Rapport annuel 2003 - Médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques
(2004; 24 pages) [English] [Spanish] View the PDF document
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View the documentAnnée 2003: les médicaments contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme
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View the documentLa collecte de données nationales permet d'assurer un suivi plus efficace
View the documentLes perspectives en matière de médicaments essentiels: la stratégie pharmarceutique de l'OMS pour 2004-2007
View the documentTour d'horizon des activités menées par l'OMS dans le domaine des médecines traditionnelles en 2003
View the documentConseillers pour les questions pharmaceutiques: maximiser l'impact des médicaments à l'échelon national
View the documentPrix des médicaments - comparaisons internationales
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La collecte de données nationales permet d'assurer un suivi plus efficace

L'OMS expérimente une approche hiérarchique pour assurer le suivi de l'incidence des politiques pharmaceutiques au niveau national. Le niveau I consiste en un questionnaire structuré portant sur la situation du pays concerné dans le domaine pharmaceutique. Le niveau II prévoit une enquête systématique sur les établissements de soins et les pharmacies. Une telle démarche, qui va du général au particulier, permet de faciliter le processus décisionnel en matière de politique pharmaceutique.

En 2003, 145 pays avaient répondu au questionnaire concernant leur situation dans le domaine pharmaceutique. Le formulaire en question peut être rempli rapidement et sans difficultés à l'aide des informations provenant, pour l'essentiel, des ministères et des départements de la santé et des autorités de réglementation pharmaceutique. L'analyse des résultats obtenus en 2003 (résumée ci-après) a montré quels sont les pays qui bénéficieraient le plus d'un renforcement du soutien de l'OMS aux activités pharmaceutiques.

Les pays appliquent-ils et mettent-ils à jour leurs politiques pharmaceutiques?

L'analyse des résultats montre que le nombre de pays ayant mis à jour leur politique pharmaceutique aux cours des dix dernières années est passé de 49 en 1999 à 57 en 2003, et que 16 pays ont adopté une politique pharmaceutique officielle en 2003, alors qu'ils ne disposaient en 1999 que d'un avant-projet, On constate également que neuf pays ne sont toujours pas parvenus à transformer leur avant-projet en document officiel. Les progrès sont cependant manifestes: en 1999, 40% seulement des pays avaient arrêté un projet de mise en œuvre; en 2003, ce chiffre est passé à 52%.

Pour apprécier l'efficacité de la mise en œuvre d'une politique pharmaceutique, il faut vérifier le degré d'accessibilité des médicaments et s'assurer que les modalités d'acquisition, de paiement et d'utilisation sont rationnelles. L'analyse du questionnaire, tout en autorisant un certain optimisme, indique très nettement que les pays et leurs partenaires internationaux doivent redoubler d'efforts pour faire en sorte que les médicaments concourent davantage à l'amélioration de la santé publique.

Accès aux médicaments: où en sommes-nous?

L'OMS répertorie les pays dans lesquels il a été estimé que plus de 50% de la population n'avaient pas régulièrement accès aux médicaments. Les résultats montrent que onze des pays concernés par l'enquête (dont sept se trouvent en Afrique) bénéficient aujourd'hui d'un taux d'accès supérieur à 50% (alors qu'il était inférieur à 50% en 1999). On observe toutefois la situation inverse dans cinq pays (l'accès, supérieur à 50% en 1999, est retombé à moins de 50% en 2003). Dix autres pays indiquent un accès qui reste inférieur à 50%.

Cette publication, ressource précieuse pour les professionnels de la santé, les responsables de l'élaboration des politiques et les chercheurs, guide le lecteur dans l'élaboration, la mise en œuvre et le suivi d'une politique pharmaceutique nationale


Les stratégies permettant d'améliorer l'accès aux médicaments comportent plusieurs axes: dépense publique, achats de médicaments génériques, assurance-maladie, rationalisation des systèmes d'achat et de gestion des médicaments. Les données montrent que le montant par habitant des dépenses publiques consacrées aux médicaments est passé à plus de 2 dollars E.-U. en Erythrée, en Mongolie et au Soudan; l'augmentation a été encore plus sensible aux Bahamas et à Belize. Quatorze pays qui, en 1999, ne préconisaient pas la distribution de génériques dans les pharmacies privées le font depuis 2003, alors que de leur côté le Bénin, la Guinée, le Rwanda et Samoa ont mis en place des systèmes d'assurance-maladie prévoyant le remboursement des médicaments. Onze autres pays (dont trois dans les Amériques et trois en Afrique) limitent désormais les dépenses publiques aux médicaments figurant sur les listes de médicaments essentiels.

Une rationalité qui progresse

La promotion de guides thérapeutiques normalisés, de listes de médicaments essentiels, et de centres d'information sur les médicaments contribue largement à l'optimisation, tant thérapeutique que financière, de l'utilisation des médicaments. En 1999, 23 pays seulement indiquaient avoir mis à jour leurs guides thérapeutiques normalisés au cours des cinq années précédentes; en 2003, ils étaient 31. De même, alors qu'en 1999 seulement 35 pays déclaraient disposer de centres d'information sur les médicaments destinés aux prescripteurs et aux préparateurs en pharmacie, ils étaient sept de plus en 2003. Quoi qu'il en soit, tous ces chiffres montrent bien qu'il faut inciter de nombreux autres pays à mettre à la disposition des utilisateurs les orientations et les informations susceptibles de favoriser une utilisation rationnelle des médicaments.

