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Etude de cas - ONG utilisant des documents qualitatifs et quantitatifs pour améliorer les traitements
Le Dr Ahmed était perplexe. Il écoutait quelqu'un qui, dans une réunion, parlait de douleur et de VIH/SIDA. L'orateur expliquait que les personnes vivant avec le VIH/SIDA souffrent souvent de douleurs qui ne sont ni diagnostiquées, ni traitées et dont les agents de santé ne tiennent aucun compte.
Pendant la pause, le Dr Ahmed a parlé à d'autres personnes, y compris un médecin de l'hôpital des cancéreux, qui avait également commencé à soigner des personnes atteintes de VIH/SIDA. Ce médecin a confirmé ce que l'orateur avait dit, tout au moins selon sa propre expérience limitée; certains de ses malades atteints de VIH/SIDA, qui semblaient simplement déprimés ou tristes, s'étaient montrés plus animés et mieux à même de communiquer après qu'il leur eut prescrit des analgésiques.
De retour à son dispensaire, le Dr Ahmed s'est demandé s'il n'avait pas, lui aussi, mal compris la douleur de ses malades atteints de VIH/SIDA. Dans le cadre de son travail de soutien à plusieurs infirmières communautaires, il a décidé d'organiser une réunion avec elles. Ils ont ainsi décidé d'être plus attentifs et de demander aux malades du SIDA de leur parler de leurs douleurs, afin de mieux comprendre ce qu'il conviendrait de faire - une approche qualitative. Ils ont aussi tenu des dossiers simples, utilisant une liste d'analgésiques et notant la quantité de chaque médicament distribué et le nombre de malades bénéficiaires.
Cette activité simple de recherche à la fois qualitative et quantitative a révélé que, bien que de nombreuses personnes vivant avec le VIH/SIDA indiquaient souffrir de douleurs, nombre d'entre elles estimaient qu'elles devaient simplement les supporter et ne demandaient pas d'en être soulagées. Mais elle a aussi révélé que certains patients souffraient de douleurs trop intenses pour les analgésiques légers que les infirmières étaient autorisées à distribuer. Même la codéine, pour les douleurs modérées, n'était pas offerte car la réglementation interdisait aux infirmières de la prescrire. La morphine n'était absolument pas autorisée, sauf dans certains hôpitaux spécialisés.
Le Dr Ahmed a parlé à d'autres médecins s'occupant de VIH/SIDA et ensemble, ils ont négocié avec les autorités et leur ont présenté les informations recueillies avec les infirmières. Après un complément de recherche, la réglementation a été modifiée pour permettre aux infirmières communautaires de prescrire de la codéine, avec l'encadre-ment strict du médecin et l'enregistrement de l'utilisation dans un dossier spécial.
Les médecins et les infirmières ont en outre recommandé que des médecins communautaires spécialement autorisés puissent prescrire et dispenser de la morphine en comprimés ou en sirop aux malades souffrant de fortes douleurs. En fin de compte, les responsables du gouvernement et les médecins spécialistes ont été suffisamment convaincus pour autoriser un projet pilote sur l'atténuation de la douleur pendant une période limitée.
Là encore, la récolte d'information qualitative et quantitative a confirmé que la morphine était réellement nécessaire, que des quantités correctes de médicaments étaient utilisées et qu'aucun médicament n'était utilisé de manière abusive ou détourné pour un usage illicite par des toxicomanes. De nouvelles lois ont été formulées concernant l'usage médical de la morphine et un programme de formation a été mis en place, sur la base des recommandations de l'OMS, pour améliorer les connaissances des médecins et du personnel infirmier en matière de maîtrise de la douleur.
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