Indicateurs pour le suivi de la mise en oeuvre des politiques pharmaceutiques nationales
(1996; 264 pages) [English] View the PDF document
Table of Contents
View the documentRemerciements
Open this folder and view contentsChapitre I: Introduction
Close this folderChapitre II: Conception du guide
View the documentElaboration des indicateurs
View the documentMéthode
Open this folder and view contentsChapitre III: Listes modèles d’indicateurs
Open this folder and view contentsChapitre IV: Méthode de calcul des indicateurs
Open this folder and view contentsChapitre V: Présentation détaillée des indicateurs
Open this folder and view contentsAnnexe 1: Formulaires de collecte de données
View the documentAnnexe 2: Glossaire
View the documentAnnexe 3: Table de nombres aléatoires
View the documentCouverture arrière
 

Méthode

Le choix et l’élaboration des indicateurs se sont faits en neuf étapes (encart ci-dessous et infra).

Analyse de la littérature pour répertorier les problèmes principaux et les stratégies prioritaires des politiques pharmaceutiques dans les pays en développement.

Enquête Delphi auprès d’un tableau d’experts pour obtenir un consensus sur les problèmes principaux et les stratégies prioritaires des politiques pharmaceutiques dans les pays en développement.

Consultation technique préliminaire pour cerner les difficultés générales liées à l’élaboration des indicateurs et pour définir les critères présidant à leur sélection.

Proposition de listes d’indicateurs pour le suivi de la mise en œuvre des politiques pharmaceutiques.

Evaluation dans six pays de la clarté, des possibilités réelles d’application et de la pertinence des indicateurs proposés.

Examen du projet de guide par des experts, dont ceux de l’OMS, pour évaluer les méthodes d’élaboration des indicateurs ainsi que les catégories définies.

Proposition d’indicateurs de résultats pour mesurer les progrès accomplis par rapport aux objectifs initiaux d’une politique pharmaceutique.

Vérification des méthodes de calcul des indicateurs par des épidémiologistes et des statisticiens, dont ceux de l’OMS, pour certifier la validité des méthodes proposées et la pertinence de l’échantillonnage.

Rédaction de la version définitive du guide en tenant compte de tous les commentaires et en y apportant les rectifications voulues.

Analyse de la littérature

Un groupe de travail de l’Ecole de Santé publique de Harvard a analysé la littérature afin de répertorier les grands problèmes qui se posent aux pays en développement dans le domaine pharmaceutique. Cette analyse incluait des publications et des documents non publiés consacrés au secteur pharmaceutique de plus de 50 pays. A la suite de quoi le groupe de travail a dressé la liste des «problèmes clés». Il a ensuite identifié les secteurs du système pharmaceutique qui exercent un effet déterminant sur le fonctionnement du système et les a appelés «composantes essentielles».

Enquête Delphi

L’étape suivante a consisté à trouver un consensus sur les problèmes prioritaires et les composantes essentielles en fonction de leur importance respective en termes d’interventions, de manière à établir un ordre de priorité. Pour cela, on a recouru à la méthode Delphi.6

6 La méthode Delphi permet de structurer la communication au sein d’un groupe de manière que celui-ci puisse en tant que tel traiter de problèmes complexes et arriver à un consensus. Elle fait appel à une série de questionnaires élaborés par un groupe animateur puis expédiés par tours successifs à un groupe d’experts répondants qui demeurent anonymes. A l’issue de chaque tour, les résultats sont récapitulés par le groupe animateur qui les reprend pour mettre au point le questionnaire du deuxième tour. On fait alors parvenir à tous les répondants une récapitulation et le nouveau questionnaire. On considère que l’enquête par la méthode Delphi est terminée dès lors que les opinions convergent ou que le nombre de réponses fléchit.

L’étude a été conçue par un groupe animateur mis sur pied à l’Ecole de Santé publique de Harvard. Le groupe de répondants comptait 54 spécialistes de la politique pharmaceutique des pays en développement appartenant à des institutions diverses: donateurs multilatéraux, tels que la Banque mondiale et l’Union européenne; système des Nations Unies, dont l’OMS et l’UNICEF; organisations non gouvernementales; groupes de recherche et d’experts-conseils; laboratoires pharmaceutiques; universités; consultants spécialisés dans la mise en œuvre des politiques pharmaceutiques. La moitié d’entre eux était pharmaciens ou médecins, et le reste, économistes, gestionnaires, analystes, anthropologues et statisticiens. Douze pays et quatre continents étaient représentés.

