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Endiguer la résistance aux antimicrobiens - Perspectives politiques de l’OMS sur les médicaments, No. 10, Avril 2005
(2005; 6 pages) [English] [Spanish] View the PDF document
Table of Contents
View the documentLe problème de la résistance aux antimicrobiens
View the documentMesurer le problème par la surveillance
View the documentSurveillance épidémiologique de la résistance aux antimicrobiens
View the documentSurveillance de l’utilisation des antimicrobiens
View the documentStratégies nationales de base pour endiguer la résistance aux antimicrobiens
View the documentConclusion
View the documentPrincipaux documents
 

Le problème de la résistance aux antimicrobiens

La résistance aux antimicrobiens est l’un des problèmes de santé publique mondiaux les plus graves. De nombreux microbes (bactéries, virus, protozoaires) responsables de maladies infectieuses ne réagissent plus aux antimicrobiens courants (médicaments antibactériens incluant les antibiotiques, les antiviraux et les antiprotozoaires). Compte tenu de la gravité du problème, si des mesures concertées ne sont pas prises à l’échelle mondiale, nous risquons de revenir à l’ère préantibiotiques où sensiblement plus d’enfants succombaient aux maladies infectieuses et où le risque d’infection interdisait les interventions chirurgicales lourdes. Les principales maladies infectieuses font plus de 11 millions de victimes par an et l’encadré 1 donne quelques taux de prévalence de la résistance aux antimicrobiens, qui peuvent accuser des écarts sensibles entre les pays et à l’intérieur des pays, et au fil du temps.

Encadré 1 Taux de prévalence mondiaux de la résistance aux antimicrobiens

Paludisme

• Résistance à la chloroquine dans 81/92 pays

Tuberculose

• polypharmacorésistance primaire de 0–17%

VIH/SIDA

• résistance primaire de 0–25% à au moins un antirétroviral

Gonorrhée

• résistance de Neisseria gonorrhoeae à la pénicilline de 5–98%

Pneumonie et méningite bactérienne

• résistance de Streptococcus pneumoniae à la pénicilline de 0–70%

Diarrhée: shigellose

• résistance à l’ampicilline de 10–90%,

résistance au cotrimoxazole de 5–95%

Infections nosocomiales

• résistance de Staphylococcus aureus à toutes les pénicillines et les céphalosporines de 0–70%

 

D’après: Données OMS en provenance de nombreux pays 2000-2003


L’émergence de la résistance aux antimicrobiens est un phénomène naturel consécutif à l’utilisation de ces médicaments mais elle est accélérée par une utilisation inappropriée. Plus la consommation augmente, plus les niveaux de résistance augmentent (Fig. 1). Selon certaines estimations, la moitié de la consommation d’antibiotiques serait inutile. Dans de nombreux pays, les antimicrobiens s’achètent directement aux points de vente de médicaments, sans ordonnance ni avis d’un professionnel de la santé qualifié.


Figure 1 Corrélation entre les pneumocoques résistants à la pénicilline (non sensibles) et l’utilisation des antibiotiques en ambulatoire (montrant l’intervalle de confiance à 95 %)

D’après: Albrich WC, Monnet DL et Harbarth S, Emerg Infect Dis.; 2004; 10(3):514-7


Les médecins ont réagi en remplaçant dans leurs ordonnances les anciens antibiotiques par des plus récents, mais ceux-ci sont de moins en moins nombreux, l’industrie pharmaceutique ayant abandonné le développement d’antibiotiques au profit d’autres médicaments aux marchés plus prometteurs (par ex. contre les maladies chroniques non infectieuses). Même si de nouveaux antibiotiques étaient créés, ils susciteraient une résistance; aussi est-il important d’utiliser les antibiotiques avec prudence afin de préserver leur efficacité pour les générations futures.

La résistance aux antimicrobiens a des conséquences cliniques et financières graves. L’administration différée d’un traitement efficace en cas d’infection due à un microorganisme résistant accroît la morbidité et la mortalité. Une maladie et une hospitalisation prolongées coûtent cher et le recours à des médicaments autres que les médicaments de première intention peut multiplier les coûts par 100 (Fig. 2) ce qui les met hors de portée de nombreux gouvernements et de nombreux malades, notamment dans les pays en développement.


Figure 2 Coût des médicaments de substitution par rapport aux antimicrobiens de 1e intention pour des infections aiguës courantes

D’après: Formulaire modèle de l’OMS, directives cliniques utiles de l’OMS et Management Sciences for Health’s 2004 International Drug Price Indicator Guide

 

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