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Rapport annuel 2001 - Médicaments essentiels et politiques pharmaceutiques: Elargir les bases factuelles des médicaments
(2001; 12 pages) [English] [Spanish] View the PDF document
Table of Contents
View the documentPOLITIQUES: CRÉER UNE VISION COMMUNE POUR L’ACTION
View the documentACCÈS: PLUS DE MÉDICAMENTS POUR MOINS D’ARGENT
View the documentQUALITÉ ET INNOCUITÉ: RÉDUIRE LE RISQUE ET PROMOUVOIR L’EFFICACITÉ
View the documentSÉLECTION ET USAGE RATIONNELS: SAVOIR QUAND UTILISER QUOI
 

ACCÈS: PLUS DE MÉDICAMENTS POUR MOINS D’ARGENT

Les médicaments essentiels doivent être à la fois disponibles et abordables. Des résultats considérables ont été obtenus au cours des quelques dernières années. La notion que les pays à faibles revenus devraient payer des prix nettement plus bas pour les médicaments essentiels a été largement acceptée. L’information sur les prix des médicaments est maintenant largement disponible par le biais de l’OMS et d’autres organismes (Encadré 3). La production locale de certains produits pharmaceutiques-clés a accru la concurrence réductrice de prix. Les expériences impliquant une gestion améliorée des médicaments par le secteur public, la sous-traitance de services d’approvisionnement dans d’autres pays et la croissance des services d’approvisionnement en médicaments par des OGN dans d’autres, ont démontré que l’accès au médicaments essentiels pouvait être amélioré. En 2001, ce progrès s’est poursuivi mais plus particulièrement au niveau de l’aide aux gouvernements visant à optimiser l’utilisation du financement destiné aux médicaments.

Pour aider les gouvernements à examiner les variations de prix des médicaments et à y remédier, un manuel consacré à la collecte de données sur les prix des médicaments et la composition des prix dans les pays à faibles et moyens revenus a été mis au point par l’OMS et Health Action International. Il aidera les gouvernements au niveau de la formulation de politiques pharmaceutiques et constituera une base standard pour développer une information plus complète et de meilleure qualité sur les variations et tendances des prix des médicaments dans les pays. Des tests ont été effectués sur le terrain en Arménie, au Brésil, au Kenya, en Afrique du Sud et à Sri Lanka. D’autres études de pays ainsi que la publication et la distribution du manuel auront lieu en 2002.

Encadré 3

Services d’information sur les prix des médicaments de l’OMS (http://www.who.int/medicines/organization/par/ipc/drugpriceinfo.shtml)

L’OMS travaille avec plusieurs partenaires à l’amélioration de l’accès à l’information sur les prix pour les gouvernements, organismes non gouvernementaux, agences donatrices et autres institutions intervenant dans le domaine de l’achat de médicaments.

Indicateur de prix internationaux des médicaments: Détaille 252 ingrédients actifs sous 448 formes de dosage. Prix indicatifs de produits génériques sur le marché international et quelques prix d’adjudication. Réalisé par Management Sciences for Health et l’OMS.

Sources et prix d’une sélection de médicaments et diagnostics pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA: Détaille 73 ingrédients actifs sous 110 formes de dosage. Diffusé par l’UNICEF, l’ONUSIDA, Médecins Sans Frontières et l’OMS. Couvre les médicaments antirétroviraux (ARV), les kits de diagnostic et de suivi continu du VIH/SIDA, les médicaments pour le traitement des infections opportunistes, pour le soulagement de la douleur, pour les soins palliatifs, les médicaments pour le traitement des cancers liés au VIH/SIDA et pour la gestion de la pharmacodépendance.

Rapport sur les matières premières pharmaceutiques et les médicaments essentiels:

Détaille plus de 262 ingrédients actifs. Diffusé par l’OMS et le Centre International du Commerce, un centre OMS-CNUCED.

AFRO Essential Drugs Price Indicator (Indicateur AFRO de prix de médicaments essentiels): Près de 300 médicaments essentiels et formes de dosage listés; détails fournis par 24 États Membres et 2 fournisseurs internationaux de médicaments essentiels à bas prix. Publié par le Bureau régional de l’Afrique et le centre collaborateur de l’OMS pour l’assurance de qualité des médicaments à l’université de Potchefstroom en Afrique du Sud.

Average Prices of a One Year Treatment with Antiretrovirals in Countries of Latin America and the Caribbean (Prix moyens d’un traitement antirétroviral d’un an dans les pays d’Amérique latine et des Caraïbes): Etude par l’Organisation panaméricaine de la Santé de la thérapie ARV dans les pays d’Amérique latine.

