Guide sur l'accès aux traitements liés au VIH/SIDA - Recueil d'informations, d'outils et de références à l'intention des ONG, des organisations communautaires (OC) et des groupes de PVS
(2003; 143 pages) [English] View the PDF document
Table of Contents
View the documentPréface
View the documentRemerciements
View the documentAcronymes
Open this folder and view contentsIntroduction: A lire en premier!
Open this folder and view contentsChapitre 1: Premières questions à poser
Open this folder and view contentsChapitre 2: Les bases du traitement
Open this folder and view contentsChapitre 3: Mettre en pratique les traitements
Open this folder and view contentsChapitre 4: Evaluer les besoins et les ressources et décider de ce qu'il faut faire
Close this folderChapitre 5: Tirer les leçons de l'expérience et améliorer l'action dans le domaine des traitements liés au VIH/SIDA
Close this folder5.1. Suivi et évaluation de l'action dans le domaine des traitements liés au VIH/SIDA
View the document5.1.A. Tenue des dossiers d'activité
View the document5.1.B. Suivi des activités
View the document5.1.C. Evaluation des activités
Open this folder and view contents5.2. Modifier et améliorer l'action dans le domaine des traitements liés au VIH/SIDA
View the document5.3. Autres sources d'information
View the documentOrganisations qui ont contribué à l'élaboration du présent Guide
View the documentCouverture arrière
 

5.1.A. Tenue des dossiers d'activité

Un groupe qui s'occupe de traitements liés au VIH/SIDA doit conserver des archives afin de gérer et d'améliorer son action et de réagir à l'évolution de la situation. Le but de cet archivage est de recueillir des informations susceptibles de suivre ce qui s'est déroulé dans le cadre de votre travail.

Plusieurs types d'archives sont nécessaires pour donner une image complète de votre travail et des personnes que vous aidez, notamment:

• des documents quantitatifs, relatant les faits et les chiffres relatifs au travail effectué; et

• des documents qualitatifs, apportant des informations concernant les rapports humains, les expériences et les changements.


Ces deux types de documents peuvent vous informer sur:

les personnes qui utilisent vos services

- documents quantitatifs, tels que statistiques sur les détails personnels des usagers (âge, sexe, etc.), leurs problèmes de santé, le type et la quantité de soins reçus, les traitements dispensés, l'orientation et les rendez-vous de suivi fixés et tenus;

- documents qualitatifs, tels qu'entretiens sur l'évaluation des besoins, réunions avec les clients, études de cas et expériences acquises dans l'utilisation de vos services;


votre organisation

- documents quantitatifs, tels que statistiques sur la gestion du travail, y compris des détails et des chiffres relatifs au personnel, à la fréquentation et aux médicaments et autres fournitures;

- documents qualitatifs, tels que notes relatives à des discussions, réunions, entretiens, décisions prises et stratégies.


Etude de cas - ONG utilisant des documents qualitatifs et quantitatifs pour améliorer les traitements

Le Dr Ahmed était perplexe. Il écoutait quelqu'un qui, dans une réunion, parlait de douleur et de VIH/SIDA. L'orateur expliquait que les personnes vivant avec le VIH/SIDA souffrent souvent de douleurs qui ne sont ni diagnostiquées, ni traitées et dont les agents de santé ne tiennent aucun compte.

Pendant la pause, le Dr Ahmed a parlé à d'autres personnes, y compris un médecin de l'hôpital des cancéreux, qui avait également commencé à soigner des personnes atteintes de VIH/SIDA. Ce médecin a confirmé ce que l'orateur avait dit, tout au moins selon sa propre expérience limitée; certains de ses malades atteints de VIH/SIDA, qui semblaient simplement déprimés ou tristes, s'étaient montrés plus animés et mieux à même de communiquer après qu'il leur eut prescrit des analgésiques.

De retour à son dispensaire, le Dr Ahmed s'est demandé s'il n'avait pas, lui aussi, mal compris la douleur de ses malades atteints de VIH/SIDA. Dans le cadre de son travail de soutien à plusieurs infirmières communautaires, il a décidé d'organiser une réunion avec elles. Ils ont ainsi décidé d'être plus attentifs et de demander aux malades du SIDA de leur parler de leurs douleurs, afin de mieux comprendre ce qu'il conviendrait de faire - une approche qualitative. Ils ont aussi tenu des dossiers simples, utilisant une liste d'analgésiques et notant la quantité de chaque médicament distribué et le nombre de malades bénéficiaires.

Cette activité simple de recherche à la fois qualitative et quantitative a révélé que, bien que de nombreuses personnes vivant avec le VIH/SIDA indiquaient souffrir de douleurs, nombre d'entre elles estimaient qu'elles devaient simplement les supporter et ne demandaient pas d'en être soulagées. Mais elle a aussi révélé que certains patients souffraient de douleurs trop intenses pour les analgésiques légers que les infirmières étaient autorisées à distribuer. Même la codéine, pour les douleurs modérées, n'était pas offerte car la réglementation interdisait aux infirmières de la prescrire. La morphine n'était absolument pas autorisée, sauf dans certains hôpitaux spécialisés.

Le Dr Ahmed a parlé à d'autres médecins s'occupant de VIH/SIDA et ensemble, ils ont négocié avec les autorités et leur ont présenté les informations recueillies avec les infirmières. Après un complément de recherche, la réglementation a été modifiée pour permettre aux infirmières communautaires de prescrire de la codéine, avec l'encadre-ment strict du médecin et l'enregistrement de l'utilisation dans un dossier spécial.

Les médecins et les infirmières ont en outre recommandé que des médecins communautaires spécialement autorisés puissent prescrire et dispenser de la morphine en comprimés ou en sirop aux malades souffrant de fortes douleurs. En fin de compte, les responsables du gouvernement et les médecins spécialistes ont été suffisamment convaincus pour autoriser un projet pilote sur l'atténuation de la douleur pendant une période limitée.

Là encore, la récolte d'information qualitative et quantitative a confirmé que la morphine était réellement nécessaire, que des quantités correctes de médicaments étaient utilisées et qu'aucun médicament n'était utilisé de manière abusive ou détourné pour un usage illicite par des toxicomanes. De nouvelles lois ont été formulées concernant l'usage médical de la morphine et un programme de formation a été mis en place, sur la base des recommandations de l'OMS, pour améliorer les connaissances des médecins et du personnel infirmier en matière de maîtrise de la douleur.

Il est parfois difficile de tenir de bonnes archives, car les employés préfèrent faire leur travail et ne pas perdre de temps à rédiger des rapports sur ce qu'ils font. Ils ne comprennent pas nécessairement l'utilité de ces rapports. Si on conserve des archives mais qu'on ne les utilise jamais, les employés cesseront de s'en préoccuper. Il se peut aussi qu'ils manquent des compétences nécessaires. Il est important que:

• le personnel sache pourquoi les archives sont importantes et comment elles seront utilisées;

• le processus de tenue d'un dossier peut être aussi rapide et simple que possible; et

• le personnel possède les compétences nécessaires pour tenir les dossiers dont vous avez besoin.


Enfin, un groupe doit s'assurer que ses archives sont accessibles à toute personne qui en a besoin, tout en garantissant la confidentialité. Il est important de penser que d'autres personnes pourraient bénéficier de vos expériences et de trouver des moyens intéressants de les leur faire connaître, par exemple par des relevés quotidiens photographiques ou des panneaux muraux.

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Last updated: May 3, 2013