Stratégie pharmaceutique de l'OMS: Cadre d'action pour les médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques, 2000-2003
(2000; 70 pages) [English] Ver el documento en el formato PDF
Índice de contenido
Ver el documentoRemerciements
Ver el documentoAbréviations, sigles & régions de l’OMS
Ver el documentoGrandes lignes de la Stratégie pharmaceutique de l’OMS: 2000-2003
Cerrar esta carpetaChapitre 1 - L’impact des médicaments essentiels
Ver el documento1.1 Des progrès considérables ont été accomplis
Ver el documento1.2 Programme inachevé et défis nouveaux
Abrir esta carpeta y ver su contenidoChapitre 2 - Orientations stratégiques
Ver el documentoChapitre 3 - Fonctions principales - Améliorer la santé par la diffusion des connaissances, la sensibilisation et l’établissement de partenariats
Abrir esta carpeta y ver su contenidoChapitre 4 - Travail dans les pays - Pourquoi et comment?
Abrir esta carpeta y ver su contenidoChapitre 5 - Cadre d’action: Objectifs et résultats escomptés pour 2000-2003
Abrir esta carpeta y ver su contenidoChapitre 6 - Surveillance - Des progrès accomplis
Ver el documentoRéférences et notes
 

1.2 Programme inachevé et défis nouveaux

Il faut cependant déplorer que l’amélioration des soins de santé n’ait pas bénéficié à tous dans la même mesure. Quelque 50 millions de personnes meurent chaque année dans le monde. Dix millions de ces décès (20%) sont dus à quelques maladies transmissibles courantes - infections respiratoires aiguës, maladies diarrhéiques, tuberculose et paludisme. Dix autres millions de décès sont dus chaque année à deux types principaux de maladies non transmissibles: les cardiopathies ischémiques et les maladies cérébro-vasculaires.9 Ces maladies affectent essentiellement les populations démunies: chez elles, 60% des décès sont imputables aux maladies transmissibles courantes et 30% à des maladies non transmissibles.10 Aussi, malgré un accès sensiblement accru, en chiffres absolus, aux médicaments essentiels, plus du tiers de la population mondiale est encore privé de cet accès, et paie un lourd tribut en termes de morbidité et de mortalité.

 

«En dépit de la longue liste de succès enregistrés dans le domaine de la santé au cours du XXe siècle, le bilan est alourdi par la charge inacceptable de la maladie et de la malnutrition que continuent de supporter les populations défavorisées du monde.»

Rapport sur la santé dans le monde 1999.2

 

Dans les zones les plus pauvres de l’Afrique et de l’Asie, le tableau est encore plus sombre, avec plus de 50% de la population sans aucun accès aux médicaments essentiels les plus fondamentaux. Entre autres facteurs entravant les efforts faits pour améliorer la situation figurent la pauvreté, les maladies émergentes récentes et le prix élevé des médicaments essentiels récemment mis au point.11

La mauvaise qualité des médicaments est un autre problème majeur.12 En effet, malgré la rigueur accrue des normes mondiales applicables à la qualité des médicaments, la qualité des médicaments commercialisés est en fait inadéquate dans de nombreux pays. Des enquêtes effectuées dans un certain nombre de pays en développement montrent que de 10 à 20% des médicaments testés ne répondent pas aux normes de qualité.13 Cela est dû en partie à l’insuffisance de la capacité de réglementation pharmaceutique. On estime que moins d’un pays sur trois dispose d’autorités de réglementation pharmaceutique opérationnelles. Un autre facteur responsable est la non-application des Bonnes pratiques de fabrication, d’où l’existence de produits toxiques (BPF), voire mortels. Entre-temps, la mondialisation du marché des produits pharmaceutiques pose des défis pour l’assurance de la qualité dans le monde.

Les problèmes de qualité concernent également la médecine traditionnelle. Dans les pays en développement, jusqu’à 80% de la population recourent à la médecine traditionnelle. Non seulement cette médecine est d’un coût abordable mais elle est également largement disponible et bénéficie d’une large confiance. Dans les pays industrialisés, la médecine traditionnelle et complémentaire a toujours occupé une place secondaire par rapport à la pratique de la médecine occidentale moderne mais on observe actuellement une montée rapide de sa popularité. Toutefois, l’efficacité de la médecine traditionnelle - quel que soit l’endroit où elle est pratiquée - reste en grande partie à démontrer scientifiquement et la pratique de la médecine traditionnelle échappe souvent à toute réglementation.

L’usage irrationnel des médicaments demeure également très répandu malgré les progrès accomplis concernant le choix des médicaments, les informations thérapeutiques et la formation. C’est ainsi que jusqu’à 75% des antibiotiques sont prescrits à mauvais escient, même dans les hôpitaux universitaires.14 Cela favorise la progression de la résistance aux antimicrobiens, notamment contre les principales maladies infectieuses telles que les suivantes: diarrhée bactérienne, infections gonococciques, paludisme, pneumonie et tuberculose. Les médicaments de deuxième intention, plus actifs et récents, coûtent d’ordinaire de 3 à 10 fois plus cher que les médicaments de première intention. Ils coûtent parfois de 50 à 90 fois plus cher, comme dans le cas de la tuberculose polychimiorésistante. Dans les pays plus pauvres, même les traitements antibiotiques de première intention peuvent être financièrement inaccessibles aux malades. En fait, 90% des clients dans ces pays n’achètent des antibiotiques que pour trois jours de traitement ou moins.15, 16 D’autres problèmes liés à l’usage irrationnel des médicaments tiennent au peu de temps consacré à la délivrance des médicaments - pas plus de 15 à 80 secondes en moyenne dans certains endroits, et quasiment rien pour les conseils.17 Dans l’ensemble du monde, 50% seulement des malades prennent leurs médicaments correctement.18

En résumé, il est important que la présente Stratégie pharmaceutique soit appliquée efficacement et rapidement pour permettre au secteur pharmaceutique de mener à bien son programme inachevé et de relever les nouveaux défis qui se posent au début du XXIe siècle. La présente stratégie, en faisant le point des tâches restantes, en proposant un cadre d’action à tous les partenaires et en définissant des indicateurs propres à mesurer les progrès, vise à rendre le travail moins ardu.

 

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Última actualización: le 24 abril 2012