Pour certains médicaments et certaines formes galéniques, les preuves d'équivalence in vivo, qu'il s'agisse d'une étude de bioéquivalence, d'une étude de pharmacodynamique clinique comparative ou d'un essai clinique comparatif, sont considérées comme particulièrement importantes. On peut citer comme exemples:
a) les produits à libération immédiate administrés par voie orale dotés d'une action systémique, lorsqu'un ou plusieurs des critères suivants s'appliquent:
i) médicaments indiqués pour un état grave nécessitant une efficacité thérapeutique garantie;
ii) plage thérapeutique étroite ou faible marge de sécurité; courbe dose-réponse très inclinée;
iii) pharmacocinétique compliquée par une absorption ou un intervalle d'absorption variable ou par une absorption incomplète; pharmacocinétique non linéaire; élimination présystémique ou métabolisme élevé (≥ 70%) lors du premier passage;
iv) propriétés physico-chimiques défavorables, par exemple: faible solubilité, instabilité, modifications métastables, faible perméabilité, etc.;
v) problèmes de biodisponibilité constatés avec le médicament en cause ou des médicaments similaires par leur structure chimique ou leur formulation;
vi) proportion élevée des excipients par rapport aux principes actifs;
b) les produits à action systémique destinés à être administrés par une voie autre que la voie orale ou la voie parentérale (dispositifs transdermiques, suppositoires, etc.);
c) les produits à libération continue et autres types de produits à libération modifiée destinés à agir par absorption systémique;
d) les associations en proportions fixes (4) ayant une action systémique;
e) les produits à action non systémique ne se présentant pas sous forme de solutions (pour administration orale, nasale, oculaire, dermique, rectale, vaginale, etc.). Le concept de bioéquivalence ne convient pas à ces produits dont l'équivalence doit être démontrée par des études cliniques ou pharmacodynamiques comparatives. Toutefois, cela n'exclut pas, le cas échéant, la nécessité de mesurer la concentration du médicament dans l'organisme pour vérifier l'absence d'absorption partielle non désirée.
Pour les quatre premiers types de médicaments, la mesure des concentrations plasmatiques en fonction du temps (bioéquivalence) suffit normalement à établir l'efficacité et l'innocuité. Pour le dernier type, comme on vient de le dire, le concept de bioéquivalence ne convient pas et l'équivalence ne peut être prouvée que par des études cliniques ou pharmacodynamiques comparatives.