Antiretrovirals in Latin America and the Caribbean (Antirétroviraux en Amérique latine et aux Caraïbes): Couvre les prix et usages des traitements ARV ainsi que les politiques d’accès à ces médicaments. Présente également les prix par pays et par groupes de pays.

Même si les prix sont eux-mêmes importants, le calcul de la rentabilité est lui aussi crucial car il peut aider décideurs et cliniciens à faire le meilleur usage possible des ressources disponibles. Un cours international sur l’analyse pharmaco-économique et la sélection de médicaments (organisé par l’OMS et l’université de Newcastle, Australie) enseigne comment des méthodes bien établies de rentabilité et biostatistiques peuvent être adaptées pour aider à mieux choisir les médicaments. Rassemblant données factuelles sur les résultats cliniques et information sur les coûts, les participants apprennent à comparer l’avantage sanitaire potentiel de tout médicament avec celui des meilleures alternatives. En 2001, le cours a eu lieu en Hongrie, en Inde et en Lettonie.

De nouveaux travaux de recherche sur la rentabilité ont également été entamés, dont une analyse de la rentabilité des interventions liées au VIH en Afrique. Ils ont démontré l’importante variation de coût par année de vie gagnée pour diverses interventions préventives et thérapeutiques. Autrement dit, l’analyse de rentabilité est une composante essentielle d’un débat informé sur l’établissement des priorités pour le VIH/SIDA.1 Un examen systématique des données factuelles sur la rentabilité des interventions au niveau des maladies non transmissibles a également été entrepris, axé sur les traitements spécifiques de certaines maladies cardiovasculaires, sur les facteurs de risque tels que les taux élevés de lipides dans le sang, sur les maladies chroniques telles que le diabète, et sur le cancer.

1 Voir: Creese A et al. Cost-effectiveness of HIV/AIDS interventions in Africa: a systematic review of the evidence. The Lancet, 2002, 11 mai, Vol 359(9262): 1635 - 1642.


Encadré 4

Étendre l’accès aux médicaments essentiels en Inde

La population de l’Inde, dans 6 territoires et 26 états, se chiffre à environ 1200 millions d’habitants. Un grand nombre des états sont plus grands que la majorité des autres pays d’Asie. En conséquence, les possibilités d’impact pharmaceutique positif sont immenses. D’autant plus que la majeure partie des dépenses en soins de santé sont des frais déboursés et destinés principalement aux médicaments. (Quelques états seulement, tels que Delhi et Himachal Pradesh, distribuent la majorité des médicaments essentiels gratuitement dans des dispositifs publics. Par ailleurs, la couverture d’assurance maladie est très faible, à environ 3 %.)

En 1997, l’OMS a étendu son support au programme pour les médicaments essentiels de l’OMS-Inde. Ceci avait pour but de permettre au programme de reproduire dans d’autres états le succès du programme pour les médicaments essentiels du territoire de la capitale Delhi, largement dirigé par la Delhi Society for the Promotion of Rational Use of Drugs (DSPRUD). Tout porte à conclure que le programme pour les médicaments essentiels de Delhi a eu des effets considérables, dont une réduction de 30 - 40 % des prix des médicaments suite à un achat en gros centralisé pour 31 hôpitaux et 150 centres de soins de santé primaires.

A la fin de 2001, le programme pour les médicaments essentiels de l’OMS-Inde dirigeait des programmes complets de médicaments essentiels dans 6 états ainsi que des programmes partiels dans 8 autres états. Ensemble, ces 11 états comptent 580 millions d’habitants. Le graphique en tuyaux d’orgue résume la progression réalisée jusqu’à la fin 2001 dans neuf états (Delhi, Maharashtra, Andhra Pradesh, Himachal Pradesh, Karnataka, Pendjab, Uttar Pradesh, Rajasthan, Bengale occidental).


Progression du Programme pour les médicaments essentiels de l’OMS-Inde 1997 - 2001: nombre d’états mettant en œuvre des éléments spécifiques d’un programme pour les médicaments essentiels

Suite au succès obtenu au niveau des états, des changements sont maintenant en cours au niveau national. Pour la première fois, la Politique pharmaceutique nationale de l’Inde (2001) comprenait des principes d’usage rationnel des médicaments, pour promouvoir un accès plus équitable aux soins de santé ainsi que des lignes de conduite pour les pratiques cliniques et la prestation des services médicaux. Le dixième plan quinquennal national, et plusieurs organismes délibératifs nationaux (la Commission indienne de planification, la Commission nationale de la population et le Conseil indien pour la recherche sur les relations économiques internationales) ont reconnu la valeur du modèle de Delhi et recommandé que des modèles semblables soient adoptés par chaque gouvernement d’état et par le gouvernement national.

