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Rapport annuel 2001 - Médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques: Elargir les bases factuelles des médicaments
(2001; 12 pages) [English] [Spanish] View the PDF document
Table of Contents
View the documentPOLITIQUES: CRÉER UNE VISION COMMUNE POUR L’ACTION
View the documentACCÈS: PLUS DE MÉDICAMENTS POUR MOINS D’ARGENT
View the documentQUALITÉ ET INNOCUITÉ: RÉDUIRE LE RISQUE ET PROMOUVOIR L’EFFICACITÉ
View the documentSÉLECTION ET USAGE RATIONNELS: SAVOIR QUAND UTILISER QUOI
 

SÉLECTION ET USAGE RATIONNELS: SAVOIR QUAND UTILISER QUOI

Les données factuelles concernant l’usage rationnel des médicaments sont claires: les interventions multiples se renforcent les unes les autres et doivent être répétées dans le temps. En conséquence, l’OMS continue d’assurer une formation considérable à la promotion de l’usage rationnel des médicaments. En 2001, une formation nationale et internationale a été fournie aux pays des régions Afrique, Méditerranée orientale, Europe et Pacifique Ouest.

Le premier stage international de formation à la pharmacothérapie par problèmes (organisé par la Philippine Society of Experimental and Clinical Pharmacology et le centre collaborateur de l’OMS pour la formation à la pharmacologie et à l’usage rationnel des médicaments à l’université de Newcastle, Australie) a eu lieu à Manille. Des ateliers et stages nationaux sur l’enseignement de la pharmacothérapie par problèmes ont également été tenus en Chine, au Japon, en Malaisie et au Viêt-nam. Dans la région européenne, la American International Health Alliance et Zdraveform-plus se sont joints au bureau régional de l’Europe pour assurer la formation à l’usage rationnel des médicaments.

L’effort de promotion des comités pharmaceutiques et thérapeutiques (CPT) au niveau des hôpitaux s’est également poursuivi, particulièrement dans le Pacifique Ouest où le besoin de CPT plus efficaces est devenu évident. Une réunion pour les membres des CPT d’hôpitaux dans la région a eu lieu à Penang, Malaisie. Organisée par le centre collaborateur de l’OMS sur l’information pharmaceutique de l’Universiti Sains Malaysia, avec le soutien de l’OMS, elle a accueilli 30 participants de 13 pays. Suite à la réunion, des stratégies innovantes d’utilisation rationnelle des médicaments sont maintenant en cours de mise en œuvre dans plusieurs pays. Par ailleurs, un stage international sur les comités pharmaceutiques et thérapeutiques a été organisé à Yogyakarta, Indonésie, par Management Sciences for Health et par le centre collaborateur de l’OMS pour la recherche et la formation sur l’usage rationnel des médicaments (à Gadjah Mada University).

Ailleurs, dans les régions d’Afrique, d’Asie du Sud-Est et du Pacifique Ouest, des stages sur les comités pharmaceutiques et thérapeutiques ont été organisés en collaboration avec Management Sciences for Health. D’autres efforts sur l’usage rationnel des médicaments se sont concentrés sur l’usage des médicaments dans la communauté. Le stage international consacré à la promotion de l’usage rationnel des médicaments dans la communauté (organisé au Ghana) a été particulièrement bien accueilli.


Figure 4 Trop peu trop tard: dans six pays africains, 10 - 65 % des comprimés de chloroquine ont testé négatif sur la teneur et 50 - 90 % des comprimés de la sulfadoxine/pyriméthamine ne se dissolvaient pas.

Encadré 8

Médecine traditionnelle, complémentaire et parallèle: sûre et efficace?

Les populations d’Afrique, Asie, Amérique centrale et Amérique du Sud utilisent la médecine traditionnelle (MT) pour mieux répondre à leurs besoins en matière de soins de santé primaires. En plus d’être accessible et abordable, elle fait aussi souvent partie d’un système de croyance plus vaste et, en tant que telle, est considérée comme partie intégrante de la vie et du bien-être de tous les jours. En même temps, en Australie, en Europe et en Amérique du Nord, la «médecine complémentaire et parallèle» (MCP) est de plus en plus utilisée en même temps que la médecine moderne, particulièrement pour le traitement et la gestion des maladies et états chroniques. Un usage si répandu et croissant de la MT/ MCP soulève toutefois des questions dans le domaine de la santé publique en ce qui concerne: les politiques, les questions de sécurité, innocuité et qualité, l’accès et l’usage rationnel.

