Les erreurs de diagnostic peuvent entraîner une augmentation sensible de la morbidité et de la mortalité palustres. L’accessibilité à des dispositifs permettant de mettre en évidence rapidement et avec exactitude la présence de plasmodies est un facteur important en faveur d’une utilisation rationnelle des médicaments de plus en plus coûteux que l’on doit utiliser dans beaucoup de zones d’endémie. Si l’examen microscopique classique reste, dans la plupart des cas, la principale méthode pour la recherche des plasmodies, les tests de diagnostic rapide (TDR) permettent également pour la première fois de poser un diagnostic exact de la maladie chez toutes les populations exposées au risque, du fait qu’on peut en faire bénéficier celles qui n’ont pas accès à des services assurant un bon examen microscopique.
Les TDR pour le paludisme, connues parfois sous la dénomination de «bandelettes réactives» ou de «dispositifs de diagnostic rapide du paludisme» (MRDD, selon le sigle anglo-saxon), sont des dispositifs d’immunochromatographie à flux latéral qui permettent de déceler certains antigènes plasmodiaux spécifiques (protéines). Ces antigènes sont présents dans le sang des sujets infectés ou récemment infectés. Leur présence se signale par le changement de couleur d’une bandelette absorbante. Certains TDR ne peuvent déceler qu’une seule espèce de plasmodie (P. falciparum), en général par la mise en évidence d’une protéine appelée protéine-2 riche en histidine ou HRP2 ou d’une enzyme spécifique, la lactate-déshydrogénase parasitaire ou pLDH. Il y a aussi des tests qui permettent de déceler la présence d’autres espèces parasitaires en réagissant avec des antigènes différents.
Il existe trois types de TDR. Le plus simple se présente sous la forme d’une bandelette réactive que l’on plonge dans un godet ou un puits contenant du sang et un tampon. La bandelette peut être incluse dans une cassette en plastique ou fixée sur une carte. Les cassettes et les cartes ont tendance à être plus chères mais sont d’une utilisation plus facile.
L’utilité des TDR varie selon la situation épidémiologique et les ressources disponibles, notamment la prévalence du parasite, la possibilité de poser le bon diagnostic par examen microscopique, ainsi que le coût du traitement et du test lui-même. Ces tests trouvent des applications dans la prise en charge des cas, dans le dépistage ou encore dans l’investigation et la surveillance des épidémies.
Pour l’instant, l’OMS ne recommande aucun type ou marque en particulier, mais elle est favorable à l’utilisation des TDR pour la prise en charge du paludisme, conformément aux lignes directrices qui figurent dans ses diverses publications. Le site internet http://www.wpro.int/rdt donne la liste des principaux fabricants et distributeurs qui sont connus de l’OMS. Cette liste n’a pas été établie à partir de considérations de qualité; elle se borne uniquement à donner des informations sur les tests de diagnostic rapide qui, à la connaissance de l’OMS, sont disponibles sur le marché.