Par ailleurs, la DSPRUD a conseillé sur la préparation d’une liste de médicaments essentiels, sur la préparation de directives de traitement standard et sur la quantification des besoins en médicaments dans le cadre du projet de développement de systèmes sanitaires en Uttar Pradesh, financé par la Banque mondiale. En même temps, à Delhi, plus de 70 prescripteurs senior du secteur public collaborent au développement de directives de traitement standard pour tous les niveaux de soins de santé. De nombreuses autres initiatives visant une expansion plus poussée à d’autres états sont prévues.

D’autres travaux se sont concentrés sur le développement de stratégies de financement des médicaments dans le cadre du financement sanitaire général. En 2000 - 2001, ils comprenaient un travail entrepris dans plus de 35 pays, une contribution à une publication sur les allocations pharmaceutiques dans les systèmes de sécurité sociale d’Amérique latine (voir encadré 6), un atelier régional sur le remboursement des médicaments dans la région européenne et un soutien aux pays pour la quantification des besoins en médicaments et la gestion des allocations pharmaceutiques dans les programmes d’assurance santé.

Une consultation régionale a également eu lieu dans la région Méditerranée orientale dans le but de considérer les meilleurs moyens à la disposition des pays à revenus moyens de la région pour effectuer la transition des frais déboursés à l’assurance santé publique. A Katmandou, un atelier pour l’Indonésie, le Myanmar, le Népal et la Thaïlande a examiné les plans de prépaiement, particulièrement à la lumière de la crise financière de l’Asie du Sud-Est en 1997. Le Myanmar et le Népal ne disposent que de très peu en matière d’assurance santé publique. Cependant, suite à cet atelier, le Népal est en train d’explorer activement la possibilité d’étendre considérablement cette assurance.

Aux Amériques, un fonds stratégique pour l’achat de médicaments et insecticides pour des maladies ciblées (VIH/SIDA, leishmaniose, tuberculose et paludisme) a été créé avec l’aide de l’OMS. Il prévoit la préqualification des fournisseurs, des critères d’inspection normalisés, des spécifications pharmaceutiques harmonisées, une surveillance de la qualité des médicaments et une coopération technique avec les pays. Ces derniers aident à consolider la sélection, la distribution et l’usage rationnel des médicaments.

Huit pays participent au fonds et de nombreux autres s’y joindront une fois qu’ils auront examiné et rempli les conditions administratives. Aux Caraïbes, le développement d’une capacité d’achats en gros a facilité le développement de plans de soins et traitement ARV.

Dans la région Pacifique Ouest, l’OMS a apporté son soutien à l’achat collaboratif de produits pharmaceutiques pour les petites îles du Pacifique par le biais d’un plan d’achat en gros basé à Fidji. En 2001, le plan a été étendu aux îles Cook, à Kiribati et aux îles Marshall.

Encadré 5

La santé publique après Doha: comprendre les implications des questions commerciales

La déclaration de Doha sur l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce (ADPIC) et la santé publique, adoptée par la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en novembre 2001, affirmait que l’Accord sur les ADPIC devrait être interprété et mis en oeuvre de manière à protéger la santé publique et promouvoir l’accès de tous aux médicaments. Pour la première fois en 50 années d’histoire du système de commerce multilatéral une Déclaration ministérielle individuelle était considérée sur des questions de propriété intellectuelle et de santé publique.

La déclaration sauvegarde le principe publiquement préconisé et avancé par l’OMS pendant les quatre dernières années: que les Membres de l’OMS ont le droit de recourir pleinement aux dispositions de l’Accord sur les ADPIC dans le but de protéger la santé publique et promouvoir l’accès de tous aux médicaments.