En 2001, l’OMS a répondu à ces problèmes en développant une Stratégie de l’OMS pour la médecine traditionnelle pour 2002 - 2005 (référence: WHO/EDM/TRM/2002.1). Elle examine la situation de la MT/MCP à l’échelle mondiale et souligne le rôle et les activités de l’OMS dans ce domaine. Chose plus importante, elle fournit un cadre d’action pour l’OMS et ses partenaires visant à permettre à la MT/MCP de jouer un rôle bien plus important au niveau de la réduction de la mortalité et de la morbidité excessives, particulièrement chez les populations appauvries. La stratégie est axée sur l’intégration de la MT/MCP aux systèmes sanitaires nationaux, de manière appropriée, en développant des politiques et programmes de MT/MCP et en promouvant la sécurité, l’efficacité et la qualité de la MT/MCP par l’expansion de la base de connaissances dans ce domaine ainsi qu’en conseillant sur les normes de réglementation et d’assurance qualité.

Egalement en 2001, le Statut légal de la médecine traditionnelle et de la médecine complémentaire/ parallèle (document référence: WHO/EDM/TRM/2001.2) a été publié et le Volume III des Monographies de l’OMS sur des plantes médicinales sélectionnées a été finalisé. Résumant le statut légal de la médecine traditionnelle et de la médecine complémentaire/parallèle dans 123 pays, le premier est un guide très utile pour les décideurs et législateurs travaillant au développement d’un cadre légal dans leurs pays qui recouvre la pratique de la MT/MCP ainsi que l’assurance qualité et l’usage approprié des produits de MT/MCP.

«...des stratégies d’intégration efficaces encourageront la communication et la compréhension mutuelle parmi les différents systèmes médicaux. Elles évalueront la médecine traditionnelle dans sa totalité, l’intégreront au niveau théorique et clinique, garantiront la distribution équitable des ressources entre la médecine complémentaire et la médecine parallèle, assureront une formation et un programme éducatif pour la médecine traditionnelle et la médecine conventionnelle et donneront naissance à une politique pharmaceutique qui inclura les médicaments à base de plantes.»

G. Bodeker, Lessons on integration from the developing world’s experience. British Medical Journal, 2001, 322:164 - 167 (20 janvier).

Encadré 9

Améliorer l’accessibilité des bases factuelles pharmaceutiques

Le concept de médicaments essentiels fut lancé par l’Assemblée mondiale de la Santé en 1975. Elle demandait à l’OMS d’aider les États Membres en «conseillant sur la sélection et l’achat, à un prix raisonnable, de médicaments essentiels de qualité établie correspondant à leurs besoins sanitaires nationaux.» Un comité OMS d’experts mit au point la première liste modèle de médicaments essentiels de l’OMS en 1977. Depuis lors, la liste a été revue tous les deux ans. De nombreuses études ont documenté les effets des directives cliniques et des listes de médicaments essentiels sur la disponibilité et l’usage correct des médicaments au sein des systèmes de soins de santé. Une sélection soignée d’une gamme limitée de médicaments essentiels résulte en une qualité supérieure des soins, une meilleure gestion des médicaments et un usage plus rentable du financement des soins de santé.

Cependant, en 1999, le comité OMS d’experts approprié a recommandé que les méthodes de mise à jour et de dissémination de la liste soient révisées. Cette recommandation s’inscrivait en réponse aux avancées au niveau de la prise de décision basée sur des données factuelles, au besoin accru de lier l’usage de médicaments essentiels aux directives cliniques, et au coût élevé de nombreux médicaments nouveaux et efficaces. Un processus exhaustif de consultation a suivi. Les révisions proposées allaient du développement d’un processus plus transparent de sélection des médicaments à la création d’une bibliothèque de médicaments essentiels de l’OMS.


La bibliothèque de médicaments essentiels de l’OMS permettra un accès rapide à l’information sur les médicaments compris dans la liste de médicaments essentiels de l’OMS

La bibliothèque de médicaments essentiels de l’OMS est en cours de création et comprendra non seulement des renseignements sur les méthodes et les raisons de sélection de médicaments pour la Liste ainsi que des liens vers les directives cliniques de l’OMS mais également des liens vers le formulaire modèle de l’OMS, les services d’information sur les prix et l’information sur la nomenclature internationale et les normes de qualité.

