 4 des données sur la place qu’occupent les secteurs public et privé sur les marchés de détail et de gros dans les nouveaux Etats indépendants. Cependant, ces chiffres excluent dans une certaine mesure les vendeurs de médicaments non agréés.
Quand on compare les systèmes public et privé de distribution des médicaments, il faut s’intéresser tout particulièrement à la couverture géographique. Dans les pays à faible revenu où la topographie est source de difficultés, où la population est dispersée et où il y a relativement peu de pharmaciens qualifiés, les filières de distribution privées officielles approvisionnent de préférence les quelques centres urbains. C’est le cas dans de nombreux pays d’Afrique. Par exemple, 47% des pharmacies du Kenya se trouvent à Nairobi, et 71% sont situées dans trois provinces riches [15]. La situation est la même dans certains pays d’Asie, par exemple au Népal ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
En dehors des filières de distribution officielles, il arrive que les médicaments soient en grande partie distribués par des magasins, par différents types de vendeurs et par d’autres filières informelles. Cependant, la gamme, la qualité et les conditions de stockage des médicaments distribués par ce canal sont très variables.
Les systèmes de santé publics ont pour objectif de dispenser des soins de santé primaires, médicaments essentiels compris, dans toutes les régions du pays. En pratique, des problèmes financiers, logistiques, politiques, etc. font que, dans certains pays, l’offre de médicaments essentiels est insuffisante. Ce sont souvent les zones reculées qui connaissent les plus graves pénuries.