Bien prescrire les médicaments - Guide pratique
(1994; 146 pages) [English] [Spanish] Ver el documento en el formato PDF
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Cerrar esta carpetaSection 2: Comment choisir ses médicaments de prédilection
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Ver el documentoChapitre 3. Choix d’un médicament de prédilection: l’exemple de l’angine de poitrine
Abrir esta carpeta y ver su contenidoChapitre 4. Recommandations pour le choix des médicaments de prédilection
Ver el documentoChapitre 5. Médicament de prédilection et traitement de prédilection
Abrir esta carpeta y ver su contenidoSection 3: Comment traiter ses patients
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Chapitre 5. Médicament de prédilection et traitement de prédilection

On ne recourt pas à la pharmacothérapie pour toutes les maladies. Comme on l’a vu au chapitre 1, un traitement peut consister à prodiguer des conseils et à renseigner, à faire appel à des moyens non pharmaceutiques, à prescrire des médicaments, à orienter le patient vers d’autres services ou praticiens, ou encore à combiner plusieurs de ces approches. Pour ne pas perdre de vue qu’il est souvent possible et souhaitable de traiter sans l’aide de médicaments, il faut absolument répertorier l’ensemble des solutions thérapeutiques et ne jamais conclure hâtivement qu’un médicament de prédilection doit absolument être prescrit. Quand on compare diverses possibilités de traitement, tout comme lorsqu’on choisit des médicaments de prédilection, on doit s’appuyer sur les critères d’efficacité, de sécurité, d’adéquation et de coût. Les exemples proposés ici illustrent concrètement ce propos.

Exercice

Répertoriez toutes les solutions thérapeutiques efficaces et sûres pour ces cas cliniques courants que sont la constipation, une diarrhée aiguë accompagnée de déshydratation bénigne chez un nourrisson et une plaie superficielle. Choisissez ensuite un traitement de prédilection pour chacun d’entre eux. Des solutions sont suggérées et discutées plus loin.

Constipation

On admet en général qu’il y a constipation lorsque, depuis une semaine au moins, le patient n’a pas eu de selles. On peut traiter la constipation comme suit:

Conseils et renseignements:

Boire abondamment, manger des fruits et des aliments riches en fibres. N’aller à la selle que si l’on en ressent le besoin. Ne pas tenter de forcer la défécation. Rassurer le patient en lui faisant valoir que rien n’indique une maladie grave.

Traitement non médicamenteux:

Exercice physique.

Traitement médicamenteux:

Laxatif (votre médicament de prédilection).

Orientation-recours:

Non indiquée.

Les conseils et un traitement non médicamenteux suffiront souvent à résoudre le problème. En raison de l’épuisement de leur effet, les laxatifs ne sont efficaces que brièvement. On peut arriver à en faire un usage immodéré entraînant même parfois des perturbations électrolytiques. Votre principale stratégie de traitement, c’est-à-dire votre traitement de prédilection, doit donc être de conseiller le patient et non de prescrire des médicaments. S’il s’agit d’une constipation grave (et passagère), vous pourrez prescrire votre médicament de prédilection, à savoir, par exemple, des comprimés de séné pendant quelques jours. Si le mal persiste, il faudra envisager d’autres examens pour s’assurer qu’on n’est pas en présence d’un carcinome du côlon, etc.

Diarrhée aiguë accompagnée de déshydratation bénigne chez un nourrisson

Lorsqu’un nourrisson est affecté d’une diarrhée aiguë s’accompagnant d’une déshydratation bénigne, le traitement vise avant tout, d’une part à empêcher l’aggravation de la déshydratation, et d’autre part à réhydrater. Il ne s’agit pas de tenter de soigner l’infection. On peut pour cela:

Conseils et renseignements:

Continuer d’allaiter l’enfant et de le nourrir comme d’habitude; surveiller attentivement son état.

Traitement non médicamenteux:

Donner abondamment à boire (eau dans laquelle a bouilli du riz; solution «maison» à base de sel et de sucre; jus de fruits).

