Pour répondre au problème de l’usage irrationnel des médicaments, la prescription, la distribution et l’usage par les patients devraient être régulièrement surveillés aux niveaux suivants:
• les types d’usage irrationnel, pour que les stratégies puissent être orientées vers le changement de problèmes spécifiques
• le volume d’usage irrationnel, pour que l’envergure du problème soit connue et que l’impact des stratégies puisse être suivi
• les raisons de l’usage irrationnel des médicaments, pour que des stratégies efficaces et réalisables puissent être choisies. Les médicaments sont souvent utilisés de manière irrationnelle pour des raisons très rationnelles. Au nombre des causes de l’usage irrationnel, nous comptons le manque de connaissances, de compétences ou d’information indépendante, le manque de restrictions sur la disponibilité des médicaments, la surcharge de travail du personnel sanitaire, une promotion inappropriée des médicaments et des motifs lucratifs pour leur vente.
Il existe plusieurs méthodes bien établies de mesurer le type et le degré d’usage irrationnel. Des données sur la consommation totale de médicaments peuvent être utilisées pour identifier les médicaments chers de faible efficacité ou pour comparer la consommation réelle et la consommation attendue (à partir de données de morbidité). La méthodologie de classification anatomique thérapeutique (ATC)/Doses définies journalières (DDD) peut être utilisée pour comparer la consommation de médicaments parmi les institutions, régions et pays. Les indicateurs d’utilisation des médicaments de l’OMS (Encadré 1) peuvent être utilisés pour identifier les problèmes généraux de prescription et de qualité des soins dans les services de soins de santé primaires.
Une évaluation focalisée de l’utilisation de médicaments (revue de l’utilisation des médicaments) peut être effectuée pour identifier les problèmes concernant l’usage de médicaments spécifiques ou le traitement de maladies spécifiques, particulièrement dans les hôpitaux. Les méthodes qualitatives employées en sciences sociales (p. ex. discussions de groupes types, entretiens approfondis, observation et questionnaires structurés), peuvent être utilisées pour étudier les motifs sous-jacents à l’usage irrationnel. Toutes les données rassemblées devraient être utilisées pour la mise au point des interventions et pour mesurer l’impact de ces dernières sur l’usage des médicaments.
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Encadré 1 Quelques indicateurs OMS/INRUD* de l’utilisation des médicaments pour les services de santé primaires (OMS, 1993)
Indicateurs de prescription:
Nombre moyen de médicaments prescrits par ordonnance % de médicaments prescrits par nom générique % de prescriptions avec au moins un antibiotique % de prescriptions avec au moins un produit injectable % de médicaments prescrits figurant sur une liste ou un formulaire de médicaments essentiels
Indicateurs de soins aux malades:
Durée moyenne de la consultation Durée moyenne de la délivrance % de médicaments effectivement délivrés % de médicaments correctement étiquetés % de patients connaissant la posologie exacte
Indicateurs de services de santé:
Existence d’une liste ou d’un formulaire de médicaments essentiels pour les praticiens Disponibilité de directives cliniques % de médicaments-clés disponibles
Indicateurs complémentaires d’utilisation de médicaments:
Coût moyen des médicaments par ordonnance % de prescriptions conformes aux directives thérapeutiques
* Le Réseau international pour l’usage rationnel des médicaments
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L’OMS, en collaboration avec des partenaires, organise des stages internationaux sur les méthodes de mesure de l’utilisation des médicaments et de mise en oeuvre d’interventions visant la promotion d’un usage plus rationnel (Encadré 2).