On peut appeler stratégie de confiance aveugle celle qui est suivie par la procédure d’achat sur catalogue, sur facture («achats directs»). L’acquéreur fait confiance à un producteur soit parce que le producteur a le monopole du produit, soit parce qu’il ne peut lui-même contrôler ni la qualité, ni le niveau des prix, soit parce que les tests antérieurs ont donné satisfaction, soit encore parce que le producteur a une bonne réputation. A la limite, il n’y a pas de choix des fournisseurs: est retenu le plus proche, le plus simple, celui habituel, sans s’interroger sur ce choix. Les relations entre fournisseurs et acheteurs sont très stables.
La confiance aveugle peut être efficace pour obtenir des médicaments acceptables en prix, en qualité et en conditions de paiement et de livraison. Mais la confiance aveugle ne permet pas de s’en assurer, à moins qu’il ne s’agisse de producteurs nationaux dont la qualité et les prix sont contrôlés par d’autres procédures. Cette stratégie peut également être utilisée pour l’achat à des centrales internationales (par exemple l’International Dispensary Association (IDA) ou la Division des approvisionnements de l’UNICEF) sur lesquelles est reportée la charge de supprimer l’incertitude.
L’avantage de cette stratégie est sa souplesse, sa rapidité et des coûts de transaction très faibles. L’inconvénient est que les fournisseurs peuvent abuser de cette situation où l’acheteur est passif par rapport au marché qu’il ne cherche pas à connaître pour mieux l’utiliser.