S'agissant des listes de médicaments essentiels, les chiffres sont encore plus parlants: avant 1999, 68 pays avaient mis à jour leurs listes de médicaments essentiels au cours des cinq années précédentes; en 2003, ils étaient 80.

Le suivi: niveau II

Le docteur Daisy Carandang, médecin attaché au Département Médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques au Siège de l'OMS est chargée d'évaluer l'incidence des politiques pharmaceutiques. Elle indique que les résultats des activités de suivi de niveau II «permettent de suivre l'évolution, année par année, de la situation des pays dans le domaine pharmaceutique, de recenser les questions préoccupantes et les domaines dans lesquels des progrès sont accomplis».

Pour elle, «la culture du suivi gagne rapidement du terrain. Auparavant, il était difficile d'inciter les pays à effectuer des évaluations pour déterminer si la population avait accès aux médicaments, en quels lieux, et, dans le cas contraire, pour quelle raison. Ils comprennent aujourd'hui de mieux en mieux l'avantage qu'il y a à recueillir ce genre d'informations qui permettent en effet aux responsables des politiques sanitaires et du secteur de la santé de poursuivre l'élaboration et la mise en œuvre des politiques pharmaceutiques nationales».

Les résultats, à la fois encourageants et décevants, révèlent à quel point les questions relatives aux médicaments sont hérissées de difficultés. Aux Philippines, de nombreux établissements de santé publique vendent les médicaments moins cher que les détaillants privés, mais ne peuvent proposer qu'un tiers des médicaments essentiels et sont fréquemment en rupture de stock. En outre, 20% seulement de ces établissements publics utilisent des guides thérapeutiques normalisés, et aucun d'entre eux ne possède de liste de médicaments essentiels. Cette situation peut s'expliquer par le phénomène de la décentralisation, qui semble avoir ralenti la mise en œuvre de la politique pharmaceutique du pays.

La situation dans les Amériques

En 2003, le Bureau régional de l'OMS pour la région des Amériques (AMRO)/ l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a organisé un atelier de formation de niveau II /enquête systématique en République dominicaine. Les pays participants - Bolivie, Brésil, Honduras, Nicaragua, République dominicaine, Salvador et Venezuela - et un représentant des Caraïbes ont mis au point un plan de mise en œuvre d'une évaluation et d'un suivi, sur la base des indicateurs de niveau II.

Le suivi de niveau I avait déjà donné des résultats intéressants. L'analyse des réponses a en effet permis de recenser les domaines dans lesquels l'OMS doit intensifier ses efforts. Par exemple, 11 pays seulement, sur les 24 qui ont participé à l'enquête, ont déclaré s'être dotés d'une stratégie nationale de lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Par ailleurs, malgré une utilisation accrue des plantes médicinales, la plupart des pays ne les font pas encore figurer sur leur liste de médicaments essentiels.

Cependant, les réponses font également apparaître quelques signes de progrès encourageants. Les achats de médicaments essentiels effectués par le seul secteur public sont passés de 33% en 1999 à 50% en 2003. Plusieurs pays ont accru leurs capacités de contrôle de qualité des médicaments distribués sur leurs marchés. En 1999, 54% seulement des laboratoires officiels effectuaient ces contrôles de qualité, contre 70% en 2003. Le nombre d'échantillons contrôlés varie cependant d'un pays à l'autre, ce qui montre bien qu'il est encore nécessaire d'aider les pays à conduire un programme de contrôle de qualité systématique et autofinancé, élément clé d'une véritable politique d'assurance-qualité des médicaments.

De plus en plus, les écoles de médecine inscrivent les médicaments essentiels dans leurs programmes. En 1999, ce n'était le cas que pour 25% d'entre elles, mais cette proportion a atteint 41% en 2003. Les centres d'informations sur les médicaments sont de plus en plus appréciés, et, depuis 1999, les médicaments génériques sont de plus en plus souvent prescrits et proposés en lieu et place des produits de marque.

Pour le docteur Rosario d'Alessio, conseiller régional AMRO/OPS pour les produits pharmaceutiques, «les évaluations sont essentielles, non seulement pour aider l'OMS à définir ses priorités dans le domaine de l'assistance technique, mais aussi parce qu'elles permettent d'établir une documentation systématique sur le niveau d'avancement des pays ainsi que sur les changements de priorités survenant dans le secteur pharmaceutique».

Pour davantage d'informations, prendre contact avec:

Rosario d'Alessio - dalessir@paho.org

Priorités pour 2004

L'OMS a l'intention d'institutionnaliser le suivi des politiques pharmaceutiques et souhaite également promouvoir l'utilisation des résultats du suivi pour la planification et la mise en œuvre des politiques et programmes pharmaceutiques nationaux, ainsi que des activités qu'elle mène au niveau national et régional dans le domaine pharmaceutique.

Pour davantage d'informations, prendre contact avec:

Daisy Carandang - carandange@who.int;


Les données OMS sur la situation pharmaceutique sont disponibles à l'adresse suivante:

http://mednet.who.int

 

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