Les efforts concentrés sur l’usage rationnel visent également les pharmaciens, étant donné l’influence considérable qu’ils peuvent exercer sur la demande et l’usage des médicaments dans la communauté. Le réseau d’associations pharmaceutiques EuroPharm Forum et le bureau régional de l’Europe ont mis au point des directives et des programmes modèles pour améliorer la performance des pharmaciens dans les domaines de la promotion de la santé et de la gestion des maladies chroniques. Son modèle de gestion de l’hypertension par les pharmacies a maintenant été testé et mis en œuvre en Estonie, Lettonie, Lituanie, au Portugal, en Slovénie et en Espagne.

Les soins assurés par les pharmaciens comprennent le dépistage de la surtension artérielle, les prises régulières de tension et les conseils aux patients. En Slovénie, Estonie, Lituanie et Espagne, 10 %, 27 %, 57 % et 64 % respectivement des individus renvoyés par leur pharmacien à un médecin suite à la détection d’une tension artérielle élevée ont fait l’objet d’un diagnostic d’hypertension.

Le réseau du Forum Europharm a également lancé une campagne d’éducation pour les patients - Questions à poser au sujet de vos médicaments - en Croatie, Estonie et Lettonie par le biais de jumelages avec des pays ayant déjà mis en œuvre une telle campagne.

D’autres activités relatives à l’usage rationnel des médicaments se sont concentrées sur la lutte contre le développement de la résistance antimicrobienne (RAM). 2001 a vu le lancement de la Stratégie mondiale OMS pour la maîtrise de la résistance aux antimicrobiens. Résumant les données factuelles sur les interventions visant à rationaliser l’usage des antimicrobiens, la stratégie a pour objectif à la fois de persuader les gouvernements de prendre des mesures rapidement et de guider ces mesures avec des conseils d’experts techniques et des conseils pratiques. Un numéro spécial de la revue Essential Drugs Monitor (Vol. 28/29) en anglais, français, espagnol et russe a également permis de sensibiliser au problème et à ce que peuvent faire les décideurs, les professionnels des soins de santé, les défenseurs de la santé et le public pour le résoudre.

Encadré 10

Promouvoir l’usage rationnel des médicaments en Chine: quand les preuves entraînent des changements et un impact des politiques

En 2000, dans le cadre du travail de préparation au développement d’une politique pharmaceutique nationale, des données de base sur l’usage rationnel des médicaments ont été rassemblées à partir de plusieurs dispositifs sanitaires à Beijing, y compris l’hôpital de Xuan Wu. Les recommandations qui suivirent l’analyse des données de base indiquaient que les dispositifs sanitaires de Beijing avaient besoin de matériel imprimé sur l’usage rationnel des médicaments (en particulier sur l’usage des antibiotiques), de documents de référence et d’affiches. Par ailleurs, étant donné que l’usage d’antibiotiques à l’hôpital de Xuan Wu était remarquablement élevé, une promotion active des applications de directives d’usage rationnel des antibiotiques fut également recommandée.

En 2001, après la mise en œuvre des recommandations ci-dessus, les résultats de la surveillance indiquaient que:

• les interventions au niveau des dispositifs sont tout à fait appropriées étant donné que leur impact peut être mesuré avec exactitude

• les interventions sont plus efficaces si elles sont dirigées vers un groupe défini.


Suite au rassemblement de données de base en 2001, l’OMS a recommandé que:

• Le ministère chinois de la Santé encourage des stratégies d’éducation et de gestion pour améliorer l’usage des médicaments

• la liste de remboursement de médicaments et l’usage de la liste chinoise de médicaments essentiels soient synchronisés de manière à promouvoir un usage rationnel des médicaments parmi les prescripteurs

• l’impact des interventions concernant l’usage rationnel des médicaments soit surveillé régulièrement.


Les activités menées en 2001 pour mettre en œuvre les recommandations ci-dessus comprenaient:

• un stage national sur la promotion de l’usage rationnel des médicaments

• des stages locaux sur la promotion de l’usage rationnel des médicaments

• le développement et la mise en œuvre de propositions de recherche

• des essais pilotes de directives nationales standard de traitement antimicrobien

• une réunion consultative avec les dépositaires d’enjeu pour revoir et synchroniser la liste de remboursement de médicaments et la liste chinoise de médicaments essentiels.


Les résultats de toutes les activités ci-dessus indiquent que des politiques nationales visant à améliorer l’usage rationnel des médicaments en Chine:

• peuvent être facilement développées si les données et preuves sont présentés aux dépositaires d’enjeu

• sont facilement adoptées ou adaptées, et mises en vigueur, par le biais de directives émanant du niveau national.

