Identification de la substance
L’amfépramone, ou 2-(diéthylamino)propiophénone (CAS No 90-84-6 pour la base, 134-80-5 pour le chlorhydrate) est également connue sous le nom de diéthylpropion. L’amfépramone est commercialisée sous de nombreux noms de marques.
Examen antérieur
L’amfépramone avait été inscrite au Tableau IV de la Convention de 1971 au moment de l’adoption de cette dernière. Elle avait été examinée par un groupe d’examen de l’OMS en 1980 (5), qui avait conclu que rien ne permettait de recommander une modification de son niveau de contrôle international. L’amfépramone a fait l’objet d’un pré-examen lors de la dernière réunion du Comité (4), au cours de laquelle un examen critique a été recommandé à partir des informations provenant de l’Organe inernational de Contrôle des Stupéfiants (OICS) indiquant que des abus et un trafic illicite d’amfépramone avaient été signalés dans presque toutes les régions du monde, et s’étaient particulièrement répandus en Asie et en Fédération de Russie.
Analogie avec des substances connues et effets sur le système nerveux central
L’amfépramone est un analogue de l’amphétamine anorexygène, utilisé pour le traitement de l’obésité. Il possède un spectre d’effets pharmacologiques analogues à celui des amphétamines inscrites aux tableaux de la Convention, notamment concernant son activité de libération de la dopamine.
Potentiel dépendogène
Une dépendance à l’amfépramone peut se produire mais on dispose de peu de données sur l’incidence de cette dernière. Chez certains patients, la tolérance aux effets anorexigènes du médicament peut survenir dans les 6 à 12 semaines. On a montré que l’amfépramone entraînait une sensation d’euphorie et d’autres modifications de l’humeur caractéristiques des drogues faisant l’objet d’abus.
Abus effectif et/ou indices d’une probabilité d’abus
Les informations de l’OICS indiquent qu’un trafic illicite d’amfépramone a été signalé dans de nombreux pays et régions. Dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, la surutilisation de stimulants anorexigènes a conduit les autorités à prendre des mesures complémentaires sur le plan éducatif et réglementaire. Toutefois, le petit nombre de rapports faisant état de réactions indésirables liées à des abus reçus par le programme international de pharmacovigilance ne laisse pas penser que l’amfépramone soit hautement susceptible de faire l’objet d’abus. La réponse des pouvoirs publics au questionnaire de l’OMS a également indiqué que le détournement d’usage et l’abus de ce médicament restaient limités.
Utilité thérapeutique
L’amfépramone a été utilisée comme anorexigène pour voie orale dans le traitement de l’obésité, bien que les stimulants ne soient généralement pas recommandés pour cette indication. Il n’est indiqué qu’en complément d’autres formes de traitement (comme la restriction calorique, l’exercice physique et les techniques de modification du comportement). Certaines autorités de réglementation pharmaceutique de l’Union européenne ont déjà retiré l’amfépramone du marché en raison de préoccupations liées à son innocuité. La consommation mondiale d’amfépramone a diminué depuis 1997, parallèlement au déclin de la consommation totale des stimulants inscrits au Tableau IV de la Convention de 1971.
Recommandation
Le Comité a estimé que, d’après les critères d’inscription aux tableaux fixés dans les lignes directrices, une substance psychotrope inscrite au Tableau IV de la Convention de 1971, comme l’amfépramone, doit comporter un probabilité d’abus entraînant un risque «non négligeable» pour la santé publique. Il n’a pas recommandé de modifier l’inscription de l’amfépramone puisque les informations disponibles étaient insuffisantes pour justifier une inscription au Tableau II ou III, qui exige qu’une substance représente un risque «sérieux» pour la santé publique. Concernant le respect des lois, relatives à l’importance des activités illicites dont font l’objet les stimulants inscrits dans d’autres tableaux de la Convention de 1971 peuvent permettront peut-être de comparer le risque d’abus de l’amfépramone à celui d’autres stimulants à l’avenir. En attendant, compte tenu des préoccupations existantes concernant son innocuité pour l’usage médical, le Comité a recommandé d’intensifier les activités d’information et d’éducation afin de freiner son utilisation excessive.