Les questions qui composent le WHOQOL-100 découlent d'un processus destiné à appréhender à la fois l'interprétation liée à la culture des facettes de la qualité de vie et l'idiome. Il y a donc eu nécessairement quelques variations dans la nature et la structure des questions. Par conséquent, il a fallu trouver un juste milieu entre, d'une part, un minimum d'échelle normalisée de questions-réponses et, de l'autre, avoir la possibilité de poser des questions sur les aspects différents de la qualité de vie et maintenir la résonance particulière des questions du WHOQOL-100 dans différentes cultures. Pour tenir compte de cela, il y a quatre échelles de réponse à cinq points relatives à l'intensité, la capacité, la fréquence et l'évaluation d'états ou de comportements.
L'échelle de l'Intensité a trait à la mesure dans laquelle on vit ou ressent un état ou une situation, par exemple, l'intensité de la douleur. Les questions peuvent également porter sur la vigueur ou la force d'un comportement. On suppose que le fait de vivre de façon plus intense est associé à des changements correspondants de la qualité de vie. Parmi les questions posées citons: «Etes-vous tracassé par la douleur?» et «Avez-vous de la difficulté à trouver le sommeil?». Une échelle de réponse dont les points d'ancrage sont «Pas du tout» et «Enormément» est utilisée pour évaluer l'intensité.
L'échelle de la Capacité a trait à la capacité de ressentir, d'être ou d'agir. On suppose qu'une capacité plus grande est associée à des changements correspondants de la qualité de vie. Parmi les questions posées citons: «Avez-vous suffisamment d'énergie pour la vie de tous les jours?» et «Etes-vous capable de vous acquitter de vos tâches journalières?» Les points d'ancrage de l'échelle sont «Pas du tout» et «Plus que suffisamment» ou «Entièrement».
L'échelle de la Fréquence a trait au nombre, à la fréquence, au degré ou au niveau d'un état ou d'un comportement. Le laps de temps est crucial car la fréquence se réfère au nombre de fois dans une période de temps donnée. On suppose qu'une augmentation de la fréquence de l'état ou du comportement est associée à des changements correspondants de la qualité de vie. Parmi les questions citons: «Combien de fois vous arrive-t-il d'avoir des sentiments négatifs tels que cafard, désespoir, angoisse, dépression?» et «Combien de fois vous arrive-t-il d'avoir mal?» Les points d'ancrage sont «Jamais» et «Toujours».
L'échelle de l'Evaluation a trait à l'évaluation d'un état, d'une capacité ou d'un comportement. On suppose qu'une évaluation plus positive est accompagnée d'une augmentation correspondante de la qualité de vie. Parmi les questions citons: «Etes-vous satisfait de votre capacité de travail?» et «Etes-vous satisfait de vos relations personnelles?». Les points d'ancrage sont «Très» et «Pas du tout». Cette échelle des réponses est différente des échelles de l'intensité, de la capacité et de la fréquence en ce sens qu'elle a un point médian neutre et que les points d'ancrage ne sont pas des points extrêmes afin d'optimiser le plein usage de l'échelle. Il y aura aussi un problème de traduction de la notion de «satisfaction» dans diverses langues.
Des échelles de réponse ont été établies pour chacune des versions linguistiques du WHOQOL-100 selon une méthodologie normalisée. Pour faire en sorte que l'échelle des réponses soit la même dans les différentes langues, il a fallu trouver une méthodologie autre qu'une simple traduction de l'anglais des descripteurs. Si les points extrêmes comme «jamais» et «toujours» sont universels, les nuances de sens des points intermédiaires (par exemple, «parfois») sont plus ambiguës, plus difficile à traduire, et leur interprétation varie selon le contexte culturel. On a donc eu recours à une méthodologie qui spécifiait les point d'ancrage de chacun des quatre types d'échelles de réponse à 5 points (Evaluation, Intensité, Capacité et Fréquence), et une échelle métrique où les descripteurs intermédiaires pouvaient s'inscrire. En d'autres termes, il a fallu trouver des mots ou expressions se situant à 25 %, 50 % et 75 % des points entre les deux ancres.
Par conséquent, on a veillé en premier à ce que les échelles ne soient pas simplement traduites à partir d'une langue de départ, étant donné les problèmes que pose ce processus. Deuxièmement, la méthodologie a veillé à assurer un degré élevé d'équivalence entre les langues. Troisièmement, elle a assuré l'équidistance entre les descripteurs. Pour de plus amples renseignements sur la méthode employée pour élaborer les échelles des réponses, on consultera le document rédigé par S. Szabo, J. Orley et S. Saxena au nom du Groupe WHOQOL (1997).