Encadré 11

Améliorer l’usage rationnel des médicaments au Laos

Surveillance-Formation-Planification (SFP) est un outil de gestion simple pouvant être utilisé pour apporter des améliorations cumulatives aux pratiques de prescription. La stratégie couvre:

• surveillance: identification et mesure du problème

• formation: identification de la cause sous-jacente des problèmes et détermination de solutions (par ex. chercher l’information ou la formation pertinentes)

• planification: ciblage des niveaux d’amélioration après mise en œuvre d’une solution.


L’idée est de faire en sorte qu’un groupe (tel qu’un groupe de prestataires, prescripteurs ou pharmaciens) se réunisse pour identifier un problème particulier touchant à l’usage de médicaments. Des indicateurs d’usage des médicaments sont ensuite utilisés pour en mesurer l’étendue. Le groupe explore alors les facteurs sous-jacents possibles et convient d’un moyen de les aborder. Le niveau d’amélioration pour la période suivante est convenu. Avant la prochaine réunion, l’information est rassemblée à l’aide des indicateurs pour voir si l’amélioration ciblée a été atteinte. Le groupe discute à nouveau du problème et des autres améliorations pouvant être réalisées.

La figure, basée sur les données moyennes de 5 hôpitaux régionaux, montre l’impact de la mise en œuvre de l’outil SFP sur l’usage rationnel des médicaments au Laos. L’usage d’antibiotiques et injections a baissé. Au 4 novembre, cependant, une tendance vers des niveaux pré-SFP se remarque, indiquant le besoin d’un renforcement et d’un maintien plus poussés du programme SFP.

Source: Présentation du Dr Bouathong Sisounthone à la réunion interpays des comités pharmaceutiques et thérapeutiques d’hôpitaux, Penang, Malaisie, octobre 2001.

Les travaux de promotion de l’usage de traitements anti-tuberculeux utilisant une combinaison de quatre médicaments à dose fixe visent également à réduire en partie la RAM. Un usage répandu de ces médicaments non seulement réduirait le risque d’émergence d’une tuberculose résistante aux médicaments, mais il simplifierait également le traitement de la tuberculose en minimisant les erreurs de prescription et en augmentant l’adhésion des patients aux régimes de traitement. Les erreurs de traitement commises par mégarde et les réactions néfastes de médicaments diminueraient de même. La gestion des médicaments serait elle aussi améliorée puisque l’achat, la distribution et la manutention seraient plus faciles en raison du nombre réduit d’éléments et de dates d’expiration. Des preuves cliniques appuyant l’usage des traitements antituberculeux par combinaison de quatre médicaments à dose fixe ont été rassemblées. Des lignes directrices destinées aux responsables des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose ont été mises au point.

Par ailleurs, d’autres activités dédiées à l’usage rationnel des médicaments se sont concentrées sur les moyens d’accroître l’usage d’un médicament. L’OMS a publié un rapport Trouver l’équilibre dans les politiques nationales de contrôle des opioïdes (document référence: WHO/EDM/QSM/2000.4) en 2000, pour préconiser des démarches de contrôle équilibrées. Ceci s’inscrivait en réponse au souci qu’un accent trop lourd porté sur les caractéristiques provoquant la dépendance des analgésiques opioïdes entraînait une peur excessive de la pharmacodépendance, un sous-usage à des fins médicales légitimes et des réglementations excessivement restrictives sur la distribution et l’usage de ces médicaments (voir Tableau 2). Les obstacles réglementaires à l’accès aux analgésiques opioïdes ont, depuis, été réduits dans plusieurs pays dont la Chine, l’Inde, l’Italie et le Mexique.

Tableau 1 Principaux obstacles à la disponibilité des analgésiques opioïdes pour les soins palliatifs

• Inquiétude au sujet de la dépendance des opioïdes

• Manque de formation concernant les opioïdes pour les prestataires de soins de santé

• Lois restrictives concernant la fabrication, la prescription et la distribution

• Répugnance des prestataires de soins de santé, inquiétés par les sanctions juridiques, à utiliser des opioïdes

• Répugnance des prestataires, inquiétés par le vol, à stocker des opioïdes

• Fardeau des exigences réglementaires

• Potentiel de déviation


Source: Assurer la disponibilité des analgésiques opioïdes pour les soins palliatifs. Rapport d’un atelier de l’OMS, Budapest, Hongrie, 25 - 27 févier 2002. Document référence: EUR/02/5037079.

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