Une solide réglementation est la garante de l'éthique nationale en matière de sécurité pharmaceutique et de la confiance du public dans les médicaments. Pour être efficace, l'action des autorités de réglementation pharmaceutique ne doit pas se limiter à la seule approbation des nouveaux médicaments mais porter sur toute une série d'autres aspects se rapportant à la sécurité des médicaments, à savoir:
• les essais cliniques;
• l'innocuité des produits de complémentation et des médicaments traditionnels ainsi que des vaccins et des produits biologiques;
• la mise en place d'axes de communication entre toutes les parties intéressées par la sécurité pharmaceutique, pour leur permettre de travailler efficacement et dans le respect de l'éthique, notamment en situation de crise.
Pour atteindre leurs objectifs respectifs, les programmes de pharmacovigilance et les autorités de réglementation pharmaceutique doivent se soutenir mutuellement. D'un côté, les programmes de pharmacovigilance doivent entretenir des liens solides avec les autorités de réglementation pharmaceutique, pour tenir ces dernières informées des questions de sécurité qui se posent dans la pratique clinique quotidienne, que ces questions se rapportent à l'action réglementaire future ou concernent des préoccupations qui se font jour dans le domaine public. De l'autre, les responsables de la réglementation doivent comprendre le rôle central et spécialisé que la pharmacovigilance joue dans le maintien de la sécurité des produits médicaux.
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Encadré 5 La pharmacovigilance dans la pratique: l'exemple de la cérivastatine
La cérivastatine a reçu l'autorisation de mise sur le marché en tant qu'agent régulateur de la lipidémie en 1997. Mais, en 2000, un total de 549 cas de rhabdomyolyse associée à ce produit avaient été rapportés au centre collaborateur de l'OMS pour la pharmacovigilance internationale à Uppsala, en Suède. Une mise en garde fut donc publiée concernant un lien possible entre la cérivastatine, la myopathie et la rhabdomyolyse.
En novembre 1999 aux Etats-Unis et en mars 2000 au Canada, les informations à l'usage des prescripteurs ont été modifiées pour contreindiquer l'utilisation concomitante de cérivastatine et de gemfibrozil, un autre médicament antilipémiant. Des mesures analogues ont été prises en Australie en février 2001, et une mise en garde a été diffusée pour alerter les prescripteurs sur la possibilité de survenue d'une rhabdomyolyse avec toutes les statines. En juin 2001, des mesures réglementaires à l'échelle européenne ont été prises pour déconseiller l'association cérivastatine et gemfibrozil. Le 8 août 2001, le fabricant a volontairement retiré la cérivastatine du marché en raison d'un risque accru de rhabdomyolyse, notamment lorsque ce produit était utilisé en association avec du gemfibrozil.
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