En général, les médicaments périmés ne posent pas de menace sérieuse pour la santé publique ou pour l’environnement. Une méthode d’élimination incorrecte peut présenter un risque si elle cause la contamination des ressources en eau ou d’une source locale à laquelle viennent s’alimenter la population ou les animaux sauvages. Les médicaments périmés peuvent aboutir dans les mains de chiffonniers ou d’enfants si une décharge est mal protégée. En cas de vol de médicaments dans les stocks ou lors du tri, des médicaments périmés risquent d’être remis en vente et utilisés de manière impropre. On ne doit pas perdre de vue non plus que la plupart des médicaments, au-delà de leur date de péremption, perdent leur efficacité et peuvent même acquérir des effets défavorables nouveaux. Certaines catégories de médicaments périmés ou certaines pratiques d’élimination incorrectes présentent un risque pour la santé publique. Les principes de base à appliquer pour prévenir ce risque sont énumérés ci-dessous.
• La contamination de l’eau potable doit être impérativement évitée. Les décharges doivent être situées et construites de manière à minimiser le risque de pollution d’une nappe aquifère, des eaux de surface ou des eaux potables du réseau par le lixiviat provenant de la décharge.
• Les antibiotiques, antinéoplasiques et désinfectants non biodégradables ne devraient pas être éliminés par rejet à l’égout car ils peuvent tuer les bactéries qui sont nécessaires pour le traitement des effluents. En ce qui concerne les antinéoplasiques, s’ils sont déversés dans les cours d’eau, ils peuvent être nuisibles à la vie aquatique ou causer une contamination de l’eau potable. Quant aux désinfectants, ils ne devraient pas être rejetés en grande quantité dans un égout ou dans un cours d’eau à moins d’avoir été fortement dilués.
• Le brûlage de médicaments à température basse ou en enceinte ouverte émet des polluants toxiques dans l’atmosphère. Il devrait donc autant que possible être évité.
• L’application de procédures de tri et d’élimination inefficaces ou mal protégées pose un risque de remise en vente dans le public de médicaments ayant dépassé la date de péremption. Dans certains pays, la récupération de médicaments déposés dans des décharges mal protégées est également un risque à prendre en compte.
• Dans les cas où l’on manque de lieux d’élimination ou de personnel qualifié pour superviser celle-ci, il n’y a pas de danger à stocker les médicaments inutilisés à condition que ceux-ci soient maintenus au sec. Etant donné le risque de détournement qui existe si on les garde dans leur emballage d’origine, il est préférable de les stocker en fût après un traitement de conditionnement (voir la section 2.3 sur la solidification des médicaments inutilisés).