Le secteur pharmaceutique privé commercial au Maroc - Dynamique de développement et effets sur l'accessibilité des médicaments - Série de recherche, No. 21
(1997; 56 pages) Ver el documento en el formato PDF
Índice de contenido
Ver el documentoRésumé
Ver el documentoIntroduction
Abrir esta carpeta y ver su contenidoPremière partie: Contexte socio-économique et situation sanitaire
Cerrar esta carpetaDeuxième partie: Organisation générale et évolution du secteur pharmaceutique privé
Ver el documento1. Cadre juridique du secteur pharmaceutique
Ver el documento2. La production pharmaceutique
Ver el documento3. L'importation et la distribution de gros
Ver el documento4. La distribution de détail
Ver el documento5. Conclusion
Abrir esta carpeta y ver su contenidoTroisième partie: Apports du secteur privé: disponibilité des médicaments et accessibilité financière
Ver el documentoConclusion générale
Ver el documentoBibliographie
Ver el documentoCouverture Arrière
 

2. La production pharmaceutique

Le marché pharmaceutique marocain est estimé, en 1995, à 4 428 201 millions de dirhams en prix publics. Après une progression constante, il semble connaître, ces dernières années, un ralentissement, et même une légère régression en 1995 (- 6,9% en 1995 par rapport à 1994).


Graphique n°2: Evolution du marché pharamaceutique en millions de dirhams et en prix publics, 1990-1995

Source: Espérance médicale, tome 3, n°17, février 1996

La production locale est assurée par vingt-six laboratoires pharmaceutiques privés (18 en 1988, 26 en 1995), le plus souvent sous le nom des spécialités originales. Plus de 90% des produits sont en effet fabriqués sous licence.

Dix laboratoires réalisent près de 80% de la production totale. Ces laboratoires sont en général à capitaux étrangers.

Tableau 6: Les dix premiers laboratoires au Maroc en 1995

Dénomination

Part de marché en %

Maphar

20,0

Roussel Diamant

11,0

Polymedic

10,0

Laprophan

9,5

Cooper

7,7

Rhone-Poulenc-Rorer

7,3

Roche

4,7

Sothema

4,3

Synthemedic

4,1

Pfizer

3,4

Source: Espérance médicale, op. cit.

Il s'agit donc d'une industrie relativement concentrée. Une autre grande caractéristique concerne le niveau d'autonomie de la production. L'industrie marocaine du médicament est surtout une industrie de formulation et de conditionnement. L'activité des entreprises est étroitement dépendante de l'importation de matières actives (près de 100%), et d'articles de conditionnement (près de 50%).

Sa production est surtout constituée de spécialités originales, les génériques occupant une faible part du marché (entre 15 et 18% en 1994-1995).

Il faut enfin souligner que cette industrie commence, depuis le milieu des années 80, à exporter en direction de certains pays européens, arabes et africains. Ces exportations restent cependant d'un niveau modeste.

Tableau 7: Exportations de produits pharmaceutiques en millions de dirhams

1988

1989

1990

1991

1992

53

77

188

150

164

Source: Annuaire statistique, 1993

Les limites actuelles au développement de l'industrie pharmaceutique sont de plusieurs ordres:

• La plus forte est liée à l'étroitesse du marché, et à la faible croissance de la demande solvable.

• La seconde est d'ordre financier: une croissance de l'investissement nécessite une réforme de la réglementation qui ouvrirait le secteur aux capitaux financiers; la plupart des laboratoires rencontrent d’importantes contraintes dans le financement des investissements d’extension et de modernisation. Réservé aux seuls professionnels (les pharmaciens doivent détenir la majorité des actions), l’investissement dans la production ne pourra décoller que si cette barrière réglementaire est levée. L’ouverture du secteur aux capitaux provenant d’autres domaines d’activité (les capitaux financiers en particulier) est perçue comme un préalable à une croissance soutenue des laboratoires.

D’autres contraintes sont d'ordre technologique: malgré le taux relativement élevé de l'encadrement dans les entreprises, et l'expérience acquise, les activités de production restent cantonnées aux stades de la formulation et du conditionnement. Le "transfert de technologie" est resté limité. Ces limites sont d'autant plus importantes que le secteur pharmaceutique va probablement voir l'entrée en lice de nouveaux acteurs, suite aux accords avec l’Union européenne, et à l'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

La production et/ou la commercialisation de génériques rencontrent de grands obstacles. Ceux-ci sont liés aux particularités de l’industrie marocaine du médicament et, en partie, aux limites imposées par la réglementation. Les grands laboratoires fabriquent presque exclusivement des spécialités pharmaceutiques sous licence, et la réglementation fait de l’importation une activité réservée aux seuls producteurs.

Les dix premiers laboratoires sur le marché ne sont pas en concurrence directe. Solidement implantés, avec un réseau de délégués médicaux relativement important, ils développent une stratégie de marketing axée sur leurs marques commerciales. Il s'agit en fait d'un marché segmenté qui pratique peu la concurrence par les prix. Cette situation est aussi le résultat de la réglementation qui organise un contingentement des importations. L'accroissement de la part des génériques dans ce marché suppose l'entrée de nouveaux acteurs dans le secteur de la production. En dehors des perspectives de développement de la consommation au plan global, la production de génériques ne peut s'accroître qu'au détriment de celle des spécialités originales actuellement commercialisées. Le niveau de rentabilité des investissements nécessaires, dans une situation où le marché est structuré par la présence de puissants laboratoires, ne semble pas garanti. Les perspectives offertes par le projet de généralisation de l'assurance-maladie, l'abrogation des dispositions relatives à l'obligation de produire pour importer, et l'uniformisation des modes de calcul des prix, à la production comme à l'importation, vont probablement avoir des conséquences considérables à terme.

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Última actualización: le 3 mayo 2013