Actuellement, moins de 5% des personnes qui ont besoin d’ARV peuvent avoir accès à ces médicaments quand les ressources sont limitées. D’après l’OMS, trois millions au moins de personnes nécessitant des soins devraient pouvoir les obtenir d’ici 2005, ce qui représenterait une multiplication par plus de dix de l’accès aux médicaments.
Ces recommandations ont pour objectif d’aider et de faciliter la gestion et le développement du traitement antirétroviral dans les prochaines années grâce à une démarche de type santé publique qui consiste essentiellement à:
1) développer les programmes de traitement antirétroviral pour répondre aux besoins des personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les situations où les ressources sont limitées;
2) standardiser et simplifier les schémas thérapeutiques antirétroviraux pour permettre une mise en œuvre efficace des programmes de traitement;
3) veiller à ce que les programmes de traitement antirétroviral s’appuient sur les données scientifiques les meilleures, pour éviter l’utilisation de protocoles thérapeutiques de faible qualité qui, à l’échelon individuel, compromettent l’issue du traitement, et, à l’échelle de la population, créent un risque d’émergence de virus pharmacorésistants.
Si l’on espère que cette publication sera utile aux cliniciens placés en situation de ressources limitées, on la destine principalement aux conseillers techniques des programmes, aux responsables des programmes nationaux de lutte contre le SIDA et aux autres dirigeants participant à la planification des stratégies nationales et internationales de soins contre l’infection à VIH connaissant ces mêmes situations. Ces recommandations se veulent un guide pour codifier le choix des schémas thérapeutiques antirétroviraux dont l’activité et la faisabilité sont maximales et pour pouvoir les utiliser dans le cadre d’une réponse nationale de grande ampleur. Il s’agit de standardiser et de simplifier le traitement antirétroviral, comme cela a été fait pour le traitement antituberculeux des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose, en tenant compte de la relative complexité du traitement contre le VIH. On trouvera donc exposés différents schémas thérapeutiques de première et de deuxième intention, compte tenu des besoins des systèmes de santé souvent dépourvus de ressources humaines suffisantes et de moyens de surveillance sophistiqués, et sans compromettre la qualité et l’issue des traitement proposés.
Les questions traitées dans ces recommandations sont: quand débuter le traitement antirétroviral, avec quels schémas thérapeutiques, pourquoi changer de traitement antirétroviral et quel schéma thérapeutique suivre si le traitement doit être modifié. La surveillance du traitement est également examinée et traite notamment des effets secondaires des antirétroviraux; des recommandations spécifiques destinées à certains groupes de patients sont en outre formulées.