Pays recevant un soutien technique en 2000 - 2001 de l’OMS sur l’influence possible des accords de commerce international sur l’accès aux médicaments

L’OMS continuera d’évaluer les implications sur la santé publique de la déclaration de Doha ainsi que de conseiller les États Membre sur les méthodes de mise en oeuvre de la déclaration par le biais d’une législation nationale. Parallèlement, le réseau de surveillance de l’impact de la mondialisation et des ADPIC sur l’accès aux médicaments essentiels (composé des centres collaborateurs de l’OMS au Brésil, en Espagne, en Thaïlande et au Royaume-Uni) mesure l’impact des ADPIC sur l’accès aux médicaments essentiels. Les indicateurs utilisés couvrent: les changements de prix, la concurrence générique, l’investissement dans la recherche et le développement, le transfert de technologie. Ils couvrent également l’utilisation des garde-fous prévus par l’Accord sur les ADPIC, tels que: la possibilité d’utilisation d’une période de transition, les importations parallèles, les licences obligatoires et le fonctionnement anticipé de génériques (dispositions «Bolar»).

«A Doha, les ministres du commerce, de l’économie, de l’industrie et des affaires étrangères ont accordé beaucoup d’attention à la question de l’accès aux médicaments essentiels. Cela montre une compréhension croissante de l’importance des accords de commerce internationaux dans la vie et le bien-être de tout un chacun».

 

Déclaration du Dr Gro Harlem Brundtland, Directrice Générale, à la Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce à Doha, novembre 2001.

Encadré 6

Vers un financement équitable des médicaments aux Amériques

La réforme du système de santé, y compris la réforme pharmaceutique, est en cours aux Amériques depuis les années 80. La réforme pharmaceutique a pour objectif l’amélioration de la sélection, de l’achat et de l’usage des produits pharmaceutiques. En même temps, de plus en plus de systèmes d’assurance santé ont été créés en réponse aux besoins des populations. Ils varient des organisations privées à but lucratif aux organismes de sécurité sociale financés par des ressources publiques. Entre ces deux extrêmes, un grand nombre d’autres systèmes ont évolué, dans le contexte d’une concurrence gérée, y compris des sociétés privées à but non lucratif et des plans d’assurance publique.

Une étude de l’OMS* compare le processus de réforme sanitaire et les systèmes d’assurance santé en Argentine, en Colombie, au Chili, au Costa Rica, au Guatemala et aux États-Unis. Les données rassemblées montrent que:

• En Argentine, la prescription de médicaments a été rationalisée et des changements positifs au niveau des schémas de consommation ont été accomplis, résultant en une plus grande maîtrise des dépenses ainsi qu’en une amélioration du contrôle de la qualité.

• En Colombie, une liste de médicaments a été incluse au Plan Sanitaire Obligatoire, l’expérience des plans d’achats regroupés par des coopératives et groupes de prestataires de soins de santé a été positive et les médicaments génériques ont été introduits avec succès.

• Au Costa Rica, un système d’assurance santé universelle, basé sur la solidarité, l’équité et l’obligation a été établi, ainsi qu’une politique pharmaceutique basée sur le concept de médicaments essentiels. D’autre part, un système d’achats centralisé a été mis en place et a entraîné des économies considérables sur l’approvisionnement en médicaments.

• Au Chili, l’utilisation des médicaments génériques s’est soldée par une grande réussite.

• Aux États-Unis, le marché des produits pharmaceutiques est réglementé avec efficacité. Des formulaires sélectifs favorisant les médicaments génériques sont utilisés par de nombreux services sanitaires publics américains ainsi que par les principaux programmes d’assurance privée pour établir quels médicaments doivent être disponibles. Néanmoins, des millions de personnes manquent de couverture pour leurs frais en médicaments et le système de co-paiements par le patient risque de limiter l’accès de ceux à faibles revenus éprouvant des difficultés à effectuer le paiement immédiat nécessaire.

• Au Guatemala, le conditionnement par dose unique et la spécification de dosage par les comités thérapeutiques ont réussi à améliorer la gestion des médicaments dans les hôpitaux. Comme au Costa Rica, les achats centralisés ont permis de se procurer les médicaments à des prix nettement inférieurs à ceux pratiqués sur le marché général.


Ces exemples de pays indiquent qu’une combinaison de dispositions de financement équitables, de partage du risque par l’assurance et les plans de remboursement, d’une bonne sélection, d’une gestion fiable et d’un usage rationnel des médicaments suffit à assurer l’accès aux médicaments essentiels.

«La qualité d’un système de santé n’est pas fonction de l’argent dépensé ni de qui le dépense. Elle est fonction des résultats sanitaires obtenus par chaque unité financière investie.»


* Rapportée dans: Zerda A et al. Sistemes de Seguros de Salud y Acceso a Medicamentos (Systèmes d’assurance santé et accès aux médicaments). Buenos Aires, ISALUD, 2001, ISBN 92 75 32353 4 (ISBN 92 75 12353 5).

 

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