Traitement médicamenteux:

Solution de sels de réhydratation par voie orale administrée par la bouche ou par sonde nasale.

Orientation-recours:

Inutile.

Vos conseils permettront d’éviter l’aggravation de la déshydratation, sans toutefois la soigner; pour compenser les pertes d’eau et d’électrolytes, on devra donner au nourrisson des liquides appropriés et des sels de réhydratation par voie orale. On n’a pas mentionné le métronidazole ou des antibiotiques tels que le cotrimoxazole ou l’ampicilline parce qu’ils sont inefficaces contre une diarrhée aqueuse. Les antibiotiques ne sont indiqués qu’en présence de diarrhée sanglante ou visqueuse, affection beaucoup moins fréquente que la diarrhée aqueuse. Quant au métronidazole, on s’en sert surtout quand un diagnostic d’amibiase est confirmé. Les antidiarrhéiques tels que le lopéramide et le diphénoxylate ne sont pas non plus indiqués, notamment chez l’enfant: ils masquent la perte continue de liquide organique par les intestins et peuvent donner l’illusion d’un traitement efficace.

Votre traitement de prédilection sera donc le suivant: conseiller de continuer l’alimentation et de donner à boire abondamment, notamment des solutions «maison» à base soit de sel et de sucre soit de sels de réhydratation orale, conformément aux recommandations nationales en matière de traitement; surveiller attentivement le nourrisson.

Plaie superficielle

En présence d’une plaie, l’objectif thérapeutique est de favoriser la guérison et de prévenir l’infection. On peut à cet effet:

Conseils et renseignements:

Inspecter fréquemment la plaie; revenir à la consultation si elle s’infecte ou si l’on a de la température.

Traitement non médicamenteux:

Nettoyer et panser la plaie.

Traitement médicamenteux:

Prophylaxie antitétanique. Antibiotiques (par voie générale ou en application locale).

Orientation-recours:

Inutile.

Il y a lieu de nettoyer et de panser la plaie, et, vraisemblablement, de prendre des mesures antitétaniques. Il faut indiquer au patient à quels signes il peut détecter une infection et l’inviter à revenir immédiatement si cela se produit. Il n’est jamais indiqué d’appliquer des antibiotiques sur une plaie, parce qu’ils pénètrent mal et qu’ils font courir un risque de sensibilisation. Les antibiotiques par voie générale sont rarement indiqués à titre prophylactique, sauf pour certains cas bien précis tels que la chirurgie digestive. Ils ne préviennent pas l’infection, car les tissus lésés sont peu perméables, tandis que le médicament peut exercer des effets secondaires graves (allergie, diarrhées, etc.) et induire une antibiorésistance.

Pour une plaie superficielle, votre traitement de prédilection sera donc de la nettoyer et de la panser, d’administrer une prophylaxie antitétanique et de conseiller au patient de la surveiller régulièrement. N’administrez aucun médicament.

Conclusion

Les trois exemples qu’on vient de voir montrent que pour diverses affections courantes, le traitement de prédilection se passe souvent de tout médicament. Il arrive fréquemment que les conseils et les renseignements suffisent, par exemple en cas de constipation. Pour traiter une diarrhée aqueuse aiguë, il est essentiel de conseiller de compenser les pertes liquidiennes et de favoriser la réhydratation plutôt que de prescrire des antidiarrhéiques ou des antibiotiques. Enfin, une plaie devrait être nettoyée et pansée, et l’on n’administrera pas d’antibiotiques.

Pour les cas plus graves, tels qu’une constipation persistante, une déshydratation grave chez un nourrisson ou une plaie profonde, il se peut que l’orientation vers un autre praticien ou un établissement - et non le recours à des médicaments «plus forts» - soit la bonne solution. En conséquence, l’orientation du patient peut également constituer votre traitement de prédilection, par exemple lorsqu’il n’y a aucun moyen pour procéder à des examens complémentaires ou prodiguer des soins plus poussés.

 

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Última actualización: le 3 mayo 2013