La transparence est une aptitude à partager l’information, participant à
réduire les comportements non éthiques. L’évaluation de la transparence des secteurs pharmaceutiques nationaux est la première phase de la riposte tri‐phasique
contre les comportements non éthiques. Cette évaluation consiste à mesurer au moyen d’une méthodologie de l’OMS, le niveau de vulnérabilité à la corruption dans la
structuration et le fonctionnement des fonctions pharmaceutiques. Dans le cas du Cameroun, les 8 fonctions suivantes ont été évaluées : l’homologation, l’autorisation des
établissements pharmaceutiques, l’inspection et la surveillance du marché, le contrôle de la
promotion des médicaments, le contrôle des essais cliniques, la sélection des médicaments,
les achats et la distribution des produits pharmaceutiques. La méthodologie utilisée est
une collecte de données qualitatives sur des indicateurs définis, au cours d’interviews semi
structurés, auprès d’intervenants clés (KI), sélectionnés notamment sur base de leur
connaissance solide et variée du secteur pharmaceutique.
Le Cameroun est entré dans le Programme OMS de bonne gouvernance dans le
secteur pharmaceutique (GGM) en 2008. L’évaluation de la transparence du secteur pharmaceutique (Phase I du programme GGM) s’est déroulée de juin à juillet 2008. Le rapport de l’étude a été adopté en juin 2009 au cours d’un atelier national.
87 KI avaient consenti à participer à l’étude. Les résultats obtenus montrent un
secteur pharmaceutique dynamique avec des forces, des opportunités mais aussi des
faiblesses et des menaces.
Parmi les forces identifiées, on peut citer l’existence de dispositions
légales pour les 8 fonctions étudiées, leur mise en oeuvre effective, l’existence d’institutions
et structures clés du secteur ainsi qu’une volonté politique affirmée. Les faiblesses relevées
étaient des insuffisances en matière de réglementation (textes anciens, absence de supports
de transparence), dans la structuration et le fonctionnement des comités (qualité,
quantité, renouvellement des membres) et en ressources humaines et matérielles. En général
on a noté l’absence d’un code de conduite et de dispositions de gestion des conflits
d’intérêt. L’examen des scores de vulnérabilité calculés sur base des réponses fournies par
les KI montrait qu’une fonction manifestait une vulnérabilité marginale, 4 une
vulnérabilité modérée et 3 une forte vulnérabilité.
Il convient de souligner que la corruption est un problème délicat à traiter.
La méthodologie utilisée pour évaluer la transparence dans le secteur
pharmaceutique national ne permet d’identifier ni des pratiques de corruption ni des personnes
coupables. Elle permet tout simplement de relever certains manquements qui pourraient
occasionner l’installation de comportements non éthiques. Les éléments rassemblés dans le
rapport de l’étude devraient permettre de développer un plan national de bonne gouvernance
du secteur pharmaceutique (Phase II du programme GGM).