On est parvenu grâce à la méthode Delphi à un consensus sur les problèmes prioritaires et les composantes essentielles du secteur pharmaceutique. Il est ressorti d’une large majorité des réponses que sept composantes requéraient une action prioritaire (voir l’encart). Du fait de leur importance pour améliorer la situation pharmaceutique et atteindre les objectifs généraux d’une politique pharmaceutique nationale, ces composantes essentielles ont été retenues comme base de sélection des indicateurs.

Composantes essentielles

Mise en place d’une législation et d’une réglementation pharmaceutiques appropriées.

Sélection des médicaments essentiels et amélioration de la procédure d’homologation.

Maintien d’une part significative du budget de la santé pour les médicaments et mise sur pied d’une politique de financement pertinente dans le secteur public.

Amélioration des procédures d’achat de médicaments dans le secteur public.

Renforcement de la logistique et de la distribution des médicaments dans le secteur public.

Mise en place d’une politique des prix des médicaments, tant pour le secteur public que pour le secteur privé.

Valorisation de l’information et des programmes de formation continue sur l’usage des médicaments.

Consultation technique préliminaire

La mise au point d’indicateurs dépend pour beaucoup de la définition de critères. Lors d’une consultation technique informelle qui s’est tenue à Genève, on a étudié et préparé un ensemble de principes directeurs et de critères destinés à devenir une base de développement commune pour les indicateurs dans le domaine des médicaments7. Il a été convenu que les indicateurs devaient être conçus selon six principes:

Utilité: les renseignements que fournit un indicateur doivent surtout contribuer au renforcement de la politique pharmaceutique nationale et à la gestion du programme correspondant; et, subsidiairement, à promouvoir les buts et objectifs fixés à l’échelon international. L’indicateur devra être utile pour la prise de décision et pour l’action au niveau où l’on a collecté les données, ce qui permettra d’accroître la fiabilité de celles-ci.

Clarté: l’indicateur exprimera une seule idée qu’on s’accorde à juger importante.

Facilité de collecte des données: dans la mesure du possible, les données proviendront des systèmes réguliers de collecte des données. S’il faut effectuer une enquête, il serait souhaitable que celle-ci soit confiée au personnel de l’échelon concerné et soit conçue en fonction des capacités de ce personnel.

Fiabilité et validité: les données relatives à l’indicateur doivent pouvoir être consignées en tout point du système avec suffisamment de fiabilité et de validité.

Pertinence nationale: l’indicateur doit servir à évaluer les progrès accomplis au regard des buts et objectifs énoncés dans la politique nationale.

Facilité de comparaison: l’indicateur doit si possible fournir des renseignements quantitatifs pouvant être comparés à des normes et à des objectifs précis.

7Development of indicators for monitoring national drug policies, Programme d’Action pour les Médicaments essentiels, WHO/DAP/92.6.

Proposition de listes d’indicateurs

Le groupe de travail de l’Ecole de Santé publique de Harvard a ensuite proposé des indicateurs structurels et des indicateurs de performance qui permettaient de mesurer les activités les plus importantes dans le cadre de chacune des composantes essentielles, ainsi que des indicateurs généraux renseignant sur le contexte de la mise en œuvre. Ce groupe était composé de personnes ayant une grande expérience du terrain, d’universitaires et d’un membre du Programme OMS d’Action pour les Médicaments essentiels. La liste initiale des indicateurs a été revue à la lumière des six principes énoncés précédemment, ce qui a conduit à écarter un certain nombre des indicateurs proposés. Le travail du groupe s’est soldé par l’établissement de trois listes provisoires d’indicateurs: indicateurs généraux, indicateurs structurels et indicateurs de performance.

Evaluation

On a choisi six pays pour évaluer sur le terrain les indicateurs provisoires, afin de:

• valider la pertinence des indicateurs dans des situations variées;

• évaluer, pour chaque indicateur, son utilité, sa clarté, la facilité de collecte des données et sa validité;

• identifier d’autres indicateurs susceptibles d’être ajoutés à la liste, et reconnaître les indicateurs qu’il convient de retirer parce qu’inutiles;

• évaluer l’utilité d’un système d’indicateurs servant à suivre la mise en œuvre d’une politique pharmaceutique nationale.

