Contexte
Les moustiquaires sont un moyen de prévention efficace utilisé partout dans le monde pour lutter contre le paludisme. Les moustiquaires traitées à l’insecticide (MTI), constituées d’un filet tricoté en polyester qu’il faut imprégner d’insecticide tous les six mois, sont efficaces pour prévenir le paludisme mais présentent un certain nombre d’inconvénients. Elles doivent être périodiquement réimprégnées d’insecticide pour conserver leur efficacité. C’est une contrainte qui oblige à faire comprendre aux usagers l’importance de la réimprégnation et à organiser des campagnes pour faire entrer cette pratique dans les moeurs. Organiser de telles campagnes à grande échelle coûte cher et exige de gros moyens logistiques; par conséquent, le taux de réimprégnation est faible (les enquêtes menées sur le terrain montrent qu’il est généralement inférieur à 5 %), particulièrement lorsque les usagers de MTI doivent payer la réimprégnation.
Toutefois, la mise au point par l’industrie textile et l’industrie chimique de technologies permettant d’imprégner durablement les fibres au moyen d’un insecticide offre diverses possibilités pour la fabrication de moustiquaires traitées à l’insecticide longue durée (MTILD). Ces moustiquaires sont susceptibles de conserver leur efficacité pendant toute la durée de vie du matériau lui-même (5 ans pour le polyéthylène et 2 à 3 ans pour le polyester).
L’achat de moustiquaire traitées en usine autres que les MTILD n’est pas recommandé sauf en situation d’urgence. On a récemment constaté que la teneur en insecticide de ces moustiquaires était extrêmement variable et souvent très inférieure à la concentration voulue. On peut s’accommoder de ces variations lorsqu’il y a urgence et qu’il est pratiquement impossible de traiter les moustiquaires rapidement et efficacement sur place.
En situation normale, il faut donner la préférence aux MTILD recommandées par l’OMS ou à des moustiquaires non traitées accompagnées d’un nécessaire de traitement. Il est recommandé que la moustiquaire et l’insecticide soient conformes aux spécifications de l’OMS.
On utilise divers matériaux pour confectionner les moustiquaires. Le coton n’est pas recommandé car il dure moins longtemps et offre un rapport qualité/prix moins bon que les fibres synthétiques. C’est le polyester (multifilament) que l’on utilise le plus largement, surtout en Afrique. C’est un matériau très répandu et relativement bon marché. Le nylon n’est pas recommandé. Le polyéthylène haute densité (monofilament) est utilisé pour certaines MTILD et il est d’usage courant en Inde. Les moustiquaires confectionnées avec ce matériau durent plus longtemps que les moustiquaires en polyester de 75 ou 100 deniers. D’autres matériaux, comme le polypropylène sont à l’étude et pourraient présenter tous les avantages du polyester et du polyéthylène, notamment pour la fabrication des MTILD.

Figure 1. Rapport coût/efficacité des MTILD
Source: UNICEF Supply Division
Rapport Coût/efficacité des MTILD
Les MTILD nécessitent un investissement à l’achat plus important que les moustiquaires traitées ordinaires. Toutefois, si l’on compare le moyen coût par année d’utilisation effective, en tenant compte du coût de la réimprégnation des MTI ordinaires, on constate que les MTILD représentent une alternative économique aux moustiquaires classiques.
De plus, le prix des MTILD devrait diminuer à mesure que la quantité distribuée augmente et que de nouveaux fournisseurs arrivent sur le marché, alors que le coût des MTI ne devrait pas descendre plus bas.