La consommation pharmaceutique en Tunisie est évaluée pour l'année 2001 à environ 400 millions de dinars (soit 278 millions de dollars USA), ce qui représente moins de 0,1% du marché mondial estimé en 2001 à 364,2 milliards de dollars11.
11 Source: IMS Health
La consommation pharmaceutique par habitant a progressé de 40% entre 1995 et 2001, passant en six ans de 30 dinars à près de 42 dinars (courants). Cette dépense est relativement faible, comparée à celle des pays industrialisés (elle est environ 12 fois moins élevée qu'en France par exemple).
Cette consommation reste marquée par l'importance de l'utilisation des médicaments destinés au traitement des maladies infectieuses. En valeur, leur consommation était de 19,6 millions de dinars (22,3 millions de dollars USA) en 1990; elle avait triplé en dinars courants en 2000, avec une dépense atteignant 63,5 millions de dinars (46,3 millions de dollars USA), ce qui représentait près de 22% du marché pharmaceutique total (données DPM).
Malgré l'importance de cette consommation d'anti-infectieux, la Tunisie est en transition épidémiologique ce qui est reflétée, entre autre, par une part plus importante de la consommation totale attribuable aux médicaments de cardiologie et d'angiologie (deuxième classe de médicaments la plus consommée avec 12% du marché) ou encore du métabolisme et de la nutrition.
C'est ainsi que l'on observe une régression très importante de la morbidité due aux maladies infectieuses et parasitaires longtemps endémiques en Tunisie (bilharziose, trachome, tuberculose, diarrhées infantiles, etc.) avec, en corollaire, une augmentation de la morbidité chronique et dégénérative. La part de la mortalité attribuable aux maladies cardio-vasculaires, qui était d'environ 10% (troisième cause de décès) à la fin des années 1960, est passée à 23% (première cause de décès) dès le début des années 1990 (données DPM).