Les six pays sélectionnés (Guinée, Malawi, Népal, Philippines, République centrafricaine et Tunisie) présentaient un large éventail de contextes socioéconomiques et de mise en œuvre de politiques pharmaceutiques. Ces évaluations ont permis de constater que décideurs et responsables étaient intéressés à disposer d’outils efficaces et reconnus pour suivre la mise en œuvre de leur politique pharmaceutique nationale, et qu’ils souhaitaient en outre instaurer dans leur pays un système d’indicateurs de ce genre. Les indicateurs proposés donnaient satisfaction: leur compréhension ne soulevait pas de difficultés, leur application était simple et la collecte des données s’y rapportant était relativement aisée, bien que certains d’entre eux nécessitent des enquêtes spécifiques. Ces résultats ont confirmé la pertinence du projet et de la méthode.

Une première analyse des résultats des évaluations de terrain a été faite dans chaque pays lors d’une réunion de deux jours consacrée à l’examen de la pertinence des indicateurs. Les participants ont passé en revue tous les indicateurs, décidé si certains d’entre eux devaient être supprimés ou révisés, et s’il convenait d’en élargir la gamme. Le groupe de travail a également analysé les résultats des évaluations de terrain, a pris en compte les commentaires et intégré de nombreuses suggestions.

Examen du projet de guide

Le projet de manuel a été envoyé à une soixantaine de spécialistes, dont des collaborateurs de l’OMS, qui étaient invitées à faire part de leurs commentaires sur un certain nombre de points:

• méthode d’élaboration des indicateurs;
• pertinence des catégories d’indicateurs proposées;
• choix des indicateurs;
• utilité du guide à l’échelon des pays.

Ces spécialistes devaient également faire part de leurs suggestions à propos des indicateurs de résultats. Plus de trente d’entre eux ont fait des suggestions, lesquelles ont été classées en grandes catégories puis examinées systématiquement par le groupe de travail, parallèlement aux résultats des évaluations de terrain. La plupart des personnes qui ont répondu ont souligné l’utilité du guide, le bien-fondé de la méthode retenue et la pertinence des indicateurs eux-mêmes. Leurs commentaires portaient essentiellement sur certains indicateurs et insistaient sur la nécessité de présenter une méthode de collecte des données et de calcul des indicateurs. Un certain nombre d’indicateurs supplémentaires ont été proposés; ils ont été inclus par le groupe de travail pour autant qu’ils correspondaient aux critères choisis. Enfin, certains répondants ont fait valoir que les indicateurs pourraient également être utiles aux pays développés.

Proposition d’indicateurs de résultats

Le groupe de travail a sélectionné un nombre restreint d’indicateurs de résultats qui permettent de mesurer si les objectifs globaux de la politique pharmaceutique nationale ont été atteints: disponibilité et accessibilité aux médicaments essentiels ainsi que la qualité et usage rationnel des médicaments. Certains indicateurs couvrent aussi bien le secteur public que le secteur privé, la politique pharmaceutique nationale s’appliquant aux deux secteurs. Certains indicateurs que l’OMS avait développés antérieurement pour évaluer l’usage rationnel des médicaments ont été repris dans cette liste.

Vérification des méthodes de calcul des indicateurs

Afin d’aider les pays à utiliser les indicateurs, le groupe de travail a préparé des directives relatives à la collecte et à l’analyse des données, que celles-ci se fassent par la consultation des dossiers, les entretiens ou les enquêtes. Ces directives présentent en détail la marche à suivre pour effectuer des enquêtes, et elles proposent des formulaires utilisables pour la collecte tant à l’échelon central que sur le terrain. Ces directives ont été revues par le groupe de travail dans le souci de garantir la validité de la méthode proposée et la pertinence des procédures d’échantillonnage, après que des épidémiologistes et des statisticiens eurent soigneusement contrôlé aussi bien les unes que les autres.

Rédaction de la version définitive du guide

La version anglaise du présent guide a été publiée en 1995 après une ultime vérification au sein de l’OMS et auprès de spécialistes. Les indicateurs ont ensuite été utilisés dans plus de 12 pays en 1996 et l’édition française du présent guide tient compte de l’expérience acquise dans ces pays. A mesure que se développeront les expériences sur le terrain, méthodes et indicateurs seront enrichis. Les éditions futures de ce guide refléteront les acquis que le Programme d’Action pour les Médicaments essentiels rassemblera et dont il assurera la synthèse.

 

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